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Elisabeth-Louise Vigée Le Brun
PORTRAIT PRÉSUMÉ DE MADAME DE ROISSY; PORTRAIT PRÉSUMÉ DE MONSIEUR DE ROISSY
ELISABETH-LOUISE VIGÉE LE BRUN ; PRESUMED PORTRAIT OF MRS DE ROISSY ; PRESUMED PORTRAIT OF MR DE ROISSY ; THE FIRST, SIGNED AND DATED LOWER RIGHT 1773 ; THE LATTER, SIGNED AND DATED LOWER LEFT 1773 ; PASTEL ON PAPER, A PAIR
Estimate
120,000150,000
LOT SOLD. 216,750 EUR
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Elisabeth-Louise Vigée Le Brun
PORTRAIT PRÉSUMÉ DE MADAME DE ROISSY; PORTRAIT PRÉSUMÉ DE MONSIEUR DE ROISSY
ELISABETH-LOUISE VIGÉE LE BRUN ; PRESUMED PORTRAIT OF MRS DE ROISSY ; PRESUMED PORTRAIT OF MR DE ROISSY ; THE FIRST, SIGNED AND DATED LOWER RIGHT 1773 ; THE LATTER, SIGNED AND DATED LOWER LEFT 1773 ; PASTEL ON PAPER, A PAIR
Estimate
120,000150,000
LOT SOLD. 216,750 EUR
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Details & Cataloguing

Old Masters and 19th Century Paintings and Drawings

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Paris

Elisabeth-Louise Vigée Le Brun
PARIS 1755 - 1842
PORTRAIT PRÉSUMÉ DE MADAME DE ROISSY; PORTRAIT PRÉSUMÉ DE MONSIEUR DE ROISSY
ELISABETH-LOUISE VIGÉE LE BRUN ; PRESUMED PORTRAIT OF MRS DE ROISSY ; PRESUMED PORTRAIT OF MR DE ROISSY ; THE FIRST, SIGNED AND DATED LOWER RIGHT 1773 ; THE LATTER, SIGNED AND DATED LOWER LEFT 1773 ; PASTEL ON PAPER, A PAIR
Quantity: 2
Le premier, signé et daté en bas à droite Melle Vigée 1773;
Le second, signé et daté en bas à gauche Melle Vigée 1773

Pastel sur papier, une paire
50 x 49 cm ; 19 2/3 by 19 1/3 in
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Provenance

Acquis en France, par un collectioneur russe, dans la première moitié du XXème siècle;
Resté depuis chez ses descendants.

Catalogue Note

Cette paire de pastels est tout à fait typique de l'œuvre de jeunesse d'Elisabeth-Louise Vigée, future madame Le Brun, encore sous l'influence de son père, le pastelliste Louis Vigée. Ces compositions attestent non seulement des qualités de portraitiste du peintre, mais également de la valeur documentaire de son art. En effet, c'est ici le témoignage d'une époque que dresse l'artiste:

« Dès l'âge de quinze ans, j'avais été répandue dans la haute société ; je connaissais nos premiers artistes, en sorte que je recevais des invitations de toutes parts. Je me souviens fort bien que j'ai dîné en ville pour la première fois chez le sculpteur Le Moine, alors en grande réputation. Le Moine était d'une simplicité extrême ; mais il avait le bon goût de rassembler chez lui une foule d'hommes célèbres et distingués (...) C'est chez Le Moine que j'ai connu Gerbier, le célèbre avocat ; sa fille, madame de Roissy, était fort belle, et c'est une des premières femmes dont j'aie fait le portrait. »1

Les faits, ainsi relatés par la jeune femme dans ses Souvenirs, se déroulent à Paris au début des années 1770. A cette époque, Elisabeth Vigée vient de s'établir rue Saint-Honoré comme peintre professionnel. Rapidement, son talent et sa grâce lui permettent de rencontrer les personnages marquants et influents de la fin du XVIIIe siècle français. L'artiste commence alors à acquérir une réputation certaine et à recevoir de prestigieuses commandes. Quelques années plus tard, vers 1780, Mademoiselle Vigée, devenue depuis l'épouse du marchand Jean-Baptiste-Pierre Le Brun, est déjà considérée comme l'une des grandes portraitistes de la haute société de son temps.

C'est donc dans ce contexte que l'artiste peignit les deux portraits de jeunes gens ici présentés. Réalisés en 1773, soit au début de sa carrière, ces pastels auraient pour sujet respectif Madame de Roissy, fille du grand orateur Pierre-Jean-Baptiste Gerbier, et son époux, Monsieur de Roissy. Cette présomption quant au sujet desdites œuvres - laquelle semblait déjà probante au regard des écrits de l'artiste - se trouve être renforcée par la découverte d'un autre portrait de Madame de Roissy exécuté par le sculpteur français Jean-Baptiste II Le Moyne (1704-1778).

Quoi qu'il en soit, tous les portraits d'Elisabeth Vigée Le Brun sont réputés pour être à la fois ressemblants et flatteurs, érigeant leurs modèles au rang de représentants d'une société aristocratique « galante et insouciante »2, élite dont Vigée-Lebrun se fit la portraitiste préférée, devenant même le peintre officiel, favori et protégé3 de la reine Marie-Antoinette. En 1789, ces liens si étroitement entretenus avec l'aristocratie et la royauté ont pour effet de contraindre l'artiste à l'exil. Fuyant précipitamment la Révolution française, l'artiste rejoint alors l'Italie, puis l'Autriche, l'Angleterre et enfin la Russie, où elle séjourne plusieurs années à Saint-Pétersbourg. Reçue dans toutes les cours d'Europe, l'artiste continue alors de développer son activité artistique et sa renommée internationale dans le grand monde.

A Paris comme ailleurs, c'est « le joli » qui est la source d'inspiration principale de Madame Vigée Le Brun. Selon Pierre de Nohlac, « elle veut qu'on soit jolie et excelle à y pourvoir (...) Sa peinture est élégante, fragile, futile, enveloppée de grâce et d'abandon. »4. Or, la technique du pastel, très utilisée sous l'Ancien Régime et hautement maîtrisée par l'artiste, contribue à l'élégance de ses figures portraiturées, à la fois de par la finesse des traits, la richesse des textures et la subtilité des couleurs. Enfin, le dégradé de gris du support sert également, par contraste, le raffinement de la composition, rehaussant l'ensemble de l'œuvre de clarté et de légèreté.


1. E. Vigée-Lebrun, Souvenirs, vol. 1, Paris, 1984, pp. 48-9.
2. P. de Nolhac, Madame Vigée-Lebrun, peintre de Marie-Antoinette, Paris 1912, p. 2.
3. Grâce au soutien de Marie-Antoinette et à l'ordre de Louis XVI, Elisabeth Vigée-Lebrun est l'une des premières femmes à être reçue à l'Académie Royale de Peinture et de Sculpture. 
4. P. de Nolhac, op. cit., p. 2.

Old Masters and 19th Century Paintings and Drawings

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Paris