Lot 41
  • 41

Entourage de Simon Vouet

Estimate
15,000 - 20,000 EUR
bidding is closed

Description

  • Simon Vouet
  • Vierge à l'enfant
  • Huile sur toile

    Circle of Simon Vouet ; Madonna and child ; Oil on canvas

Provenance

Collection de Stanhope Orris, Princeton, New Jersey, avant 1938 (selon l'inscription suivante au dos du chassis: "This painting was purchased from Stanhope Orris collection (ca. 1938/39), Professor of Greek at Princeton University who spent his vacations searching for paintings in Europe");
Collection Archie A. Gilhousen, Sierra Madre, California, jusqu'en 1968;
Collection Hiley B. Chenoweth, Arcadia, California:
Acquis par le musée J. Paul Getty en 1968 (comme Orazio Gentileschi).

Exhibited

Northridge, CA, Fine Arts Gallery of California State University à Northridge, Baroque Masters from The J. Paul Getty Museum, 26 Fevrier - 30 Mars 1973, no. 3 (comme Jacques Blanchard).

Literature

J. Vallery-Radot, Le dessin français au XVIIe siècle, 1953, p. 61;
C. Sterling, "Les peintres Jean et Jacques Blanchard," dans l'Art de France, vol. I, 1961, p. 87;
B. Fredericksen, Catalogue of the Paintings in The J. Paul Getty Museum, Malibu 1972, p. 93, no. 124 (comme Jacques Blanchard);
P. Rosenberg, "Quelques nouveaux Blanchard," in Etudes d'art français offertes à Charles Sterling, Paris 1975, p. 224, note 20, (avec un questionnement sur l'attribution);
P. Rosenberg, France in the Golden Age.  Seventeenth-Century French Paintings in American Collections, New York 1982, catalogue d'exposition du Metropolitan Museum of Art, New York, 26 Mai - 22 Aout 1982, p. 345, no. 10, reproduit (avec un questionnement sur l'attribution à Blanchard);
Tableaux Français et Italiens du XVIIe siècle des Musée des Beaux-Arts de Tours, Musée de Richelieu, et Château d'Azay-le-Ferron,  catalogue d'exposition, Musée des Beaux-Arts de Tours, 5 Novembre 1982 - 30 Janvier 1983, Tours 1982, p. 33, reproduit (comme Jacques Blanchard);
C. Wright, The French Painters of the Seventeenth Century, Paris 1985, p. 144 (comme attribué à Jacques Blanchard);
D. Jaffé, Summary Catalogue of European Paintings in The J. Paul Getty Museum, Los Angeles 1997, p. 133, reproduit (comme école de Simon Vouet);
J. Thuillier, Jacques Blanchard 1600-1638, Rennes 1998, pp. 293-294, no. R15, reproduit (dans les tableaux rejettés).

Condition

The following condition report has been provided by Simon Parkes of Simon Parkes Art Conservation, Inc. 502 East 74th St. New York, NY 212-734-3920, simonparkes@msn.com , an independent restorer who is not an employee of Sotheby's. This painting has been quite recently cleaned and restored, even though the lining is older, possibly even 19th century. There are remnants of old varnish visible under ultraviolet light but further cleaning will not necessarily enhance the picture. The grey cloak of the Madonna is the one color which has not survived as well as the remainder of the painting and there is abrasion and perhaps remnants of an old glaze which leaves a slightly uneven feeling to this element. However, the remainder of the painting is in much better condition and while there are a few slightly abraded areas, in the strands of hair of both figures for instance, the picture has a robust quality.
"In response to your inquiry, we are pleased to provide you with a general report of the condition of the property described above. Since we are not professional conservators or restorers, we urge you to consult with a restorer or conservator of your choice who will be better able to provide a detailed, professional report. Prospective buyers should inspect each lot to satisfy themselves as to condition and must understand that any statement made by Sotheby's is merely a subjective, qualified opinion. Prospective buyers should also refer to any Important Notices regarding this sale, which are printed in the Sale Catalogue.
NOTWITHSTANDING THIS REPORT OR ANY DISCUSSIONS CONCERNING A LOT, ALL LOTS ARE OFFERED AND SOLD AS IS" IN ACCORDANCE WITH THE CONDITIONS OF BUSINESS PRINTED IN THE SALE CATALOGUE."

Catalogue Note

Lorsque le Getty Museum acheta cette œuvre, elle était considérée comme d'Orazio Gentileschi. Cette attribution ne tarda pas à être réfutée par Burton Frederiksen qui donna le tableau à un peintre français du nom de Jacques Blanchard (1600-1638). Déjà mise en doute par Pierre Rosenberg et Jacques Thuillier, cette dernière attribution est aujourd'hui elle aussi définitivement écartée. David Jaffé en 1997 rapprocha de façon convaincante notre Vierge à l'enfant à l'entourage de Simon Vouet.
Notre tableau se rapproche effectivement beaucoup des compositions de Vouet développant le même thème. On peut ainsi citer, La Madone à la Rose, une œuvre de la période post italienne de l'artiste actuellement conservée au Musée Longchamp de Marseille. Bien que l'on y retrouve encore le clair-obscur caravagesque sur lequel Simon Vouet travailla beaucoup dans la péninsule, on peut déjà y observer la préciosité des gestes et l'aspect diaphane des chairs inspirés du Corrège qui sont des caractéristiques de notre belle Vierge à l'Enfant.

D'un geste souple, la Vierge, de sa main dont les doigts se déploient gracieusement dans l'espace, soulève un pan de l'étoffe jaune qui lui couvre les épaules. Ce geste correspond à celui de la Vierge tenant une rose dans le tableau de Marseille tandis que la posture de l'enfant de ce même tableau pourrait avoir inspiré celle du nôtre.
Ces similitudes avec les œuvres post italiennes de l'artiste permettent d'avancer l'hypothèse que notre toile serait due à un artiste présent à cette époque, entre 1630 et 1650, dans l'atelier de Simon Vouet.
Par ailleurs, le paysage révèle aussi de manière évidente une influence de Vouet qui de retour en France remplaça généralement les fonds obscurs caravagesques par un fond paysager. Dans le cas de notre tableau on peut rapprocher cet « éclaircissement » de la composition d'une autre œuvre au sujet fort semblable, La Vierge à l'Enfant avec saint Jean-Baptiste du Musée des Beaux-Arts de Tours. Le groupe de personnages y est ainsi, comme dans notre œuvre, installé devant une masse arborée dont les couleurs contrastent et soulignent celles des habits de la Vierge, plus éclatantes.

Un des premiers biographes de Simon Vouet, le célèbre théoricien d'art André Félibien souligna le grand talent de cet artiste à peindre la Vierge : « Il a fait un grand nombre de Vierge, & avoit même un talent particulier pour les bien representer »[1]. L'on ne peut à la vue de notre Vierge à l'Enfant qu'approuver ces propos qui conviennent aussi à l'entourage de l'artiste.

En somme, cette Vierge à l'Enfant si elle ne peut être attribuée avec certitude à Simon Vouet peut du moins sans aucun doute être rapprochée du cercle de ses élèves. Un artiste d'un talent incontestable qui sut dans cette œuvre appliquer avec merveille les leçons du maître.

[1] André Félibien, Entretien sur les vies et les ouvrages des plus excellents peintres anciens et modernes..., Paris, première éd. 1685-1688 ; éd. Utilisée ici : Paris, A. Trevaux, 1725, t. III, p. 398.