Lot 199
  • 199

Verlaine, Paul

Estimate
12,000 - 15,000 EUR
Log in to view results
bidding is closed

Description

  • Verlaine, Paul
  • 9 lettres autographes signées, dont 8 adressées à Edmond Lepelletier.31 août 1865-5 juin 1895
In-8 (130 x 145 mm). Les 9 lettres sont montées sur onglets sur des feuillets reliés en un volume in-8, demi-maroquin brun avec coins par Alain Devauchelle.



1 - Lettre autographe signée à Louis-Xavier de Ricard :  « Vous parlerai sans plus lanterner des choses de l'esprit », puis évoque son article sur Barbey d'Aurevilly, lui décrit sa vie campagnarde et tranquille, il travaille un peu « 10 vers par jour en moyenne, sans compter la prose et la correspondance » (Lécluse, 31 août 1865, 2 pp. in-8, reproduite p. 89-91, n° 65-3*)
2 - Billet autographe signé : « Très souffrant subitement, parti non moins vite. Lettre de ma mère à mon chef. Plus tard détails ou retour prompt suivant réponse. » (Fampoux, près d'Arras, 4 juin 69, Une page in-16. Reproduite , p. 161, n° 69-12*)
3 - Amusante lettre autographe signée : il mentionne Sivry (son beau-frère), les Fêtes galantes, une soirée chez Nina [de Caillas], Lemerre : « A quel crime travailles-tu en secret ? Pas à ma gloire toujours, éhonté folliculaire. Car je n'ai aucune nouvelle d'un article de toi relatif à ces fameuses et exquises fêtes galantes là. Soyez donc un grand poëte, ayez la condescendance de serrer la main à de vils gibiers de 7e chambre et de leur payer le bock de la revendication pour que ces porcs là ne vous fassent pas un bol de réclame dans leurs ignobles papiers qui trahissent la confiance, alors qu'on veut s'en servir utilement (...) Je suis d'une orde paresse. C'est à peine si depuis 2 jours je me suis remis à la chose dérisoire appelée vers. (...) Je te serre en attendant les nageoires et suis ton ennemi bien cordial.» (Fampoux, 31 juillet 1869, 4 pp. sur un feuillet double in-16, Reproduite , p. 166, n° 69-15*)
4 - Poignante lettre autographe signée dans laquelle Verlaine fait part à son ami de ses ennuis de santé et pécuniers : « Je suis dans la dernière des détresses qui ne me permet pas de prendre des trains pour Bougival [où habite son correspondant] (...) D'autre part, je suis sur le point de sortir d'embarras. 900 fr en 9bre (le 15 !), des articles sur moi, excellents, sûrs, dans des journaux « énormes », à paraître. Mais cet estomac qui a faim, mais cette jambe qui refuse le service, mais tout contre un homme qui ne veut pas se suicider et ne saurait voler, fût-ce à la cloche de bois, ou par la mendicité (...) Enfin, empêche de mourir de faim ton P. Verlaine. P.S. Et si la chose arrive, qu'on n'accuse de ma mort que ma femme, à qui je pardonne en embrassant mon pauvre petit Georges, qu'on refuse à mon agonie. » (non datée, Une page sur un feuillet double in-8).
5 - Lettre autographe signée de l'hôpital Broussais : (...) « Misère. Infirmité. Espoir... » (Hôpital Broussais, salle Follin, lit 22, rue Didot, Paris. 27 7bre 87, 2 pp. in-8)
6 - Lettre autographe signée : toujours les mêmes soucis d'argent, mentionne Amours et d'autres projets de publication : «  (...) Vois-tu moyen pour moi de placer à quelques journaux de la copie (nouvelles, fantaisies dans le goût des Mémoires d'un veuf, critiques, traductions, etc.) (...) Et des leçons ? Anglais, latin, français, histoire (références, bachelier, expérience). (...) Mon volume Amours va, j'espère, bientôt paraître. Tu seras servi naturellement un des premiers. J'en ai, je dois te l'avoir écrit, un autre tout prêt, assez hardi comme orgiaque sans trop de mélancolie (ça fait partie d'un ensemble dont Sagesse est le frontispice, Jadis & Naguère une partie, le livre dont je parle, Parallèlement, une autre partie, et Bonheur, dont il y a une bonne moitié d'achevée, la conclusion.) » (Paris, le 28 9bre 87 , 3 pp. à l'encre rouge sur un feuillet double in-8 quadrillé).
7 - Un mot sur une enveloppe pour demander un rendez-vous et une réponse chez Vanier.
8 -  Lettre autographe signée, mentionne Rimbaud et "Le Dernier Bohème" : « Je te recommande mon dernier-né qui est la préface aux Poésies d'A. Rimbaud. Là-dedans je réfute quelques horreurs et je crois avoir jugé le poète sainement », (...)  « Le dernier bohème :  J'y figure et même il a repris un mot malheureux (et même peu grammatical) qui m'est attribué par Champsaur et qui faillit il y a quelques années m'attirer une affaire avec ce dernier »,  (s.d., 39 rue Descartes, 2 p. in-8).
9 - Lettre autographe signée à propos de Montesquiou (qui accompagna Verlaine à la fin de sa vie, subvenant à ses besoins, l'aidant. Il fut l'un des quatre à porter son cercueil) : « Je te remercie de tout cœur de ton article d'il y a trois jours. Il m'a ravi et il m'a touché. (...) Tu recevras un livre de M. Robert de Montesquiou, un vrai poète, un ami tout dévoué et tout bienveillant pour moi et à qui tu ferais bien plaisir, ainsi qu'à moi, en parlant de son livre, « Le parcours du Rêve au souvenir », ainsi qu'il le mérite. » ( 5 juin 1895, 2 pp. sur un feuillet double in-12). 

Literature

Correspondance générale de Verlaine, I, 1857-1885, établie et annotée par Michael Pakenham, 2005.

Catalogue Note

Condisciple de Verlaine au lycée Bonaparte, Edmond Lepelletier (1846 - 1913) fut aussi l'un de ses plus proches amis et l'un de ses premiers biographes. En 1874, il fit imprimer Romances sans paroles à la demande de Verlaine alors emprisonné en Belgique pour avoir tiré sur Rimbaud. En 1907, il publia une biographie sur son ami : Paul Verlaine, sa vie - son oeuvre paru au Mercure de France.
Louis-Xavier de Ricard, à qui la première lettre est adressée, était le fondateur de la revue L'Art qui deviendra Le Parnasse contemporain à laquelle Verlaine et Lepelletier collaborèrent .