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Pasteur, Louis – Lister, Joseph – Lucas-Championnière, Just
Description
- Pasteur, Louis � Lister, Joseph � Lucas-Championni�re, Just
- Correspondance inédite de Pasteur et Lister à Lucas-Championnière sur l'antisepsie.48 lettres, comprenant 2 lettres autographes et 2 billets de Pasteur, et 44 lettres de Lister, autographes ou de la main de son épouse, toutes signées de Lister.15 février 1869 - 12 janvier 1909.
on joint : - Lucas-Championnière, Just. Théorie et pratique de la chirurgie antiseptique. Ses progrès actuels. Paris, 1908. In-8, broché. - Lejars, Félix. Eloge de Just Lucas-Championnière (1843-1913). Paris, 1916. In-8, broché.
Catalogue Note
Louis Pasteur et les travaux de Joseph Lister sur les infections post-opératoires. Joseph Lister, professeur de chirurgie à la Royal Infirmary de Glasgow, débute ses recherches sur l'origine des infections dès 1867. Son admiration pour les travaux de Louis Pasteur sur la fermentation et la putréfaction qu'il a définis comme étant l'action d'organismes vivants, le persuaderont que l'infection post-opératoire qualifiée elle aussi de « putréfaction », n'est autre que le résultat de la prolifération d'organismes microscopiques.
Le pansement antiseptique de Lister. Lister ayant lu par ailleurs que l'acide phénique détruisait les organismes infectant certains bestiaux, il lave les blessures de ses opérés à l'eau phéniquée et leur applique un coton imbibé de ce produit. Le résultat est une réduction drastique de l'infection et de la mortalité de ses patients.
La rencontre de Lister avec Lucas-Championnière. Lister publie sa théorie et sa méthode en 1867, remerciant Pasteur de lui avoir montré la voie. C'est cette année-là que Lucas-Championnière, encore étudiant en médecine, prend connaissance des travaux du chirurgien anglais ; il se rend en Ecosse où il passe un mois dans son service, et tous deux se lient d'amitié. En janvier 1869, Lucas-Championnière publie le premier article en français sur la révolution de l'antisepsie.
La première lettre du fonds Championnière est celle que lui envoie Joseph Lister dès le 15 février 1869 pour le remercier de l'envoi de cet article, « a clear and excellent account » selon son jugement. Il joint à cette lettre un de ses tout premiers essais de pansement antiseptiques, qu'il appelle « lac plaster » (plâtre). Suivent 44 lettres du grand chirurgien anglais, dont le ton évolue du paternalisme du maître envers son brillant élève vers l'admiration d'un professionnel envers un autre. Lister y raconte ses efforts pour perfectionner son pansement antiseptique, explique les manifestations de la putréfaction sur ses patients, explique les divers degrés d'efficacité des acides contre les ferments, et leurs dosages, décrit enfin l'élaboration du fameux diffuseur antiseptique dont il est l'inventeur. Il évoque les progrès vers l'asepsie, qui complètera les bienfaits de l'antiseptie, nécessaire mais non suffisante. Lister fit de nombreux voyages à Paris, qu'organise régulièrement Championnière. Le 31 août 1878, il se propose d'opérer les artères d'un cheval, au Jardin des Plantes ou à Alfort, et testera son diffuseur lors de cette opération. Il décrit ses actes chirurgicaux et particulièrement trois cas de ligatures d'artères (9 oct. 1888), commente ses publications (Lancet, British medical Journal...), s'intéresse aux travaux de Championnière sur les hernies et les fractures, commente le Jubilé de Pasteur (1893) et se réjouit de la place centrale que lui donne Rixens auprès de Pasteur dans la grande fresque du monde médical qui ornera la Sorbonne (1902). Le 8 décembre 1904, Lister offre ses remerciements à Championnière pour son rôle fondateur dans l'introduction en France des théories listériennes sur l'antisepsie. Le 2 juillet 1908, âgé de 81 ans, Lister salue « le combat héroïque » mené par son élève dans les premières années, et le succès de l'introduction de la méthode en France « malgré l'opposition quasi-universelle de vos pairs ».
Les deux lettres de Pasteur traitent de deux cas désespérés non diagnostiqués datées des 17 et 24 juillet 1879. Si Pasteur réclame dans la première les conclusions de Lucas-Championnières après l'autopsie qui ne saurait tarder, dans la seconde il lui demande de l'admettre dans son service afin d'étudier par lui-même le cas dont il s'agit. Des deux billets inscrits sur cartes de visites de Pasteur, l'un adresse à Championnière un patient « mordu par un chat le 6 nov. au soir » l'enjoignant de ne lui appliquer « le traitement préventif » aseptique qu'après la guérison de son bras.