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Statue, Dan, Région de Danané, Côte d'Ivoire
Estimate
100,000150,000
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Statue, Dan, Région de Danané, Côte d'Ivoire
Estimate
100,000150,000
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Details & Cataloguing

Arts d'Afrique et d'Océanie

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Paris

Statue, Dan, Région de Danané, Côte d'Ivoire

Provenance

Daniel Hourdé, Paris
Galerie Kamer, Paris, 1976
Collection Maurice Shapiro, New York
Christie's, New York, 11 novembre 1993, n° 4
Collection privée

Exhibited

Tours, Château,  Image de la Femme dans l'Art Africain, 21 octobre-3 décembre 2000

Literature

Joubert, Félix et Rivière, Image de la Femme dans l'Art Africain, Tours, 2000, n° 25

Catalogue Note

« Mon nom est Zlan. Zlan veut dire Dieu. Ce nom, on me l'a donné car, comme Dieu, je suis capable de créer de belles choses avec mes mains » (in Himmelheber, Negerkunst, 1960, p. 171).

Dans l'univers des arts africains, très rares sont les statues dont la conception relève exclusivement du domaine de l'esthétique. En 1940, Etta Becker Donner concluait son étude en pays Dan en affirmant que « la plupart des statues sont de pures œuvres d'art, créées pour le seul amour de la création » (Donner, 1940, p. 80). Appelées lü me (« personnes en bois »), les statues Dan forment un corpus très étroit. Commandées par des chefs aux sculpteurs les plus talentueux, elles constituaient, le plus souvent, des portraits de l'épouse favorite, dont elles portaient le nom. Elles étaient conservées avec les autres objets précieux et exhibées pour honorer un hôte et accroître le prestige de leurs détenteurs.

Cette rare statue traduit à la perfection les critères fondamentaux de l'esthétique des Dan, à la fois dans les formes – parfait équilibre de la pose aux jambes arquées semi-fléchies et masses musculaires soulignées par la fermeté des galbes –, dans le visage au haut front bombé et aux traits fins (nez légèrement retroussé, yeux mi-clos, lèvres ourlées s'entrouvrant sur de petites dents métalliques), et par la beauté résultant de la main de l'homme. La parure très élaborée souligne ainsi la nervure frontale, les sourcils hachurés de scarifications, le loup de kaolin dont se paraient les femmes lors des fêtes rituelles, la complexe coiffure en chignons agrémentée de nattes en fibres végétales, et la richesse des motifs tégumentaires envahissant le corps, mise en valeur par la profonde patine noire.

Ces canons de beauté, communs à toutes les œuvres de ce corpus restreint, sont ceux que l'on retrouve sur les masques à visage féminin sculptés dans la région de Danané, à la frontière du pays Wè et du Liberia. La plus connue est la maternité présentée à l'exposition coloniale de 1931 et conservée au musée du quai Branly (Leiris et Delange, 1967, p. 146, n° 156). Elle a été attribuée au maître-sculpteur Zlan, né à Gangwebe (village Wè situé dans la zone frontalière entre la Côte d'Ivoire et le Liberia) vers la fin du XIXe siècle et « découvert » en 1960, juste avant sa mort, par Hans Himmelheber. Depuis, plusieurs œuvres, dont celles du Metropolitan Museum of Art, du Peabody Museum de l'Université de Harvard et du New Orleans Museum, ont été attribuées à Zlan ou à son atelier. Voir aussi Johnson (1987, p. 69, n° II) pour la maternité de la collection Jacques Kerchache, très étroitement apparentée à notre statue, et Paudrat (2008, n° 59) pour la statue féminine de la collection Durand-Dessert.

Dan Figure, Danane region, Ivory Coast 

« My name is Zlan. Zlan means God. This name people gave me because, like God, I am able to create beautiful things with my hands" (in Himmelheber, Negerkunst, 1960, p. 171).

In the world of African Art it is very rare that a statue is conceived with an aesthetic premise as its sole basis. In 1940, Etta Becker Donner concluded her study on the Dan country by stating that "most of the statues are pure works of art, created solely for the sake of creation itself"  (Donner, 1940, p. 80). Dan statues are called lü me ("wooden beings") and form a very restricted corpus. Chiefs commissioned the most skilled sculptors to create them, and they were often representations of a favourite wife, whose name they bore. They were kept among other precious objects and displayed to honour a guest or increase the prestige of their owners.

This rare statue is a superb illustration of the fundamental criteria of Dan aesthetics, both in its outlines - the perfect balance of the stance with half-bent, bowed legs and the musculature, emphasized by the firmness of the curves - in its face, with its high domed forehead and its fine features, (slightly upturned nose, half closed eyes, full lips opening onto small metallic teeth) and in its hand-carved beauty. The very elaborate headdress emphasises the frontal ridge, the brows, scored with scarification marks, the kaolin mask that women wore for ritual celebrations, the complex coiffure, made up of chignons and vegetal fibre braids, and the richness of the integumentary patterns that cover the body, highlighted by the deep black patina.

These canons of beauty, which are discernible in all the pieces comprised in this restricted corpus, are similar to those that can be found in the sculpted female faces of the Danane region, located at the border between We country and Liberia. The most famous of them is the maternity figure, which was displayed in the colonial exhibition, in 1931 and is now kept at the Quai Branly museum (Leiris and Delange, 1967, p. 146, n° 156). It has been attributed to master-sculptor Zlan, born in Gangwebe (a We village located in the border area between Côte d'Ivoire and Liberia), dated to the late 19th century and "discovered" in 1960, shortly before his death, by Hans Himmelheber. Since then, several pieces, including the ones kept in the Metropolitan Museum of Art, in the Peabody Museum at Harvard University and in the New Orleans Museum, have been attributed to Zlan or his workshop. See also Johnson (1987, p. 69, n° II) for the maternity figure from the Jacques Kerchache collection, very closely linked to our statue, and Paudrat (2008, n°59) for the female figure from the Durand-Dessert collection.

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