PF1227

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Lot 233
  • 233

Louis Carrogis dit Carmontelle

Estimate
20,000 - 30,000 EUR
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Description

  • Louis Carrogis dit Carmontelle
  • Pas de deux tiré du second acte de l'Opéra de Sylvie exécuté par Mr Dauberval (1742-1806) & Melle Allard (1738-1802)
  • Crayon, sanguine et aquarelle sur papier
  • 31 x 40cm

Literature

F. Lesure, Collection musicale André Meyer, Abbeville, 1961, cité p.91, reproduit pl.71

Catalogue Note

L’Opéra Sylvie de Pierre-Montan Berton (1727-1780) fut représenté pour la première fois le 23 février 1749 devant un tout petit parterre d’invités de Louis XV, dans les Petits-Appartements du Roi à Versailles. Les Mémoires du duc de Luynes nous apprennent que Sylvie était incarnée par la marquise de Pompadour elle-même, tandis qu’intervenaient dans les rôles de chasseurs rustiques des personnages politiques de premier plan, comme le duc d’Ayen, ou encore le vicomte de Rohan. Voltaire et Emilie du Chatelet étaient présents et rapportèrent le succès de la pièce et la joie dans laquelle la musique avait mis le public. Quelques jours plus tard, le 5 mars, la Reine demanda à ce que la pièce soit rejouée. Elle était accompagnée du Dauphin, de la Dauphine, de Madame Infante et de Mesdames ; le succès fut de nouveau au rendez-vous1.

Quelques années après, les deux compositeurs P.M. Berton & Trial réarrangèrent la musique et une seconde version de Sylvie fut présentée, de manière plus officielle, devant la Cour rassemblée à Fontainebleau, le 17 octobre 1765, puis à l’Opéra le 11 novembre 1766.

Dans le livret2, la lecture des noms des « personnages dansants » permet de saisir le rôle central de Jean Dauberval et de Mademoiselle Allard, qui partageait ici les premiers rôles féminins avec la célèbre « Guimard ».

Jean Dauberval (1742-1806) était un brillant danseur, élève de Noverre3. Nommé premier danseur en 1763, il devient maître de ballet du Grand-Théâtre de Bordeaux de 1785 à 1791. Il compose en coopération avec son épouse, la danseuse Marie-Madeleine Crespé (de son nom de scène Mademoiselle Théodore) l’opéra-ballet La Fille mal gardée, créé à Bordeaux en 1789, qui connaitra un très vif succès. Son talent le fit anoblir, en 1770.

Quant à Marie Allard (1738 - 1802) ; après des débuts à Lyon, elle est engagée à la Comédie-Française en 1756 et fait ses débuts à l'Opéra de Paris en 1761, dans Zaïs de Rameau. Partenaire principale de Jean Dauberval, elle quitte l'Opéra en 1781, évincée notamment par la « Guimard ». Noverre ne tarissait pas d’éloges sur son sujet. Elle était la maîtresse de Gaëtan Vestris, brillant danseur, dont elle eut pour fils Auguste Vestris (1760 - 1842), surnommé « le Dieu de la Danse »4.

Avec Sylvie, Pierre-Montan Berton (1727 - 1780) faisait ses premières armes de compositeur. Le succès critique de sa première réalisation lui ouvrira une carrière d’administrateur plus que de compositeur. On ne connait que six de ses opéras : Sylvie (1749), Deucalion et Pyrrha (1759), Erosine (1765),Théonis ou le toucher (1767), Amadis de Gaule (1771), Adèle de Ponthieu (1772) et Bellérophon (1773). En 1755, il est nommé surintendant de la musique du roi et chef d'orchestre de l'Opéra. Il devient codirecteur de l'Opéra avec Jean-Claude Trial de 1767 à 1769 et seul directeur de 1775 à 1777 et enfin, de mars à mai 1780, directeur général de l’Académie Royale de Musique5.

 
1. A. Jullien. La comédie à la cour : les théâtres de société royale pendant le siècle dernier. Paris, 1885. pp 208 - 209
2. Silvie: ballet-héroïque en trois actes, avec un prologue; représenté devant leurs majestés à Fontainebleau, le 17 octobre 1765, et par l'Académie Royale de Musique, le mardi 11 novembre 1766. Paris, 1766.
3. M. Benoit. Dictionnaire de la musique en France aux XVIIe et XVIIIe siècles. Fayard, 1992. p.207
4. M. Benoit. Dictionnaire de la musique en France aux XVIIe et XVIIIe siècles. Fayard, 1992. p.13
5. M. Benoit. Dictionnaire de la musique en France aux XVIIe et XVIIIe siècles. Fayard, 1992. p.69