Lot 66
  • 66

Pablo Picasso

Estimate
20,000 - 30,000 EUR
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Description

  • Pablo Picasso
  • LE BAIN
  • pointe-sèche, superbe épreuve avant l'aciérage de la planche (et après le tirage exécuté par Delâtre), le fond est strié par les griffures horizontales qui disparaissent après l'aciérage de la planche, imprimée toutes barbes, volupteux voile d'encre laissé par la planche créant une tonalité atmosphérique, sur papier vélin.

  • planche : 34,4 x 28,9 cm ; 13½ x 11 3/8 in.
  • feuille : 38,6 x 33,5 cm ; 15¼ x 13¼ in.

Literature

Bloch 12, Baer 14, Johnson 85/11

Condition

With full (narrow) margins, a small fox mark at extreme upper edge of sheet, otherwise in very good, fresh condition
"In response to your inquiry, we are pleased to provide you with a general report of the condition of the property described above. Since we are not professional conservators or restorers, we urge you to consult with a restorer or conservator of your choice who will be better able to provide a detailed, professional report. Prospective buyers should inspect each lot to satisfy themselves as to condition and must understand that any statement made by Sotheby's is merely a subjective, qualified opinion. Prospective buyers should also refer to any Important Notices regarding this sale, which are printed in the Sale Catalogue.
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Catalogue Note

drypoint, 1905, a fine impression before steelfacing (after the printings by Delâtre), with the horizontal scratches in the background, printed with rich burr and plate tone, on sturdy wove paper.

VOLLARD & PICASSO

 

La plus belle femme du monde n'a jamais eu son portrait peint, dessiné ou gravé plus souvent que Vollard : par Cézanne, Renoir, Rouault, Bonnard, Forain. Je crois qu'ils l'ont tous fait par émulation, chacun voulant le réussir mieux que les autres. Renoir l'a peint en toréador, me chipant ma spécialité. Mais c'est tout de même mon portrait cubiste qui est le meilleur ! 

Pablo Picasso (cité dans Françoise Gilot, Vivre avec Picasso, Paris, Calmann-Lévy, 1965, p. 38)

 

 

 

Les premières relations de Pablo Picasso et Ambroise Vollard remontent au tout début de la carrière de l'artiste, à l'occasion de sa première exposition en 1901. Elles se prolongèrent jusqu'à la mort de Vollard en 1939, la collaboration des deux hommes culminant lors de la fameuse Suite Vollard entre 1930 et 1937.    

 

Peu de temps après son arrivée à Paris, Picasso fut introduit à Vollard par Père Maňach. Vollard avait déjà manifesté son intérêt pour la nouvelle génération de peintres espagnols en présentant les œuvres de Isidre Nonell en 1899. Il n'hésita pas longtemps pour offrir à Picasso, alors âgé de 19 ans, la première présentation de ses œuvres à Paris. Cette exposition, où Vollard vendit presque toutes les oeuvres présentées, fut d'une importance décisive pour Picasso puisqu'elle lança sa carrière à Paris, la ville où il tiendrait sa résidence principale tout au long de sa vie.   

 

Depuis son arrivée à Paris, Picasso s'était intéressé à la technique de l'estampe. Suite à sa rencontre avec l'imprimeur Eugène Delâtre, il commence aussitôt à travailler sur une célèbre série de gravures représentant des persionnages de cirque ou forains aujourd'hui connue sous le nom de Suite des Saltimbanques. Cette série comprend l'une des plus importantes eau-fortes de Picasso, Le Repas frugal (1904). Entre 1904 et 1911, Picasso imprimera un petit nombre de cette série pour des collectionneurs ou des amis. De toutes ces planches, Le Repas frugal était la plus demandée aussi le nombre d'épreuves fut plus important que pour les autres gravures de cette série. En 1911, Ambroise Vollard achète à l'artiste toutes les plaques originales de la Suite des Saltimbanques, probablement intéressé par la popularité du seul Repas frugal.

 

Après l'acquisition des plaques, Vollard fait imprimer 27 ou 29 épreuves sur papier japon et 250 sur Hollande Van Gelder. Afin de réduire l'érosion des plaques pendant l'impression, Vollard a recours au procédé d'aciérage : la plaque de cuivre est recouverte d'un métal plus dur et plus résistant, permettant d'imprimer un tirage plus important.

