PF1216

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Lot 9
  • 9

Man Ray

Estimate
120,000 - 180,000 EUR
Sold
96,750 EUR
bidding is closed

Description

  • Man Ray
  • La Mort Inutile II
  • signé Man Ray et daté 1937 (en bas à gauche)
  • plume et encre de Chine sur papier

Provenance

Arturo Schwarz, Milan (acquis de l'artiste vers 1970)
Acquis auprès du précédent par la famille du propriétaire actuel vers 1980

Exhibited

Paris, Galerie Jeanne Bucher, Les Dessins de Man Ray, 1937, n.n.
Milan, Galleria Schwarz, Man Ray : 60 anni di libertà, 1971, no. 76
Rome, Pictogramma, Opere di Man Ray dal 1912 al 1959, 1972
Ferrare, Galleria Civica d’Arte Moderna, Palazzo dei Diamanti, Man Ray, 1972, no. 29
Rome, Galleria "Il Collezionista d'Arte Contemporanea", Man Ray, opere 1914-1973, 1973
New York, The New York Cultural Center, Man Ray, Inventor/Painter Poet, 1974-75, no. 95b
Londres, The Institute of Contemporary Arts, Man Ray, 1975, no. 85
Rome, Palazzo delle Esposizioni, Man Ray, l'occhio e il suo doppio, dipinti, collages, disegni, invenzioni fotografiche, ogetti d'affezione, libri, cinema, 1975, no. 121
Milan, Padiglione d’Arte Contemporanea, Man Ray, Carte Varie e Variabili, 1983-84, no. 75

Literature

Man Ray & Paul Eluard, Les Mains Libres, Paris, 1937, reproduit p. 90
Arturo Schwarz, Man Ray, The Rigour of Imagination, Londres, 1977, no. 85, reproduit p. 90 ; reproduction de la photographie Suicide no. 83, p. 90
Gilbert Perlein & Daniela Palazzoli (ed.), Man Ray, Rétrospective 1912-1976 (catalogue d'exposition), Nice, Musée d’Art Moderne et d’Art Contemporain, 1997, reproduit p. 128

Catalogue Note

signed 'Man Ray' and dated '1937' (lower left), pen and India ink on paper. Executed in 1937.

Ce remarquable dessin à la plume représentant Lee Miller, son corps nu allongé baigné de lumière et sa main négligemment posée sur sa gorge dévoilée, raconte une histoire. Paru dans Les Mains libres en 1937, recueil de dessins réalisés par Man Ray et accompagnés de poèmes de Paul Eluard, ce dessin s’inspire d’une photographie connue sous le nom de "Suicide", que Man Ray aurait prise de Lee Miller en 1930. Amants, compagnons et photographes, l’artiste et sa muse vécurent ensemble à Paris de 1929 à 1932. Couple inattendu, Man Ray l’adorait et réalisa de légendaires portraits d’elle, excellant à capter sa beauté intemporelle. Toutefois, après que Lee Miller l'eut brusquement quitté, Man Ray fit dès 1932 quelques représentations de Lee "destructrice". Profondément bouleversé, Man Ray créa une nouvelle version de son objet métronome et y apposa une photographie des yeux de Lee en l’intitulant alors Objet à détruire.

Dans la photographie de 1930, "Suicide", Man Ray positionna Lee Miller le long du mur éclairée d'une lumière magistrale. Il acheva ainsi une composition complexe aux ombres et contrastes révélant les formes sculpturales de son corps. Cette même photographie inspira Man Ray dans la réalisation de cette œuvre et de son autre version, dessin à l’encre de 1936 (La Mort inutile I). Probablement encore peiné de sa séparation d'avec Lee Miller quelques années plus tôt, il embellit le dessin et ajouta une enveloppe évoquant la présence d’un billet suicidaire, rappelant peut-être ses pensées les plus sombres lors du départ de sa muse, comme le représentait l’un de ses autoportraits de 1932. Si l'on observe attentivement le dessin, on peut apercevoir la signature et la date de Man Ray habilement dissimulées dans l’ombre figurée sous la main gauche et le genou du modèle.

Au milieu des années 1930, l'intérêt de Man Ray pour la photographie commerciale, dominée à l’époque par la mode et les portraits sur commande, diminua. L'artiste revint ainsi à la création de ses peintures et dessins les plus subtils. De 1936 à 1937, Man Ray acheva une série de dessins entre Paris, New York et le Sud de la France, dont soixante-cinq auraient été publiés dans Les Mains Libres de 1937. Fidèle à l’esprit surréaliste, la publication fut conçue pour reproduire les dessins de Man Ray, chacun illustré de poèmes composés par Paul Éluard. Le poème rédigé pour accompagner ce dessin était le suivant :


LA MORT INUTILE

Mauvaise tu m’as donné
Qu’une plus grande ignorance
De la vie des autres

Je ressemble de moins en moins
A mes victimes

Paul Éluard

This arresting image featuring Lee Miller, her naked body outstretched and bathed in light, casting shadows around her, her hand suggestively poised on her exposed neck, tells a story. Published in Les Mains Libres, 1937, an album of drawings by Man Ray and illustrated with poems by Paul Eluard, the present drawing derives from a photograph Man Ray took of Lee Miller in 1930, known as Suicide. The artist and Lee Miller lived together in Paris from 1929 to 1932, as lovers, companions, photographers and his iconic muse. An unlikely couple at first glance, Man Ray adored her and made legendary portraits, captivating her timeless beauty. On the other hand, his portrayal of Lee could at times be destructive, especially after Lee abruptly left Man Ray in 1932. Deeply distraught, Man Ray created a new version of his metronome object by affixing a photograph of Lee's eye and accordingly titled Object to be destroyed. In the 1930 photograph Suicide, Man Ray placed Lee Miller close to the wall and with masterful lighting, achieved a complex composition of shadows and contrast, highlighting the sculptural properties of her body. The same photograph inspired Man Ray to make the present work and a variant ink drawing of 1936 (La Mort inutile I). Possibly still upset at losing his relationship with Lee Miller a few years earlier, he embellished the drawing by adding an envelope suggestively bearing a suicide note and possibly recalling Man Ray's own thoughts of suicide upon Lee Miller's departure and as portrayed in some self-portraits of 1932. A closer look reveals Man Ray’s signature and date cleverly forming a shadow below her left hand and knee.

By the mid-1930s, Man Ray had lost much of his interest in commercial photography, dominated by fashion and commissioned portraits, and returned to creating some of his finest drawings and paintings. In Paris, New York and the South of France in 1936-37, Man Ray completed a series of drawings, sixty-five of which would be published in Les Mains Libres in 1937. True to Surrealist fashion, the publication was conceived to reproduce Man Ray’s drawings which were in turn ‘illustrated’ by poems that Paul Eluard composed to accompany the drawings. The poem written to accompany this drawing:


LA MORT INUTILE

Mauvaise tu m’as donné
Qu’une plus grande ignorance
De la vie des autres

Je ressemble de moins en moins
A mes victimes

Paul Éluard

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