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Sanson, Charles-Henri
Description
- Sanson, Charles-Henri
- Pli cacheté "Au Citoyen Sanson, Exécuteur des Jugemens criminels à Paris", signée de Liénard. Avec une note autographe de Sanson. Cacheté à la cire rouge.Au temple, le 18 Vendémiaire an V [9 octobre 1796].
Une page in-8 (sur un feuillet plié en deux), à l'encre. Minime manque à l'annotation de Sanson, et manques dûs au décachetage.
Catalogue Note
Citoyen,
Vous voudrez bien m'envoyer demain 19 Vend.re à sept heures précises du matin un de vos aides à l'Effet de lier pour conduire au lieu de leur supplice les neuf individus condamnés à Mort.
Salut et fraternité.
Liénard [Président du Conseil Militaire séant au Temple]
Dans la marge ont été inscrits les noms des 9 condamnés à être exécutés le 10 octobre 1796. Marc-Antoine Huguet était député de la Creuse. Le peintre Victor Gagnant était le secrétaire de Jean-Baptiste Drouet, le maître de poste qui avait reconnu la famille royale à Varennes. Antoine-Marie Bertrand avait été ancien maire de Lyon au plus fort de la Terreur. Claude Javogues était un conventionnel (représentant le Rhône-et-Loire et connu pour ses excès justiciers), tout comme Joseph-Marie Cusset. François Bonbon était cordonnier et Jean-Marie Lafond sans profession. Jean-François Baby avait été commissaire civil à l'armée révolutionnaire de l'Ariège. Pitoy enfin était chargé de l'inspection générale du Comité de Sûreté générale, Section de la Police.
Dans la nuit du 9 au 10 septembre 1796, 200 à 500 conjurés s'étaient rassemblés au camp de Grenelle afin de soulever la garnison contre le Directoire. Attendus par les forces de l'ordre, ils sont accueillis par une fusillade, qui causa une vingtaine de morts et de nombreux blessés.
33 condamnations à mort furent prononcées, dont deux par contumace. 30 hommes furent fusillés, et un autre se suicida avant son exécution. En avril 1797, le tribunal de Cassation annulera toutes les autres condamnations, et tous seront acquittés.
La note est adressée à Charles Henri Sanson (1739-1806), le plus célèbre de la dynastie pour avoir guillotiné Louis XVI. Sanson sera chargé du transfert des condamnés à leur lieu d'exécution lesquels doivent être liés l'un à l'autre. Il se chargera sans doute de matériel supplémentaire car il précise dans l'angle inférieur gauche :
Fourni les choses nécessaires à l'exécution le dit jour.
Si Charles Henri Sanson reste officiellement l'"exécuteur" pour l'affaire du Camp de Grenelle, il a déjà à cette date officieusement confié à son fils aîné Henri les "basses oeuvres" des condamnations. Ce fut donc sans doute Henri Sanson qui se chargea de remettre au peloton d'exécution les neuf coupables dont les noms figurent sur cette liste.