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Statue masculine, Îles Santa Cruz, Îles Salomon
Description
- Statue masculine, Îles Santa Cruz
- haut. 31 cm
- 12 1/4 in
Provenance
Wayne Heathcote, Londres
Christie's Londres, 28 juin 1988, n° 144
Collection privée
Literature
Condition
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Catalogue Note
La statuaire des îles Santa Cruz constitue l'un des corpus les plus rares et les plus distincts des arts de Mélanésie. Cet ensemble, étudié par William H. Davenport (Santa Cruz Island Figure Sculpture, 2005), est formé de seulement cinquante-cinq spécimens anciens - dont celui-ci.
La plupart de ces statuettes - celles qui n'avaient pas été détruites par les missionnaires au tournant du XXe siècle -, ont été collectées sur la côte septentrionale de l'île de Nendö (la plus importante des Santa Cruz), à la fin des années 1920, par le révérend West, membre de la Melanesian Mission, qui les céda au capitaine Fred Louis Jones. Ce dernier les vendit au marchand anglais H.G. Beasley, et treize d'entre elles furent acquises par le British Museum en 1944. La statuette présentée ici est la dernière à avoir été collectée - "par chance" (Davenport, 2005 : 5) - en 1986, par Roger Lefevre. La plupart d'entre elles sont aujourd'hui conservées dans des musées - British Museum de Londres, Museum der Kulturen Basel, musée Barbier-Mueller de Genève, Bishop Museum, Honolulu, musée du Louvre (pavillon des Sessions), Paris. Il est exceptionnel d'en voir passer sur le marché de l'art.
Appelées munge-dunka (effigie divine) par les habitants de Santa Cruz, ces statuettes, dont la taille varie de 25 à 50 cm, représentent des divinités tutélaires. Honorées sur des autels domestiques, elles faisaient l'objet d'un culte important. Elles se caractérisent le plus souvent - comme ici - par l'impressionnante coiffe conique qui s'étire dans le dos à l'horizontale - évoquant celle en osier et en tissu d'écorce dont se paraient les notables lors des fêtes (Davenport in Barbier-Mueller, 1985). Les petits trous, percés ici le long de la coiffe et dans le nez, servaient à y fixer des ornements. L'encoche autour de la taille et la nuance de la patine indiquent que cette statuette était à l'origine habillée, "de la manière dont les hommes s'imaginaient les vêtements des dieux" (idem).
Comme pour les plus anciennes et les plus remarquables de ce corpus restreint, cette statuette, sculptée dans un bois léger au grain très fin, se distingue par la beauté émouvante de ses formes et de son expression. Le contraste entre la douceur de la silhouette jouant sur la dynamique des courbes souples, et la rigueur du visage aux formes épurées - face épannelée, yeux carrés champlevés, bouche signifiée par une simple fente à l'extrémité - offrent à cette œuvre toute l'intensité de sa présence.
La profonde patine brune, nuancée, légèrement grumeleuse, atteste sa grande ancienneté et son usage rituel prolongé.