Lot 194
  • 194

Grand bureau plat en placage d'ébène, bois noirci, écaille rouge et bronze doré, travail anglais d'époque George IV, aux environs de 1824, la serrure du tiroir de droite signée CHUBB 2491 ...TER

Estimate
100,000 - 200,000 EUR
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Description

  • Haut. 82 cm, larg. 195 cm, prof. 98 cm
  • Height 32 1/4 in; width 76 3/4 in; depth 38 1/2 in
à décor toutes-faces de rinceaux, têtes de chimères et culs-de-lampe, reposant sur des pieds en enroulement à figures de vieillard ailé et terminés par des pattes de lion ; ouvrant à trois tiroirs en ceinture et trois tablettes

Condition

Illustration is too shiny. Very interesting and unusual piece of furniture in its original and well-preserved condition. Giltbronzes need to be cleaned up. As expected, cracks to the ebony veneered top. Tortoiseshell borders slightly damaged and restored with paste composition (one small piece of tortoiseshell is missing). Lifts to the brass lines. Slides covered with modern red velvet. Very strong and impressive model. Rare neogothic style. The giltbronze frieze with a very inventive and free pattern. History and provenance of this desk still to be discovered.
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Catalogue Note

Stylistiquement le dessin de ce bureau s'inscrit à la fois dans le renouveau boullien du début du XIXème siècle, mais également dans le goût britannique naissant alors pour le néo-gothique. Thomas Walpole à Strawberry Hill, puis William Beckford à Fonthill Abbey avaient diffusé cette mode qui culmina dans les arts appliqués précisément pendant cette décennie, mais également dans la littérature avec les romans de Walter Scott, tels que Quentin Durward dont, en France, la duchesse de Berry était une admiratrice fervente.

La clientèle anglaise, privée de séjours en France pendant plus de dix ans, déferla sur Paris dès la paix d'Amiens signée (25 mars 1802). De nombreux meubles (copies ou interprétations de l'œuvre de Boulle) furent alors fabriqués notamment par le marchand Julliot. La guerre avec l'Angleterre ayant repris, puis le blocus continental installé, les Anglais durent encore attendre dix ans et la chute de l'Empire pour fréquenter à nouveau les boutiques parisiennes.
Le chevalier Bonnemaison fournit alors de nombreux meubles au duc de Wellington, ceux-là même qui étaient en fabrication chez Julliot dix ans plus tôt. La mode ne se démentant pas et les ébénistes français tels que Bellanger ne suffisant pas, des marchands de meubles anglais se spécialisèrent dans les interprétations des meubles de Boulle.

C'est le cas de ce bureau, œuvre certainement de commande, dont les pieds ne sont pas sans rappeler une paire de meubles créée par Bellanger pour Georges Watson Taylor et achetée par Georges IV.
Dès 1812, soit en plein conflit européen, Thomas Parker habitait Air Street et exécutait très probablement d'après un modèle existant quatre coffres, copies exactes de ceux exécutés un siècle plus tôt. Deux furent achetés par le Prince Régent et les deux derniers par le duc de Bedford (cf. Paul Van Duin, Furniture Historic Society Journal, 1989, pp. 214-217).
Une paire de consoles ornées de griffons en bronze doré appartint au marquis de Londonderry. Ce dernier, surnommé ironiquement « le perroquet doré », dépensa une fortune dans l'agrandissement et la rénovation du palais que Lady Holderness possédait à Londres. Acheté en 1822, l'hôtel fut agrandi d'une galerie et d'un immense salon par l'architecte Benjamin Wyatt. Le collègue de Thomas Parker, Louis le Gaigneur, exerçait Edgware Road et interpréta également la production boullienne.
Le duc d'York, frère du Prince Régent, débuta la transformation de York House en 1825. Le prince entiché d' « Ancien Régime » la fit transformer par Wyatt en palais Louis-quatorzien. Là encore, cohabitèrent des meubles de Boulle et des interprétations faites par Town & Emanuel (cf. Furniture Historic Society Journal, 1996, p. 85, fig. 5).

C'est dans ce contexte qu'il faut envisager la création de ce bureau, par ailleurs daté des environs de 1824 par sa serrure signée de Chubb, serrurier anglais actif à cette époque et dont la consultation de ses archives conforte la datation.