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piste de limule avec fossile de limule (ou Xiphosure) au débouché, Instants figés d'une vie et d'une mort préhistorique, Mésozoïque, jurassique supérieur (161-145 millions d'années, Bavière, Allemagne
Estimate
50,000 - 60,000 EUR
bidding is closed
Description
- Long. 11 m environ (en déroulé)
- 429 in around (uncoiled)
les limules ont une carapace à forme très reconnaissable (en anglais horseshoe crab : crabe en forme de fer à cheval). L'animal actuel ou son fossile vivait généralement sur des fonds de sable propre. La forme de la carapace facilite l'enfouissement de l'animal dans le sédiment souvent de faibles profondeurs. Ce sont des prédateurs qui se nourrissaient, entre autre, de mollusques (principalement de bivalves), de vers marins. Cette pièce se compose de plusieurs panneaux de pierre mis bout à bout et montrant une piste de limule au bout de laquelle se trouve encore l'animal, lequel fut frappé d'une mort subite dont la piste donne toutefois les signes avant coureurs. Nous voyons la bête progresser, être prise d'une danse de Saint Guy, reprendre ses sens, zigzaguer, déjà moribonde, être prise de convulsions à nouveau, repartir pour quelques pas, quelques instants avant d'être frappée par la mort et conquérir l'éternité.
Outre sa valeur scientifique qui permet de parler d'un animal préhistorique que nous pouvons voir ainsi vivre et mourir sous nos yeux en considérant ses derniers instants, il nous renvoie à ses descendants que nous connaissons encore sur les côtes américaines et qui sont donc de véritables fossiles vivants tout comme le bien connu Coelacanthe (Latimeria) redécouvert en décembre 1938 dans les eaux des Comores. La piste a été déposée en plusieurs panneaux lors de l'extraction à la mine, puis ils ont été agencés sur un support mural éclairé par des spots pour devenir une véritable oeuvre d'art naturelle minimaliste. La finesse des sédiments a permis la conservation des traces de locomotion qu'ont laissé les pattes et la queue. Ce rare type de fossile projette de fait la préhistoire dans le monde de l'art moderne car il s'agit ici quasiment d'art cinétique. "L'apparition surréaliste dans une salle des ventes de ces animaux fabuleux, fantômes de notre passé commun qui nous font entrevoir notre avenir à travers leurs corps décharnés et nous renvoient à des peurs ancestrales, est l'une des plus belles preuves de respect qui puisse leur être rendu. Ils seront toujours la preuve éternelle de notre passé et futur car leur aspect minéral ne doit pas nous faire oublier qu'ils étaient aussi vivants que nous le sommes en les observant. Après avoir été examinés dans les Cabinets de curiosités, après avoir été contemplés dans les musées, après avoir été étudiés avec le savoir de l'homme de science ou bien maudits par les superstitieux, il convient maintenant de les appréhender aussi comme des oeuvres d'art. L'évidence d'une rencontre, ou tout au moins d'un parallèle proche (1), entre ces êtres aux apparences étranges et certaines oeuvres à la plastique extraordinaire (2) issues de la créativité de l'homme, devenait prégnante. Sans pour autant se substituer au travail de l'artiste, ils exercent, par un semblant d'irréalité sur notre imagination la même fascination abstraite que certaines plastiques (3). Il est étonnant de constater que leurs formes ne sont pas sans rappeler certaines oeuvres et que d'autres peuvent nous faire voyager dans un paysage métaphysique (4) où ces fossiles auraient une place instinctivement naturelle pour notre regard. Si la proximité d'un squelette (5) de dinosaure ou de tout autre animal préhistorique peut susciter autant d'émerveillement ou de crainte, c'est avant tout par ses fascinantes formes (6) qui, par association, nous rapprochent des débuts de l'humanité et nous permet d'entrevoir le monde primordial disparu en nous invitant à un voyage vers ce pays lointain. La fossilisation d'un petit animal, tel un trilobite ou une limule, associée à l'empreinte de ses traces de pattes sur une gangue rocheuse, nous donnent la possibilité de reculer vers les derniers instants de son agonie. Son exosquelette lui a permis de conserver l'intégralité de ses formes et nous sommes ainsi mieux à même de reconnaître une silhouette plus ou moins familière qui nous inspirera de l'empathie sur sa triste destinée solitaire de plusieurs centaines de millions d'années. L'escargot et sa coquille, si souvent représentés en peinture et illustrant le temps qui passe, peuvent aisément être substitués par une ammonite de pierre brute et c'est un nouvel éclairage des collections qui est aujourd'hui proposé à travers cette vente" François Uguen, collectionneur.
Horseshoe crabs have a very recognizable shell. The current animal or the fossil generally lived on clean sand bottom. The shape of the shell allows the animal to easily bury itself in the sediment, often in shallow bottoms. They are predators who feed on mollusks, sand worms, etc...
This piece is composed of several stone panels put together, exhibiting a horseshoe's trail and at the end the horseshoe itself, seemingly struck by a sudden death. The entire death scene is accordingly illustrated by the tracks of the trail.
