Lot 109
  • 109

Odilon Redon

Estimate
60,000 - 80,000 EUR
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Description

  • Odilon Redon
  • LA CONSCIENCE
  • signé Odilon Redon (en bas à droite)

  • fusain et estompe sur papier
  • 46,5 x 36,5 cm ; 18 3/8 x 14 3/8 in.

Literature

Alec Wildenstein, Odilon Redon, Catalogue raisonné de l'œuvre peint et dessiné, vol. II, Mythes & Légendes, Paris, 1994, no. 1081, reproduit p. 168

Condition

Executed on beige wove paper, not laid down. A close inspection reveals some restored tears running along the extreme upper and lower edges (not visible with the naked eye) and some small scattered stains, possibly intrinsic to the artistic process, in the lower left quadrant. This work is in very good condition.
"In response to your inquiry, we are pleased to provide you with a general report of the condition of the property described above. Since we are not professional conservators or restorers, we urge you to consult with a restorer or conservator of your choice who will be better able to provide a detailed, professional report. Prospective buyers should inspect each lot to satisfy themselves as to condition and must understand that any statement made by Sotheby's is merely a subjective, qualified opinion. Prospective buyers should also refer to any Important Notices regarding this sale, which are printed in the Sale Catalogue.
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Catalogue Note

signed 'Odilon Redon' (lower right), charcoal on paper.

VOLLARD & REDON

Odilon Redon et Ambroise Vollard se sont rencontrés en 1893, année des premiers achats effectués par le marchand. Vollard, admirateur de l'œuvre symbolique et métaphysique de l'artiste, lui achètera de nombreux fusains, dessins et pastels de 1893 à 1910. Le marchand d'art, bien plus qu'un mécène, était également un ami de Redon. L'artiste, tout comme Paul Cézanne, Auguste Renoir ou Edgar Degas, fut convié aux fameux "dîners de la cave" organisés dans l'arrière boutique de la galerie rue Laffitte. Par ses achats et son important soutien financier, Vollard permit à Redon de se consacrer entièrement au pastel dans les années 1890 et suivantes.

 

L'homme est devenu portefaix de sa conscience qui a pris forme de bactérie géante à visage humain. L'homme, fragile sous son fardeau plus grand et plus lourd que lui, s'avance jusqu'au bord d'un néant qu'il contemple ou jauge, les bras écartés mais hésitant encore avant de prendre son élan vers un abîme aussi insondable que le mystère des hommes. L'homme s'élancera-t-il vraiment, choisissant ainsi la voie de la facilité ? Ou bien sa conscience pesant de tout son poids le retiendra-t-elle sur les hauteurs où il est laborieux de parvenir et ardu de rester ? Redon ouvre le débat et le laisse sans réponse dans ce fusain obscur non dépourvu d'espoir, mais qui tient déjà du cauchemar.

Alec Wildenstein, Odilon Redon, Catalogue raisonné de l'œuvre peint et dessiné, vol. II, Mythes & Légendes, Paris, 1994, p. 168

 

Ce dessin allégorique, réalisé au fusain, s'inscrit dans la très riche série des "Noirs" d'Odilon Redon. Ce terme, employé pour désigner l'abondante production de dessins au fusain et au crayon de l'artiste, sacralise l'emploi de la couleur noire. Représentant un personnage pensif assaillit par l'ombre menaçante de sa conscience, le dessin illustre la virtuosité technique et l'inspiration mystique de Redon. La finesse du trait, alliée à un fusain estompé créant de profondes nuances, produisent une œuvre graphique de premier ordre où la couleur noire nourrit le sujet allégorique de toute sa profondeur. Au même titre que La Folie (Musée d'Orsay), La Conscience plonge le spectateur dans les méandres de la créativité tourmentée de Redon, tout en le renvoyant à ses propres interrogations métaphysiques.