 

La collection Vollard présente 4 épreuves de la Suite des Saltimbanques, dont le Repas frugal, qui apparaissent avoir été imprimées juste avant l'aciérage des plaques. Elles sont tirées sur un épais papier vélin (lots 68-69) ou sur un papier vélin très fin (lot 67) qui ne sont pas répertoriés par Baer, bibliographie de référence pour l'œuvre gravé de Picasso. La superbe qualité de ces épreuves (lots 66 à 69) sur le même papier, et l'uniformité de l'impression suggèrent que ces épreuves furent parmi les toutes dernières imprimées avant aciérage. Si l'épreuve du Repas frugal présente des signes évidents d'usure de la plaque originale, ceci s'explique probablement par la popularité de ce sujet, qui fit ainsi l'objet d'un tirage plus important que les autres de la série, avant l'acquisition de la plaque par Vollard.  

La première véritable collaboration entre Picasso et Vollard fut la publication de L'Homme au chien en 1914, suivie de 7 planches créées entre 1914 et 1931. Vollard commandera ensuite, en 1927, des planches pour illustrer la fameuse nouvelle de Balzac sur les affres de la création artistique, Le Chef-d'œuvre inconnu, édité en 1931.  "De tous les ouvrages que j'ai édité, celui qui intrigua le plus les bibliophiles quand il fut annoncé, ce fut Le Chef d'œuvre inconnu de Balzac avec des eaux-fortes originales et des bois de Picasso, où des réalisations cubistes voisinent avec des dessins qui font penser à Ingres" (Ambroise Vollard, Souvenirs d'un marchand de tableaux, Paris, 1937, p. 317).

Jonathan Pascoe Pratt (traduit de l'anglais)

 

Vollard's relationship with Pablo Picasso started at the beginning of the artist's career with his first exhibition in 1901 and was to continue until Vollard's death in 1939. Soon after his arrival in Paris, Picasso was introduced to Vollard by Pere Maňach. Vollard, who had already shown interest in the younger generation of Spanish artists, with an exhibition of Isidre Nonell in 1899, did not hesitate to offer Picasso his first exhibition in Paris. This exhibition was of critical importance for Picasso as it launched his career in Paris, the city that was to become his home.

 

From his arrival in Paris, Picasso was interested in print-making, and after an introduction to the printer, Eugène Delâtre, he immediately started work on a group of circus subjects which was to become known as the Saltimbanque Suite. This series included Picasso's most important early etching Le Repas Frugal, 1904. Between 1904 and 1911 Picasso printed a relatively small number of impressions of this series for collectors and friends; of all the subjects, the Repas Frugal was the most popular and as a result more impressions were printed than the others in the series. In 1911, Vollard purchased the etching plates for the complete series from Picasso. It was perhaps the popularity of the Repas Frugal, the strongest image that attracted Vollard to these works and prompted him to buy the plates from the artist.  

 

After purchasing the etching plates, Vollard authorized the printing of 27 or 29 impressions on Japan paper and 250 on Van Gelder paper. To reduce the wear on the plates during the printing process, they were steel-faced (the plates were immersed in a solution....). However, within this collection there are four impressions from the Saltimbanque Suite that appear to have been printed immediately before the plates were steel-faced. Three are printed on a sturdy white wove paper that is unrecorded in the Picasso literature on his prints. The superb quality of these impressions combined with the rarity of the paper and the uniformity of the printing suggest that these proofs may have been among the last to be printed before the plates were sent to be steel-faced. Although there is evidence of more wear on the plate of the Repas Frugal compared to the others in the group, this may be explained by the larger number of impressions printed before Vollard acquired the plates.

 

The first collaborative work between Picasso and Vollard to be published was L'Homme au chien, 1914, this was followed by seven individual plates between 1914 and 1931. Following these individual etchings, in 1927 Vollard commissioned the illustrations for his first book to be made with Picasso [see illustration], Le Chef-d'Œuvre Inconnu, was finally published in 1931:

Jonathan Pascoe Pratt

 

De tous les ouvrages que j'ai édités, celui qui intrigua le plus les bibliophiles quand il fut annoncé, ce fut Le Chef-d'Œuvre Inconnu de Balzac avec eaux-fortes original et des bois de Picasso, où des réalisations cubistes voisinent avec des dessins qui font penser à Ingres (Ambroise Vollard, Souvenirs d'un marchand de tableaux, Editions Albin Michel, Paris, 1937, p.317).