Lot 51
  • 51

Figure de reliquaire, Kota-Mahongwe, Gabon

Estimate
60,000 - 90,000 EUR
Sold
132,750 EUR
bidding is closed

Description

  • Figure de reliquaire, Kota-Mahongwe

Provenance

Collectée entre 1920 et 1935 par Marcel-Auguste Stingre (1896 - 1959)
Transmise par descendance familiale

Catalogue Note

Très rares sont les figures de reliquaire Mahongwe collectées, comme ici, avant la guerre, à une époque où ces effigies étaient encore en usage en pays Kota-Mahongwe.

Entre 1876 - année où l'explorateur allemand Oscar Lenz collecta la première d'entre elles (aujourd'hui conservée au Museum für Völkerkunde de Berlin) - et la découverte fortuite, à la fin des années 1960, dans des puits ou d'anciennes nécropoles, de plusieurs dizaines de ces figures de reliquaire, il fallut attendre près d'un siècle pour les voir véritablement apparaître dans les collections privées et muséales. Dans les années 1930-40, les missionnaires catholiques s'étaient en effet efforcés en les détruisant ou en les enfouissant, « d'éradiquer dans la région de l'Indivo un culte des ancêtres lié, leur avait-il semblé, aux pratiques de sorcellerie » (Perrois, 2009 : 89).

Certains "sanctuaires" furent ainsi vandalisés dès les années 1920, tandis que d'autres étaient abandonnés suite au déclin des pratiques cultuelles, selon l'éloignement plus ou moins important des postes et des missions (Louis Perrois, communication personnelle, octobre 2011). cf. LaGamma (2007 : 12, fig. 8), pour la photographie d'un sanctuaire Kota-Mahongwe partiellement écroulé, prise en 1929-31 à proximité du poste militaire français de Kemboma Matote. Si elle présente un très bon état général de conservation pour ce type d'œuvres, plusieurs indices (extrémité du pied manquante, âme de la base rongée par les xylophages - témoin d'une longue insertion dans un panier à crânes -, et cassée, traces d'oxydation du métal) suggèrent qu'elle fut très certainement abandonnée. Si l'on ignore le contexte exact dans lequel le tisseur Marcel-Auguste Stingre, qui démarchait les comptoirs implantés en Afrique afin d'y vendre ses produits manufacturés acquit cette très ancienne figure de reliquaire, on sait en revanche qu'il quitta définitivement la région en 1935.

Sa dimension (48 cm) à l'état fragmentaire la situe parmi les « grandes » effigies, indiquant, selon Louis Perrois, qu'il s'agit d'une représentation de chef de lignage. Elle se distingue par la très belle ampleur en large ogive de la tête sommée d'un chignon oblique, longtemps comparée par les collectionneurs à la tête dressée d'un serpent naja. Le dos offre une ornementation très élaborée : plaqué d'une large feuille de laiton à motifs en chevrons traités au repoussé, structuré par une arête nervurée séparant les deux joues, où sont fixées, en quinconce, les lamelles ornant la face.

cf. LaGamma (2008 : 215) pour la figure de reliquaire de l'ancienne collection André Fourquet, offrant un volume, et au dos un décor gravé, très comparables.    

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