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Odilon Redon
Description
- Odilon Redon
- LA CONSCIENCE
signé Odilon Redon (en bas à droite)
- fusain et estompe sur papier
- 46,5 x 36,5 cm ; 18 3/8 x 14 3/8 in.
Literature
Condition
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Catalogue Note
signed 'Odilon Redon' (lower right), charcoal on paper.
VOLLARD & REDON
Odilon Redon et Ambroise Vollard se sont rencontrés en 1893, année des premiers achats effectués par le marchand. Vollard, admirateur de l'œuvre symbolique et métaphysique de l'artiste, lui achètera de nombreux fusains, dessins et pastels de 1893 à 1910. Le marchand d'art, bien plus qu'un mécène, était également un ami de Redon. L'artiste, tout comme Paul Cézanne, Auguste Renoir ou Edgar Degas, fut convié aux fameux "dîners de la cave" organisés dans l'arrière boutique de la galerie rue Laffitte. Par ses achats et son important soutien financier, Vollard permit à Redon de se consacrer entièrement au pastel dans les années 1890 et suivantes.
L'homme est devenu portefaix de sa conscience qui a pris forme de bactérie géante à visage humain. L'homme, fragile sous son fardeau plus grand et plus lourd que lui, s'avance jusqu'au bord d'un néant qu'il contemple ou jauge, les bras écartés mais hésitant encore avant de prendre son élan vers un abîme aussi insondable que le mystère des hommes. L'homme s'élancera-t-il vraiment, choisissant ainsi la voie de la facilité ? Ou bien sa conscience pesant de tout son poids le retiendra-t-elle sur les hauteurs où il est laborieux de parvenir et ardu de rester ? Redon ouvre le débat et le laisse sans réponse dans ce fusain obscur non dépourvu d'espoir, mais qui tient déjà du cauchemar.
Alec Wildenstein, Odilon Redon, Catalogue raisonné de l'œuvre peint et dessiné, vol. II, Mythes & Légendes, Paris, 1994, p. 168
Ce dessin allégorique, réalisé au fusain, s'inscrit dans la très riche série des "Noirs" d'Odilon Redon. Ce terme, employé pour désigner l'abondante production de dessins au fusain et au crayon de l'artiste, sacralise l'emploi de la couleur noire. Représentant un personnage pensif assaillit par l'ombre menaçante de sa conscience, le dessin illustre la virtuosité technique et l'inspiration mystique de Redon. La finesse du trait, alliée à un fusain estompé créant de profondes nuances, produisent une œuvre graphique de premier ordre où la couleur noire nourrit le sujet allégorique de toute sa profondeur. Au même titre que La Folie (Musée d'Orsay), La Conscience plonge le spectateur dans les méandres de la créativité tourmentée de Redon, tout en le renvoyant à ses propres interrogations métaphysiques.