- 79
Céline, Louis-Ferdinand
Description
- Céline, Louis-Ferdinand
- Mort à Crédit.Paris, Denoël et Steele, 1936.
tirage hors commerce limité à 117 exemplaires, un des 40 sur Alpha, celui-ci n° CX.
envoi autographe signé de l'auteur sur deux pages à l'encre noire : " Au docteur Le Canuet. Très sincère hommage et vive gratitude et très sincère admiration pour son talent et sa science magiquement efficace qui nous ont permis de terminer tant bien que mal ce trop lourd ouvrage ! LF Céline".
Literature
L.-F. Céline. Romans I, p. 1329 à 1337 (Gallimard, La Pléiade).
Catalogue Note
Le succès du Voyage au bout de la nuit et le violent débat qui suivit sa parution entraînent Céline dans une période complexe d'attention médiatique, de fuite en avant (avec de nombreux voyages en Europe et aux Etats-Unis afin d' "aider à la promotion des traductions"), et lui apportent un statut littéraire (reconnaissance de Bernanos, Malraux, Lucien Descaves ou Léon Daudet) qui l'expose à de virulentes attaques. Il écrit à Descaves : « Je ne sais plus où me mettre. Je me suiciderais pour un rien tellement tout cela m'exècre ». A cela s'ajoute sa rupture définitive avec Elizabeth Craig au cours de l'été 1934. Il évoque à ce propos « une aventure atroce ».
C'est dans ce contexte que Céline commence la rédaction de son nouveau roman, très attendu par le public et la critique. Elle va s'avérer être un véritable sacerdoce tant par rapport aux aspects personnels de l'histoire que dans l'affirmation de son style littéraire.
Alors que le manuscrit est bientôt achevé, il tombe malade en février-mars 1936. Il écrit à son ami Henri Mahé « Je ne tenais plus en l'air ! J'ai dû rentrer ici [rue Lepic] ! (...) J'ai été à l'hosto me faire voir ! J'avais perdu 11 kilos. Rien du tout ! Que de l'épuisement ! Je suis à bout ! (...) Je fignole la fin finale de mon monstre affreux ! ». Il y sera soigné par Gozlan et Le Canuet, destinataire de l'envoi du présent exemplaire.
Il écrira la fin de son roman dans un hôtel du Havre : « j'ai fini à la seconde même l'ultime paragraphe, cette torture. Sans un énorme flouze je ne recommencerais jamais, j'ai failli cette fois en crever ».