Lot 80
  • 80

Chirico, Giorgio de

Estimate
15,000 - 20,000 EUR
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Description

  • Giorgio de Chirico
  • 12 lettres autographes à Julien Levy et un texte sur Leonor Fini.Paris, 26 janvier 1934 - Rome, 2 décembre 1948.
magnifique correspondance évoquant l'hostilité réciproque entre chirico et les surréalistes



19 pp. in-4 et in-12.



En 1933, Chirico voulut organiser une exposition de ses oeuvres récentes à New York et choisit la galerie de Julien Levy. Mais ce dernier lui reprochait de se répéter : "Je ne réussis pas bien à comprendre ce que vous voulez dire à propos de mes tableaux quand vous parlez de répétition et de trop de chevaux. Ma production est très variée et en Amérique les marchands ont vendu un peu tous les genres ; j'ai fait beaucoup de tableaux de chevaux (...) mais à côté de ça, j'ai fait beaucoup d'autres sujets : gladiateurs, courses de chars, mannequins, ruines et paysages dans les chambres, meubles dans les vallées, etc. Il y a peu de peintres qui ont eu une production aussi variée que moi" écrit Chirico en janvier 1934.
Une lettre étonnante révèle la haine qu'avait Chirico pour les Surréalistes : "L'origine de cette hostilité vient de ce que leurs deux chefs Breton et Eluard, avaient tout de suite après la guerre  réussi à ramasser pour très peu d'argent et parfois même pour rien, un certain nombre de tableaux de moi peints avant et pendant la guerre (...) Ils espéraient faire un coup dans le genre Douanier Rousseau ; ils ont commencé à parler de moi dans leur revue en me décrivant comme une espèce d'halluciné qui a peint quelques toiles qu'eux seuls possèdent (...) Leur rayon d'action est très limité et ils perdent toujours du terrain car les gens commencent à en avoir assez de leurs histoires et tout le monde comprend que c'est une bande d'individus fainéants et sans talent qui cherchent d'attirer l'attention sur eux par de petits scandales, des intrigues." (lettre du 10 novembre 34). Il a ainsi décalé son exposition chez Julien Levy pour ne pas exposer en même temps que Dali, "le peintre qu'ils soutiennent le plus en ce moment (...) Je suis sûr que Dali et sa femme tâcheront de parler mal de moi à New York". Cette exposition sera finalement annulée, suscitant une amère réaction d'orgueil de l'artiste : "D'après ce qu'on m'a dit, votre clientèle se compose surtout de snobs, d'esthétes et d'autres gens pareils, c'est-à-dire de personnes qui ne comprennent rien à la peinture" (lettre du 13 juin 1935). Les deux hommes se réconcilieront par la suite.

Catalogue Note

La polémique déclenchée par les Surréalistes contre Chirico remonte à 1926, lorsque Breton écrit dans La Révolution surréaliste : "Chirico, en continuant de peindre, n'a fait depuis dix ans que mesuser d'un pouvoir surnaturel... Cette escroquerie au miracle n'a que trop duré." Les Surréalistes pousseront la provocation plus loin, en 1928, en organisant à Paris une exposition uniquement consacrée aux premiers tableaux du peintre à laquelle ils donnèrent pour titre "Ci-gît Giorgio De Chirico".