PF1216

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Lot 8
  • 8

Francis Picabia

Estimate
300,000 - 400,000 EUR
Sold
504,750 EUR
bidding is closed

Description

  • Francis Picabia
  • Femme accroupie
  • signé Francis Picabia (en bas à droite)
  • huile sur carton

Provenance

Collection particulière (acquis lors d'une vente à l'Hôtel Georges V dans les années 1980)
Acquis auprès du précédent par le propriétaire actuel dans les années 1980

Exhibited

Paris, Galerie Mona Lisa, Picabia vu en transparence, 1961, no. 45

Literature

Maria Lluïsa Borràs, Picabia, Paris, 1985, no. 765, reproduit fig. 952, p. 439

Catalogue Note

signed 'Francis Picabia' (lower right), oil on board. Painted in 1942.


"Replacées dans leur contexte, celui d'une sous-culture populaire, les effigies picabiennes sont ainsi les proches parentes des pin-up qui apparaissent au même moment dans les derniers collages de Schwitters, avant de passer chez Richard Hamilton et Eduardo Paolozzi et d'entrer dans le répertoire de base du Pop Art."
Arnauld Pierre


1942 est une année de création intense pour Picabia. Installé sur la Côte d’Azur depuis 1925, l’artiste explore alors la veine dite "réaliste" et élabore entre autre sa fameuse série de Nus dont cette jeune femme agenouillée est un des exemples les plus saisissants. Femme accroupie réunit tous les éléments attendus d’une œuvre de Picabia des années de guerre : elle s’inspire sans aucun doute de photographies issues de magazines de charme de la fin des années 30 aux titres évocateurs, tels que Mon Paris, Paris Magazine, Paris Sex Appeal, que Picabia a recopiées, modifiées, retouchées, complétées, transformées pour en accentuer ou en détourner le sens. L’iconographie de ce tableau est ainsi celle de la libération du corps et du naturisme qui a cours dans l'entre-deux-guerres et que les revues de charme détournent alors à leurs propres fins en y cherchant systématiquement le côté licencieux. Bien que la source n’ait pas encore été identifiée pour Femme accroupie, le tableau n’en séduit pas moins par son rendu réaliste, par le mélange d’intensité sensuelle et de pudeur qui s’en dégage et le distingue de certains portraits qualifiés de "vulgaires" par la critique de l’époque.

A l’instar des autres toiles réalistes, ce nu imite les caractéristiques de la photographie dans ses caractéristiques les plus élémentaires : éclairages fortement contrastés, points de vue inhabituels, décadrages et raccourcis. Sa composition dépouillée souligne la fragilité du modèle qui se détache sur un fond satiné aux nuances bleutées.

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