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PROVENANT D'UNE COLLECTION PARTICULIÈRE EUROPÉENNE

Wifredo Lam
FRUITS TROPICAUX
JUMP TO LOT
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PROVENANT D'UNE COLLECTION PARTICULIÈRE EUROPÉENNE

Wifredo Lam
FRUITS TROPICAUX
JUMP TO LOT

Details & Cataloguing

Impressionist & Modern Art

|
Paris

Wifredo Lam
1902 - 1982
FRUITS TROPICAUX
signé Wifredo Lam et daté 1970 (au dos)

huile sur toile


116 x 89 cm
45 5/8 x 35 in.
Peint en 1969.
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Exhibited

Venise, Biennale Internazionale dell'Arte XXXVI, Cuban Pavillion, 1972, no. 10
Rome, Instituto Italo-Latino Americano, Contreras Brunet, Eielson, Lam, Roco-Rey, 1972

Literature

Alain Jouffroy, Lam, Paris, 1972, reproduit p. 42
Max-Pol Fouchet, Wifredo Lam, 1ère éd., Barcelone, Paris, 1976, no. 172, reproduit p. 140; 2ème éd., 1989, no. 172, reproduit p. 144
Sebastià Gasch, Wifredo Lam a París, Barcelone, 1976, no. 54, reproduit p. 135
Lou Laurin-Lam & Eskil Lam, Wifredo Lam, Catalogue Raisonné of the Painted Work, vol. II, Lausanne, 2002, no. 69.57, reproduit p. 321 et en couleur p. 90 (daté a posteriori 1976)

Catalogue Note

signed 'Wifredo Lam' and dated '1970' (on the reverse), oil on canvas. Painted in 1969.

 

En 1972, Wifredo Lam choisit Fruits Tropicaux pour représenter son œuvre dans le Pavillon cubain à l'occasion de la Biennale de Venise.

Cette œuvre de maturité de Lam réalisée en 1969 reflète à merveille la poésie singulière dont est empreinte l'œuvre de l'artiste cubain. Après un apprentissage à La Havane et Madrid, l'artiste s'envole découvrir Paris à la fin des années 30, à une époque où de nombreux artistes modernes, à commencer par Picasso, découvrent dans l'art primitif une exaltante source d'inspiration servant leur volonté de renouveler la peinture occidentale. Au cours de ce séjour parisien, Lam entre évidemment dans l'orbite des surréalistes dont le surnaturel, l'irrationnel, le magique trouve en lui un terrain fertile. C'est fort de ces nouvelles découvertes que Lam retourne finalement à Cuba en 1941. Il retrouve alors sa terre natale, au sens où l'entend son ami Aimé Césaire dans son célèbre Cahier d'un retour au pays natal, paradigme de la négritude. Lam y redécouvre la lumière, les plantes et la mythologie des tropiques dans lesquelles baigne Fruits tropicaux.

Fruits tropicaux témoigne ainsi de l'évolution stylistique de l'artiste depuis l'émulation provoquée par Picasso avec ses sobres interprétations géométriques et abstraites des thèmes primitifs jusqu'à ce que Lou Laurin-Lam décrit comme "l'utilisation plus intériorisées de ces éléments" (Lou Laurim-Lam & Eskil Lam, op., cit, pp. 96-97). Les œuvres de maturité de Lam sont placées sous le signe de la figuration qui, loin de renier tout héritage cubiste, se distingue toutefois d'une stricte décomposition analytique de formes pour migrer vers de nouveaux horizons, animées d'un élan créateur surréaliste. Fruits tropicaux plonge ainsi le spectateur dans un monde de symbiose, de métamorphoses et de confusion d'un charme indéniable.

Description ostensible de fruits tropicaux, le tableau fait directement référence au genre de la nature morte tout en le renouvelant. C'est Fernando Ortiz, le premier, qui parle de "living nature" (nature vivante), expression qui résume à elle seule la réinterprétation par l'artiste du genre ("nature morte") issu de la tradition occidentale. Fruits tropicaux donne à voir la réalité hybride de ce 'Nouveau Monde' où tout est intrinsèquement connecté. L'artiste marie ici la sophistication du langage visuel issu d'Europe aux thèmes évoquant son pays natal. Dans ses propos relatifs aux toiles de cette époque, Lou Laurin-Lam remarque qu'il y a "un regroupement baroque d'éléments naturels et fantastiques" dont l'objectif était de "communiquer, plutôt que simplement représenter, la mythologie des Caraïbes... l'unité de la vie" (Lou Laurim-Lam & Eskil Lam, op. cit, p. 90). 

 

The present work, dating from 1969, is an enchanting example of Wifredo Lam's distinctive and poetic form of expression. The Cuban artist arrived in Paris from Spain in the 1930s at a time when many modern artists, and most pre-eminently Picasso, increasingly sought inspiration from 'primitive' art, and African masks and statues in particular, in their quest to formally revolutionize Western art. It was the cultural mood engendered by this fascination that led to Lam's eventual return to Cuba in 1941. In what was very much a 'return to the native land' in the sense of his friend Aimé Césaire's famous Cahiers d'un retour au pays natal, a book paradigmatic of the Negritude movement, Lam set about rediscovering the light, plants and mythology of the tropics with which the present work is so infused.

Fruits tropicales is testament to the artist's stylistic evolution from his early emulation of Picasso's sober, abstract and geometric interpretations of 'primitive' themes to what Lou Laurin-Lam describes as a 'more internal use of these elements' (Lou Laurin-Lam & Eskil Lam, Wifredo Lam, Catalogue Raisonné of the Painted Work, vol. II, Lausanne, 2002, pp. 96-97). Lam's mature work is dominated by a figuration that, although indebted to Cubism, distanced itself from the analytical breaking down of forms, and moved instead towards a somewhat Surrealist impulse for invention. The present work presents the viewer with a world of symbiosis, metamorphosis and a confusion that is full of charm. It was Fernando Ortiz who first spoke of Lam's 'living natures', a phrase which deftly encapsulates the artist's reinterpretation of the nature morte genre of the Western pictorial tradition (Fernando Ortiz, 'Wifredo Lam y su obra vista a través de significados críterios', 1950; cited in Lou Laurin-Lam & Eskil Lam, Wifredo Lam, Catalogue Raisonné of the Painted Work, vol. II, Lausanne, 2002, p. 96).

Ostensibly a depiction of tropical fruit, the present work directly references the still life genre whilst simultaneously transfiguring it; viscerally embodying the hybrid reality of the New World where everything is connected and everything participates. In her discussion of the paintings of the period, Lou Laurin-Lam notes 'there is a baroque gathering of natural and fantastic elements in these works' whose aim was 'to communicate, rather than strictly represent, a mythology of the Caribbean... the unity of life' (Lou Laurin-Lam & Eskil Lam, op. cit., p. 90). With its fragmentation of forms, Surrealist metamorphosing of subject and shallow space, the present work nevertheless asserts the primacy of aesthetic values over cultural politics as Lam succeeds in marrying a sophisticated visual language drawn from Europe with the evocative themes of his native country.

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