Lot 285
  • 285

Paire d'importants flambeaux en argent par Philippe Moermans, Anvers, 1674-1675

Estimate
70,000 - 100,000 EUR
bidding is closed

Description

  • Paire d'importants flambeaux en argent par Philippe Moermans, Anvers, 1674-1675
  • Haut. 29,5 cm, 1 169 g ; 11 1/2 in high, 37oz 12dwt
chacun, la base ronde repoussée de divinités marines et dauphins, le pied du fût et le fût repoussés de larges feuilles, le noeud repoussé de trois coquilles et fruits grenus, le haut du fût à frise perlée et à six canaux, la large bobèche repoussée de feuilles sur fond amati

Exhibited

Scaldis, Anvers, 1956, n° 1019.

Magie de l'Orfèvrerie, 2004, vol. II, n° 5

Condition

In overall good condition. Some minor holes on bases and some dents on upperparts of stems commensurate with age. Marks under footrims: town, maker (PM conjoined, a fleur-de-lys above) and date (S). Assay scrape on footrims and on one stem. Very nice size and pattern.
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Catalogue Note

Philippus Moermans est issu d'une famille de pâtissiers-confiseurs anversois. Son grand-père se maria deux fois. Du premier lit, il eut un fils, Hans, qui sera le père de Philippus. Il épouse en seconde noce la fille d'un boulanger-peintre, Otto Schut. Parmi les nombreux enfants du second lit, Jacques entre à vingt ans dans l'atelier de Rubens puis ouvre un magasin de tableaux. Dans son ouvrage Jean et Philippe Moermans, orfèvres-ciseleurs anversois, Anvers, 1915, Emile Dilis note que Rubens, sur son lit de mort en 1640, charge Jacques Moermans, de concert avec Fr. Snyders et Jean Wildens, de la liquidation de ses oeuvres d'art. Il existe deux autres liens entre la famille Moermans et l'illustre peintre: la soeur de Jacques, Hélène, qui nait le 24 octobre 1641, a pour marraine Hélène Fourment, veuve de Rubens. D'autre part, le propre frère de Philippe, Pierre-Paul Moermans, baptisé en 1639, a pour parrain Pierre-Paul Rubens lui-même. Nous pouvons alors rapprocher cette paire de flambeaux de la fameuse aiguière et de son bassin dits de Rubens vendus chez Sotheby's Monaco le 11 décembre 1999, n° 41. Cet ensemble, aujourd'hui visible dans la maison de Rubens à Anvers, a été exécuté par Théodore I de Rasier à Anvers en 1635-1637. Nous retrouvons sur la base des flambeaux les figures reposant sur des dauphins, comparables à celles présentes sur l'aile du bassin dit de Rubens.
L'architecture générale de ces pièces peut aussi rappeler les décors issus de la "tulipomania" née avec l'arrivée en Europe, et plus précisément au port d'Anvers en 1562, des premières tulipes provenant de Turquie. Peu de temps après, un botaniste français, Carolus Clusius, originaire d'Arras, va, après un passage par Vienne, s'installer à l'université de Leyde en Hollande. Des jardins de Clusius où des bulbes seront dérobés, vont essaimer les tulipes dans tout le pays, puis, de là, dans toute l'Europe. Les prix s'envolent: par exemple, au sommet de cette mode, vers 1630, une tulipe coupée (donc sans son bulbe) se vend pour quatre fois l'équivalent du salaire annuel d'un charpentier, le bulbe le plus rare (seuls douze sont connus) jusqu'à quarante fois ce salaire annuel!
Par comparaison, un bulbe s'est échangé pour quatre fois le prix demandé par Rembrandt pour la Ronde de Nuit. Cependant, en 1637, les prix s'effondrent brutalement et la mode revient à des réalités plus sages..

