Lot 49
  • 49

Edgar Degas

Estimate
200,000 - 300,000 EUR
Sold
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Description

  • Edgar Degas
  • LA FÊTE DE LA PATRONNE
  • signé Degas au crayon (en bas à gauche)
  • monotype avec réhauts d'encre noire. Cette oeuvre est unique.
  • motif : 24,7 x 29,7 cm ; 9 3/4 x 11 5/8 in.
  • feuille : 15,8 x 21,2 cm ; 6 1/4 x 8 3/8 in.

Literature

Guy de Maupassant, La Maison Tellier, Ambroise Vollard, Paris, 1934, reproduit p. 24
Eugenia Parry Janis, Degas Monotypes, Fogg Art Museum & Harvard University (catalogue d'exposition), 1968, no. 90, reproduit  (daté 1878-79)
Jean Adhemar & Francoise Cachin, Degas: The Complete Etchings, Lithographs and Monotypes, Londres, 1974, no. 100  

Catalogue Note

monotype with black ink highlights, unique work, signed 'Degas' in pencil (lower left), executed circa 1878-1880.

De toute la production de Degas, le monotype a été jusqu'à
récemment le support de création le plus mal connu. Du vivant
même de l'artiste, ces impressions de feuilles, pour la plupart
uniques, exécutées entre 1875 et 1885, furent réservées à de rares
initiés. Il aura fallu attendre sa reproduction dans l'édition que fit
Vollard de La Maison Tellier de Maupassant en 1934 pour révéler
au public ce monotype, aujourd'hui notoire, La Fête de la Patronne,
où des femmes nues, en bas noirs, offrent des bouquets de mariée
à une très respectable matrone. "Lorsqu'on touche à de pareils
sujets, c'est souvent pornographique. Il fallait être Degas pour
donner à La Fête de la Patronne un air de réjouissance en même
temps que la grandeur d'un bas-relief égyptien" confiait Renoir –
qui possédait un monotype de La Fête de la Patronne - à Ambroise
Vollard.

Cette scène au style photographique, par l'organisation du noir etdu blanc distribués en valeur plus qu'en trait, est le résultat du
regard non d'un censeur, ni d'un voyeur mais d'un artiste objectif,
un peu détaché, qui a capté et illustré un simple constat visuel.
Degas présente 'celles qu'on n'épouse pas', des femmes au corps
nu, sans réel visage et d'une classe sociale bien différente des
femmes distinguées, cultivées, artistes ou au regard mélancolique
auxquelles il nous a également habitué et qui remplissent
fréquemment sa production.

Degas excelle dans l'art du monotype. Ce procédé, employé à partir du XVIIème siècle est, en principe, un tirage unique et se situe à mi-chemin entre le dessin et l'estampe. C'est un dessin non gravé, exécuté à l'encre ou à la peinture sur un cuivre, un verre ou
quelque surface lisse et résistante. Le principe du monotype
inverse le dessin au tirage, on arrive parfois à tirer un deuxième
monotype beaucoup plus pâle et même, plus rarement encore,
une troisième épreuve encore plus claire. Il s'agit d'un travail
d'expérimentation, de recherche technique qui permet de
nouveaux mélanges, et de créer des effets de surprise, lors
du tirage.

La plus importante des scènes de maisons closes de Degas, La
Fête de la Patronne
est une superbe illustration de ce procédé, ici
présenté dans une condition éclatante qui restitue toute la subtilité
des noirs et des blancs avec une virtuosité comparable à la
technique du pastel.

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