Lot 138
  • 138

Secrétaire à abattant en marqueterie de fleurs et placage d'ébène et bois noirci d'époque Louis XVI, estampillé C. TOPINO

Estimate
80,000 - 120,000 EUR
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Description

  • Haut. 143 cm, larg. 110 cm, prof. 47 cm
  • Height 56 1/3 in; width 43 1/3 in; depth 18 1/2 in
ouvrant à un tiroir dans le haut, un abattant découvrant trois tiroirs, un tiroir à l'anglaise et deux vantaux dans le bas ; à décor de panneaux marquetés à motifs de thyrses et guirlandes de fleurs et d'encadrements d'ébène ; ornementation de bronze doré ; reposant sur des pieds toupies ; plateau de marbre vert de mer (postérieur)

Literature

BIBLIOGRAPHIE
O. Gabet, Un marchand entre deux Empires - Elie Fabius et le monde de l'art, Paris, 2011, p. 43 (ill.)

Catalogue Note

Charles Topino, ébéniste reçu maître en 1773

La provenance de ce secrétaire est bien documentée : accompagné d'une commode et d'une table (conservées dans des collections privées), il forme un ensemble commandé à la fin du XVIIIe siècle par la famille ducale des Durfort-Civrac de Lorges.
Avec son élégante décoration de « bandes en bois gris et fleurs », selon les termes de l'époque, il constitue une œuvre à part dans le corpus de Topino, que l'on réduit parfois trop souvent à sa production de bonheurs-du-jour en marqueterie d'ustensiles.

En 1775, dans son hôtel de la rue de Sèvres s'éteignait Louis de Durfort Civrac, duc de Lorges. Dans la chambre de la veuve était succintement décrit : "un secrétaire en armoire de bois d'ébène marqueté de bois de houx en couleur avec compartiments de cuivre doré dessus de marbre blanc veiné etc...200 livres".
Quinze ans plus tard, le 16 septembre 1790, la veuve née Butault de Marsan décédait. Dans la même chambre, le secrétaire était alors beaucoup mieux décrit et formellement identifiable à celui de la collection Fabius : "un secrétaire en armoire, le fond en bois d'ébène avec des bandes en bois gris et fleurs, le tout plaqué orné de filets, anneaux et rosettes de cuivre doré au-dessus duquel est une tablette de marbre blanc veiné".

A ce moment, seul le secrétaire existait, mais dans l'inventaire de leur gendre Renaud César de Choiseul-Praslin, daté de 1792, figuraient également dans la chambre de la duchesse et étaient décrits sous le numéro 307 : "un meuble commode en marqueterie à cartouches et bordures de bois gris à fleurs sur fond de bois d'ébène orné de cuivre doré avec dessus de marbre blanc à balustres à jour 240. Un petit secrétaire et une petite chiffonnière en marqueterie de bois gris à fleurs sur fond d'ébène ornées de moulures en cuivre doré à dessus de marbre blanc veiné 200 livres."

Passée la tempête révolutionnaire, les trois meubles, préservés des confiscations et certainement considérés comme meubles de famille, furent pour la dernière fois mentionnés en 1808 lorsqu'on les rapporta de Saint-Germain-en-Laye après le décès de Guyonne de Lorges, duchesse douairière de Choiseul-Praslin : "une commode, un secrétaire, une petite table ronde en bois d'ébène et bois gris satiné à dessus de marbre blanc et galerie de cuivre 900 F".
La brièveté de leur description nous indique qu'ils devaient apparaître singulièrement démodés. Légués par la défunte à madame de Sermenforpres, la trace de ces meubles se perd alors  jusqu'à la réapparition du secrétaire à la galerie Fabius et de la table à la galerie Mallett, à Londres.

La table, ornée du monogramme CL pour Civrac de Lorges fut vendue chez Sotheby's à Paris, collection Léon Lévy, le 2 octobre 2008, lot 50. La commode est conservée dans une collection particulière.