Philippe Moermans, baptisé à Anvers le 1er novembre 1636, épouse Jeanne Rymers dont il aura cinq enfants: trois filles dont deux dévotes et deux fils, Philippe le Jeune et André, tous deux orfèvres. Leur oncle Jean, frère de leur père et premier orfèvre de la lignée, lègue à tous deux son atelier. Philippe Moermans le jeune, dernier orfèvre de son nom, meurt en décembre 1721.
Le poinçon onomastique de Philippe Moermans le Vieux est décrit précisément par Emile Dilis: les lettres P et M entrelacées, de façon à ce que la première jambe de la lettre M serve en même temps de jambe à la lettre P.
Parmi les oeuvres répertoriées de cet orfèvre, nous connaissons surtout des oeuvres sacrées destinées à la chapelle du Saint-Sacrement de Saint-Jacques d'Anvers: des couronnes et palmes en cuivre doré, mais surtout une garniture de chandeliers d'autel en 1701 pour la chapelle du Saint-Sacrement à Saint-Jacques ; en-dehors de cette chapelle, on connait un ciboire en vermeil avec couvercle en cuivre doré pour l'église Saint-Nicolas de Waes.



 

Philippus Moermans was born into an Antwerp family of cake and chocolate makers. His grandfather married twice. From the first marriage a son was born, Hans, Philippus's father. Secondly he married the daughter of one Otto Schut, a painter. One of the children from this marriage, Jacques became apprenticed to Rubens when he was 21 and later opened a paintings gallery. In his book Jean et Philippe Moermans, orfèvres-ciseleurs anversois, Anvers, 1915, Emile Dilis observed that Rubens, on his deathbed in 1640 charged Jacques Moermans together with Fr. Snyders and Jean Wildens, with the disposal of his works of art. Further connections between Rubens and the Moermans family exist. Jacque Moermans's sister, Helene, who was born on 24 October 1641, was goddaughter to Helene Fourment,  Rubens's widow. Furthermore, Rubens himself was godfather to Philippus's brother Pierre-Paul, who was baptised in 1639. The links with Rubens invite an association between the candlesticks and the famous `Rubens' ewer and  basin which sold at Sothebys Monaco, 11 December, 1999 lot 41. This ewer and basin, now exhibited in Rubens's  house in Antwerp, were made by Theodore I de Rasier in Antwerp between 1635 and 1637, and echo in the figures gambolling with dolphins, similar ornament found on the candlesticks. The form of the candlesticks centres them in the decor which emanated from an obsessive fascination with Tulips, `Tulipomania' which burgeoned after the arrival of the first plant into Europe from Turkey, via Antwerp in 1562. Soon after the tulip's arrival, a French botanist from Arras, Carolus Clusius settled in the Dutch town of Leiden. Here he began to breed tulips in his gardens from which the fascination with the plant spread first intp the Netherlands and then throughout Europe. Prices began to escalate at a feverish pace.  At the height of the mania around 1630, one cut flower (with no bulb attached) sold for four times the equivalent annual salary of a carpenter, and the most sought after bulb (of which there were only twelve) exchanged hands at fourty times this salary.  One bulb is recorded to have made several times the amount which Rembrandt was asking for his painting `The Nightwatch'. Eventually of course prices collapsed dramatically.

Philippe Moermans, baptised in Antwerp on 1 November 1636, married Jeanne Rymers, with whom he had five children. Three girls (two of whom were extremely pious) and two boys, Philippe the younger and Andre, both of whom became goldsmiths. Their paternal uncle Jean and senior goldsmith in the family left his workshop to the two boys. Philippe Moremans the younger, last goldsmith of that name in the family died in December 1721. Philippe Moermans's onomastic mark is described with precision  by Emile Dilis.. The letters P and M are interwoven in such a way that the downstroke of the former is conjoined with the first downstoke of the latter. Among the recorded work by this goldsmith, the most famous is the sacred commission for the chapel of the Holy Sacrament of St. James of Antwerp: crowns and palms in gilded copper, but above all a suite of altar chandeliers. In addition to this chapel furniture, a silver-gilt ciborium with gilded copper cover for the church of Saint-Nicolas de Waes in known