Besides its scientific value, a prehistoric animal whose death scene is depicted here before our eyes, the creature brings us back to its descendants who live today by the American coasts and who are true living fossils just like the rediscovered Coelacanth (Latimeria) in december of 1938 in the waters of Cormoros. The trail was separated in several panels during the excavation and extraction. Then, the trail was reassembled against a wall lit with spotlights, looking like a real minimal natural artwork.
The fineness of the sediments allowed a preservation of the locomotion of the horeshoe's tail and feet on the sand.
This rare type of fossil plays with the idea that prehistoric times anchors itself perfectly appropriately in modern art: here we have cinematic art.
Outre sa valeur scientifique qui permet de parler d'un animal préhistorique que nous pouvons voir ainsi vivre et mourir sous nos yeux en considérant ses derniers instants, il nous renvoie à ses descendants que nous connaissons encore sur les côtes américaines et qui sont donc de véritables fossiles vivants tout comme le bien connu Coelacanthe (Latimeria) redécouvert en décembre 1938 dans les eaux des Comores. La piste a été déposée en plusieurs panneaux lors de l'extraction à la mine, puis ils ont été agencés sur un support mural éclairé par des spots pour devenir une véritable oeuvre d'art naturelle minimaliste. La finesse des sédiments a permis la conservation des traces de locomotion qu'ont laissé les pattes et la queue. Ce rare type de fossile projette de fait la préhistoire dans le monde de l'art moderne car il s'agit ici quasiment d'art cinétique. "L'apparition surréaliste dans une salle des ventes de ces animaux fabuleux, fantômes de notre passé commun qui nous font entrevoir notre avenir à travers leurs corps décharnés et nous renvoient à des peurs ancestrales, est l'une des plus belles preuves de respect qui puisse leur être rendu. Ils seront toujours la preuve éternelle de notre passé et futur car leur aspect minéral ne doit pas nous faire oublier qu'ils étaient aussi vivants que nous le sommes en les observant. Après avoir été examinés dans les Cabinets de curiosités, après avoir été contemplés dans les musées, après avoir été étudiés avec le savoir de l'homme de science ou bien maudits par les superstitieux, il convient maintenant de les appréhender aussi comme des oeuvres d'art. L'évidence d'une rencontre, ou tout au moins d'un parallèle proche (1), entre ces êtres aux apparences étranges et certaines oeuvres à la plastique extraordinaire (2) issues de la créativité de l'homme, devenait prégnante. Sans pour autant se substituer au travail de l'artiste, ils exercent, par un semblant d'irréalité sur notre imagination la même fascination abstraite que certaines plastiques (3). Il est étonnant de constater que leurs formes ne sont pas sans rappeler certaines oeuvres et que d'autres peuvent nous faire voyager dans un paysage métaphysique (4) où ces fossiles auraient une place instinctivement naturelle pour notre regard. Si la proximité d'un squelette (5) de dinosaure ou de tout autre animal préhistorique peut susciter autant d'émerveillement ou de crainte, c'est avant tout par ses fascinantes formes (6) qui, par association, nous rapprochent des débuts de l'humanité et nous permet d'entrevoir le monde primordial disparu en nous invitant à un voyage vers ce pays lointain. La fossilisation d'un petit animal, tel un trilobite ou une limule, associée à l'empreinte de ses traces de pattes sur une gangue rocheuse, nous donnent la possibilité de reculer vers les derniers instants de son agonie. Son exosquelette lui a permis de conserver l'intégralité de ses formes et nous sommes ainsi mieux à même de reconnaître une silhouette plus ou moins familière qui nous inspirera de l'empathie sur sa triste destinée solitaire de plusieurs centaines de millions d'années. L'escargot et sa coquille, si souvent représentés en peinture et illustrant le temps qui passe, peuvent aisément être substitués par une ammonite de pierre brute et c'est un nouvel éclairage des collections qui est aujourd'hui proposé à travers cette vente" François Uguen, collectionneur.
Horseshoe crabs have a very recognizable shell. The current animal or the fossil generally lived on clean sand bottom. The shape of the shell allows the animal to easily bury itself in the sediment, often in shallow bottoms. They are predators who feed on mollusks, sand worms, etc...
This piece is composed of several stone panels put together, exhibiting a horseshoe's trail and at the end the horseshoe itself, seemingly struck by a sudden death. The entire death scene is accordingly illustrated by the tracks of the trail.
Besides its scientific value, a prehistoric animal whose death scene is depicted here before our eyes, the creature brings us back to its descendants who live today by the American coasts and who are true living fossils just like the rediscovered Coelacanth (Latimeria) in december of 1938 in the waters of Cormoros. The trail was separated in several panels during the excavation and extraction. Then, the trail was reassembled against a wall lit with spotlights, looking like a real minimal natural artwork.
The fineness of the sediments allowed a preservation of the locomotion of the horeshoe's tail and feet on the sand.
This rare type of fossil plays with the idea that prehistoric times anchors itself perfectly appropriately in modern art: here we have cinematic art.
Provenance
Importante collection parisienne
Literature
Guillaume Lecointre et Hervé le Guyadier, Classification Phylogénétique du Vivant, Editions Berlin, p. 300 et 307.
Catalogue Note
Références artistiques : Giorgio de Chirico (1) ; Jean Tinguely (2) ; Arnaldo Pomodoro (3) ; Salvador Dali (4) ; Mathias Bengtsson (5) ; Hans Ruedi Giger (6)