PF1231

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Lot 19
  • 19

Claude Viallat

Estimate
8,000 - 12,000 EUR
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bidding is closed

Description

  • Claude Viallat
  • Sans titre
  • acrylique sur drap
  • 257 x 232 cm; 101 3/16 x 91 3/8 in.
  • Exécuté en 1980.

Provenance

Galerie Jean Fournier, Paris
Acquis auprès de celle-ci en 2007

Condition

The colours are fairly accurate in the catalogue although yellow and red are brightless in the original. Some light scattered stains (visible in the catalogue illustration) all due to the artist process are visible in the lower right quadrant of the work. A minor tear (approximately 1,5 cm) is located at the tip of the lower right corner. This work is in very good condition.
"In response to your inquiry, we are pleased to provide you with a general report of the condition of the property described above. Since we are not professional conservators or restorers, we urge you to consult with a restorer or conservator of your choice who will be better able to provide a detailed, professional report. Prospective buyers should inspect each lot to satisfy themselves as to condition and must understand that any statement made by Sotheby's is merely a subjective, qualified opinion. Prospective buyers should also refer to any Important Notices regarding this sale, which are printed in the Sale Catalogue.
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Catalogue Note

Exhibition « Supports/Surfaces », ARC, Paris, 1970 © M. Delluc
Les six du groupe Surface/Support © Collection Musée d'Art Moderne de Saint-Etienne Métropole/ D.R
Supports/Surfaces, affiche de l'exposition au théâtre de Nice © Collection Musée d'Art Moderne de Saint-Etienne Métropole/ D.R
Affiche Supports/Surfaces ©  Collection Musée d'Art Moderne de Saint-Etienne Métropole/ D.R 

« Il sera question d’éthique et non d’esthétique
 »

En 1968, René Chastel prophétise devant l’assemblée de ses élèves des Beaux-Arts comptant les futurs membres du groupe Supports/ Surfaces. Le fond n’allait pas tarder à outrepasser la forme.

Un an plus tard, en juin 1969, à l’occasion de l’exposition La Peinture en question au musée du Havre, Claude Viallat, Daniel Dezeuze, Jean-Pierre Pincemin, Noël Dolla, Patrick Saytour, André Valensi, Bernard Pagès, Vincent Bioulès, Louis Cane et Marc Devade, déclarent : « L'objet de la peinture, c'est la peinture elle-même et les tableaux exposés ne se rapportent qu'à eux-mêmes. Ils ne font point appel à un "ailleurs" (la personnalité de l'artiste, sa biographie, l'histoire de l'art, par exemple). Ils n'offrent point d'échappatoire, car la surface, par les ruptures de formes et de couleurs qui y sont opérées, interdit les projections mentales ou les divagations oniriques du spectateur. La peinture est un fait en soi et c'est sur son terrain que l'on doit poser les problèmes. Il ne s'agit ni d'un retour aux sources, ni de la recherche d'une pureté originelle, mais de la simple mise à nu des éléments picturaux qui constituent le fait pictural. D'où la neutralité des œuvres présentées, leur absence de lyrisme et de profondeur expressive ».

En tant que mouvement constitué, Supports/Surfaces vécut aussi brièvement qu’une révolution. Sous ce double vocable dont ni la graphie ni l’orthographe ne furent fixés, les participants se réunirent le temps de quatre expositions. Un nombre sans commune mesure avec l’abondance des textes et des évènements relatifs à leurs théories. Car l’histoire du groupe est en grande partie celle de ses débats.

Les œuvres Supports/ Surfaces sont l’extrapolation plastique des ambitions singulières et subversives des intervenants. D’accord pour se débarrasser des moyens picturaux classiques et sophistiqués, les artistes se concentrent sur ses éléments primordiaux et artisanaux : la peinture sans pinceau, la toile libre, le châssis sans toile. Tout d’un coup, dans la monumentalité souvent, les traditionnelles fonctions du support et de la surface acquièrent une autonomie formelle sans précédent.

Au même titre que le Carré blanc sur fond blanc de Malévitch, les découpages de Matisse, les monochromes de Klein, les champs colorés de Barnett Newman, Supports/ Surfaces interroge jusqu’au bout les limites formelles et  intellectuelles de l’Art. Radicales, elles le mettent à nu pour en retrouver l’essence et le sens.