Lot 95
  • 95

Ecope de pirogue, Maori, Nouvelle-Zélande

Estimate
50,000 - 70,000 EUR
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bidding is closed

Description

  • Maori
  • Ecope de pirogue
  • long. 42 cm
  • 15 1/2 in

Provenance

Sotheby's, Londres, 10 juillet 1973, n° 89
Alain Schoffel, Paris
Christie's, Paris, 20 juin 2006, n° 289
Collection privée

Condition

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Catalogue Note

Les écopes Maori (tiheru) - les plus remarquables du Pacifique - tiennent le soin qui leur était accordé de l'importance suprême - à la fois pratique et symbolique - que revêtait la pirogue (waka) dans la pensée Maori. "Selon la tradition, c'est une "Grande Flotte" de pirogues qui conduisit leurs ancêtres jusqu'à leur nouvelle terre. Les membres des différentes tribus Maori revendiquent leur descendance de l'un ou l'autre de ces ancêtres voyageurs. En tant que représentante du corps de l'ancêtre, la pirogue était elle-même riche en mana (force sprituelle)" (Harding, 2009 : 140).

A l'intelligence de la forme - séquence interne permettant de recueillir l'eau puis de la retenir, ergonomie et solidité de la poignée - répond ici la virtuosité de la sculpture. La lecture frontale révèle un visage aux traits puissants signifié par la bouche aigue aux lignes entrelacées, dont la densité est accentuée par le décor profondément gravé. L'exceptionnelle dynamique de la sculpture est accentuée par le mouvement de la poignée s'achevant en une tête de tiki, et par la tension de la double nervure interne - rare - et du très subtil jeu de courbes dans lequel la forme s'épanouit.

cf. Hooper (2008 : 128, n° 65) pour une écope de pirogue comparable conservée au Pitt Rivers Museum, University of Oxford, collectée par Banks en 1769 lors du premier voyage de Cook. Comme cette dernière, celle-ci présente deux trous encadrant la fissure dans la partie supérieure - la plus sollicitée - témoins d'une ancienne réparation indigène. cf. Starzecka, Neich et Pendergrast (2010 : pl. 18, n° 87) pour une autre, stylistiquement très apparentée, dans les collections du British Museum, datée du XVIIIe siècle et attribuée à la région de Poverty Bay, sur l'île Nord. La profondeur de la superbe patine nuancée, brun rouge et brillante sur la poignée, grumeleuse dans les creux, de même que la qualité de la sculpture, permettent de dater de la même période cette écope de pirogue qui s'impose comme l'une des plus belles du corpus.