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PROVENANT D'UNE COLLECTION PARTICULIÈRE FRANÇAISE

Maurice de Vlaminck
LE VIEUX PONT ET LE CÔTEAU
Estimate
400,000600,000
LOT SOLD. 456,750 EUR
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PROVENANT D'UNE COLLECTION PARTICULIÈRE FRANÇAISE

Maurice de Vlaminck
LE VIEUX PONT ET LE CÔTEAU
Estimate
400,000600,000
LOT SOLD. 456,750 EUR
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Details & Cataloguing

Impressionist & Modern Art

|
Paris

Maurice de Vlaminck
1876 - 1958
LE VIEUX PONT ET LE CÔTEAU

signé Vlaminck (en bas à droite)


huile sur toile
89 x 116 cm
65 x 45 5/8 in.

Peint vers 1911.


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Cette œuvre sera incluse dans le catalogue critique de l'œuvre de Maurice de Vlaminck actuellement en préparation par le Wildenstein Institute.

Provenance

Galerie Berri, Paris
Collection particulière, Paris (acquis du précédent en 1968)
Par descendance au propriétaire actuel

 

Exhibited

Musées de Tokyo-Kanazawa-Nagoya-Yamaguchi, Maurice de Vlaminck, 1982
Sisteron (France), Aux sources de la création, 1995 

Literature

Marcel Sauvage, Vlaminck, sa vie et son message, Paris, 1956, no. 106 

Catalogue Note

signed 'Vlaminck' (lower right), oil on canvas. Painted circa 1911.

 "La couleur se ravive mais sans s'égarer trop loin réel. Il a des harmonies moins éclatantes qu'autrefois, plus maîtrisées. Après les cuivres du fauvisme, il introduit dans son orchestre les bois et les cordes pour obtenir des effets plus complets" (Maurice Genevoix, Vlaminck, Montrouge, 1954, p. 51) 
 
Œuvre de maturité peinte en 1911 sur les bords de la Seine à Triel, Le vieux pont et le Côteau  témoigne de l'attachement persistant du Maitre du fauvisme à la couleur malgré l'atténuation de sa palette et compte incontestablement parmi les chefs d'œuvres de la période cézanienne de l'artiste. Dès 1907, l'artiste s'est éloigné du fauvisme dont il a cerné les limites, "limité qu'[il] demeurai[t] par le bleu ou le rouge du marchand de couleur" (Vlaminck, 1929). L'artiste inaugure alors sa période dite cézannienne, où se font jour de nouvelles préoccupations de construction spatiale, discrètement marquées par l'exemple de la statuaire africaine que l'artiste collectionne depuis 1905. "Sans doute trouva-t-il dans ces principes constructifs qui associaient, dans l'architecture générale de toute composition, une sensibilité de la couleur plus raffinée que celle des Fauves à une énergie des formes plus manifeste, un moyen de s'exprimer avec une force plus grande. Les plans aux rencontres anguleuses, les contrastes d'ombre et de lumière, l'introduction des tons plus sombres dans l'harmonie d'une toile, lui permettaient de transposer son goût de la violence du domaine de la couleur exubérante à celui de la forme maîtrisée." (Jean Selz, Vlaminck, Lugano, 1965, p. 64).
 
Une fermeté nouvelle se manifeste dès lors dans l'ordonnancement de ses tableaux; son goût de liberté trouvant des expressions enthousiastes dans les eaux tranquilles et les voiliers de la Seine qui demeure son paysage de prédilection. Le vieux pont et le Côteau est exemplaire d'une imbrication de volumes et d'une synthétisation des formes "ayant un temps amené Vlaminck - sans que toutefois il franchisse le pas qui l'aurait éloigné de la figuration - sur des chemins voisins qui conduisirent Picasso et Braque au Cubisme " (Maïthé Vallès-Bled, Vlaminck, Un instinct fauve (catalogue d'exposition), Paris, Musée du Luxembourg, 2008, p. 22). Derrière le vieux pont, on découvre ainsi une vue de village, prétexte à une majestueuse restitution de l'espace par facettes, dans le plus pur héritage des toiles du Maître d'Aix.

Dans cette superbe composition d'une paisible austérité, un majestueux voilier accoste à proximité d'un vieux pont, guidé par un homme situé sur la rive. Une lecture autobiographique peut reconnaître sous les traits des deux personnages représentés Kahnweiler et Vlaminck, que leurs liens d'amitié avaient conduit à acheter en commun deux bateaux pour leurs promenades sur la Seine. En 1911, Vlaminck vend régulièrement ses toiles au célèbre marchand des cubistes qu'il a rencontré cinq années plus tôt, et rend ici un bel hommage à leurs passions partagées. 

 

"Vlaminck breathes new life into his colours but without wandering too far from the real. His harmonies are less dazzling than before, more masterful. After the brass of his fauvist works, he introduces the subtleties of percussion and strings to the orchestra of his canvas in order to achieve a fuller effect." (Maurice Genevoix, Vlaminck, Montrouge, 1954, p. 51)

Painted in 1911 on the banks of the Seine at Triel, Le Vieux pont et le côteau testifies to the softening of the Fauvist master's mature palette and his continued preoccupation with nuances of colour; it is unquestionably one of the masterpieces of Vlaminck's Cézannesque period. A period which saw the artist's treatment move increasingly away from his fauvist style of pre-1907, Vlaminck's Cézannesque work is characterized by the artist's new concern with issues of spatial construction and is subtly influenced by the African sculptures that he had been collecting since 1905. "Vlaminck undoubtedly found within these new principles of construction – whose general architectural composition more fundamentally links the artist's refined sensitivity to colour and the energy of the forms themselves – a potent means of expression. The angular planes, striking contrasts of light and shade and introduction of more somber tones all contribute to the harmony of Vlaminck's canvas, permitting the artist to transpose his predilection for vivid, riotous colours to that of mastering form." (Jean Selz, Vlaminck, Lungano, 1965, p. 64)

A new solidity and strength of structure becomes apparent within the very fibre of Vlaminck's work at this time, although the artist's predilection for freedom and fluidity finds its expression, too, in the imagery of sailing boats and the tranquil waters of the Seine. Le Vieux pont et le côteau is a superb example of the interweaving and synthesis of forms that "led Vlaminck – without ever causing him to definitively abandon his figurative concerns – on a similar path to that which led Picasso and Braque to Cubism" (Maïthé Vallès-Bled, Vlaminck, Un Instinct Fauve (catalogue d'exposition), Paris, Musée de Luxembourg, 2008, p. 22). Thus the composition of the village in the present work, tucked in behind the old bridge, presented Vlaminck with an opportunity to construct a space using the facets of buildings in a manner that is not without analogy to the work of the celebrated master from Aix.

In this peaceful country scene, a man on the riverbank guides a majestic sailing boat in to dock in front of the old bridge. Some commentators have identified the two figures, the man on the shore and the sailor of the boat, as Daniel-Henri Kahnweiler and Vlaminck himself. In 1911, Vlaminck regularly sold his canvases to Kahnweiler, already at this stage a celebrated dealer for the Cubist painters whom he had met five years previously; their friendship was such that together they had purchased two boats for recreational sailing on the Seine. Le Vieux pont et le côteau is thus an enchanting homage to their shared passions.

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