Lot 123
  • 123

Meuble à deux corps en noyer sculpté dans le style néo-Renaissance de la fin du XIXe siècle, vers 1880, signé Dufin

Estimate
50,000 - 80,000 EUR
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Description

  • Haut. 249 cm, larg. 136 cm, prof. 60 cm
  • Height 98 in; width 53 1/2 in; depth 23 2/3 in
richement sculpté de personnages mythologiques et scènes allégoriques ; le fronton orné des figures du Jour, de la Nuit, d'Apollon et du Temps ; les panneaux représentant Vénus Anadyomène, Mars et Vulcain, et les montants, Junon et Minerve ; ouvrant à trois vantaux dans la partie supérieure et à un tiroir en ceinture, deux compartiments secrets et deux vantaux dans la partie inférieure

Catalogue Note

En 1876, Honoré Dufin (?-1892) s'installe comme ébéniste à Lyon où il fait preuve d'un savoir-faire reconnu dans la fabrication de meubles de style. Une médaille de bronze à l'Exposition Universelle de Paris de 1878 vient conforter sa réputation et, en 1884, il est sollicité pour fournir plusieurs planches au Traité théorique et pratique de l'ébénisterie d'après Roubo publié par les Editions Juliot à Paris (fig. 1). Ses oeuvres se distinguent avant tout par le soin apporté au décor sculpté, variant du haut-relief au méplat ; son testament incluera même une clause prévoyant la création d'un prix à décerner chaque année à l'élève en sculpture le plus brillant de l'Ecole des Beaux-Arts de Lyon.

C'est de l'oeuvre d'Hugues Sambin dont Dufin semble ici se réclamer, tant par la construction que par la virtuosité maniériste de la sculpture. La table, présentée plus haut dans ce catalogue (lot 64),  illustre cette même volonté d'égaler les réalisations des menuisiers français du XVIe siècle. En multipliant les citations tirées de Michel-Ange ou de Jean de Bologne, notre meuble se veut bien sûr aussi un hommage aux maîtres italiens de la Renaissance.
Toutefois, comme nous le montre le meuble Fabius, Dufin ne se cantonne pas exclusivement à un répertoire historiciste et sait s'inspirer de ses contemporains : contre toute attente, sa Vénus sortie des eaux n'est pas un pastiche de Botticelli mais une retranscription fidèle d'un tableau de Bouguereau, La Naissance de Vénus, peint en 1879 et conservé aujourd'hui au musée d'Orsay (voir ci-contre).