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PROVENANT D'UNE COLLECTION PARTICULIÈRE AMÉRICAINE

Pablo Picasso
TÊTE DE FEMME (MARIE-THÉRÈSE)
JUMP TO LOT
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PROVENANT D'UNE COLLECTION PARTICULIÈRE AMÉRICAINE

Pablo Picasso
TÊTE DE FEMME (MARIE-THÉRÈSE)
JUMP TO LOT

Details & Cataloguing

Impressionist & Modern Art

|
Paris

Pablo Picasso
1881 - 1973
TÊTE DE FEMME (MARIE-THÉRÈSE)
signé Picasso (en bas à droite) et daté Paris 18 janvier XXXIV (en haut à droite)
encre et lavis sur papier
25,6 x 32,6 cm
10 1/8 x 12 7/8 in.
Exécuté à Paris le 18 janvier 1934.
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L'authenticité de cette œuvre a été confirmée par Claude Picasso.
L'authenticité de cette œuvre a été confirmée par Maya Widmaier Picasso.

Provenance

Pierre Matisse Gallery, New York (acquis de l'artiste en 1937)
Collection particulière (vente : Sotheby Parke Bernet, New York, 23 octobre 1980, lot 362 A)
Acquis lors de cette vente par le propriétaire actuel

Exhibited

Biefeld, Kunsthalle, Picasso Surrealismus, 1991, no. 70, reproduit p. 104

Catalogue Note

signed 'Picasso' (lower right) and dated 'Paris 18 janvier XXXIV' (upper right), pen and ink on paper. Executed in Paris on 18th January 1934.

"Elle avait un visage très saisissant avec un profil grec. La série entière de portraits de femmes blondes que Pablo a peint entre 1927 et 1935 sont des répliques pratiquement exactes d'elle. [...] Ses formes étaient grassement sculpturales, avec du volume et une pureté dans la ligne qui donnait à son corps et à son visage une perfection extraordinaire... Elle était un magnifique modèle."

Françoise Gilot (cité in Gilot & Lake, 1964, p. 224; repris dans Picasso et les Femmes, Kunstsammlungen Chemnitz, 2003, p. 162)

En 1930, Picasso fait l'acquisition du Château de Boisgeloup, situé près de Gisors à 64 kilomètres de Paris, qui devient rapidement un lieu de refuge pour Marie-Thérèse Walter, sa belle et jeune maîtresse entrée depuis 1927 dans la vie de l'artiste. La légende raconte que Picasso est tombé immédiatement amoureux de l'adolescente à proximité des Galeries Lafayette. A la fin des années 20, Marie-Thérèse a déjà fait des apparitions furtives et codées dans le travail de Picasso, mais ce n'est qu'à partir de son emménagement à Boisgeloup que sa présence physique est incontestablement reconnue et révélée.

 

Au cours des années 30, Picasso représente Marie-Thérèse dans des poses variées : éveillée ou endormie, écrivant ou lisant, souvent magnifiée par l'imagination éblouissante de l'artiste. Profondément frappé et inspiré par la sensualité et la jeunesse de sa nouvelle muse, Picasso ne se lasse pas de sublimer ses courbes et sa féminité. Tête de femme (Marie-Thérèse) est empreinte d'une atmosphère calme, tendre et poétique, laissant le modèle maître de lui-même. Comme le souligne Robert Rosenblum, Picasso 'le plus souvent se transforme en voyeur extatique ... mais parfois l'artiste semble désirer capturer le regard fixe de sa muse comme dans une confrontation de pouvoirs presque surnaturels'. (Robert Rosenblum 'Picasso's Blonde Muse: The Reign of Marie -Thérèse Walter' dans William Rubin (ed.), Picasso and Portraiture: Representation and Transformation, catalogue d'exposition, Musée d'Art Moderne, New York, 1996, p. 342).



 

Tête de femme est une œuvre intime, qui dépeint la silhouette caractéristique de Marie-Thérèse, facilement reconnaissable avec sa tignasse de cheveux et ses lèvres marquées. Sous couvert d'une représentation en apparence spontanée, la virtuosité de Picasso est est magnifiée par son traitement des lignes, des tonalités, le chiaroscuro de ses croissants, ses ovales et ses cercles qui immortalisent  la figure de Marie-Thérèse. La composition de Picasso reflète l'intimité qu'il partage avec sa maîtresse dont le visage est révélé par une vue en gros plan. L'artiste lui-même semble avoir voulu manifester sa présence dans les losanges caractéristiques du costume d'Arlequin. Robert Rosenblum soulignait en effet que : 'Picasso observe et garde farouchement ses conquêtes féminines  ... ainsi souvent, dans son travail, les losanges du costume d'Arlequin sont  comme un symbole codé de la propre présence de l'artiste, son alter ego, un blason qui marque son territoire ' (Ibid., p. 359).  Ce portrait de Marie-Thérèse apparaît ainsi comme une véritable déclaration d'amour de l'artiste à sa muse.

 

In 1930, Picasso purchased the Château de Boisgeloup, a seventeenth-century estate near Gisors about forty miles northwest of Paris. The château provided a country refuge for his beautiful blonde mistress, Marie-Thérèse Walter, who had entered his life at least as early as 1927 when, legend dictates, the artist fell instantly in love with the teenage girl outside the Galeries Lafayette. Marie-Thérèse made fleeting and coded appearances in Picasso's work of the late 1920s but it was not until the move to Boisegeloup that her physical presence was powerfully acknowledged. Awake or asleep, writing or reading, Marie-Thérèse appears in manifold guises in Picasso's œuvre of the 1930s, often transformed through the power of the artist's dazzling imagination. Deeply struck by the sensual physicality and youthful exuberance of the girl, in many of the works inspired by Picasso's young mistress, the artist's emphasis is on her sensuality and fecundity. The present work imparts a quiet and more tender, poetic mood, allowing the sitter a greater degree of self-possession. As Robert Rosenblum notes, whilst Picasso 'more often becomes her ecstatic voyeur... at times her master seems to worship humbly at her shrine, capturing a fixed, confrontational stare of almost supernatural power' (Robert Rosenblum 'Picasso's Blonde Muse: The Reign of Marie-Thérèse Walter' in William Rubin (ed.), Picasso and Portraiture: Representation and Transformation, catalogue d'exposition, Museum of Modern Art, New York, 1996, p. 342).

 

A fluid and deeply personal work, Tête de femme depicts the unmistakable silhouette of Marie-Thérèse with her easily recognisable shock of hair and personal code of profiled lips. A seemingly spontaneous depiction, Picasso's virtuosity is evident in his handling of tone and line, the chiaroscuro of the crescents, ovals and circles which shape Marie-Thérèse's body. Picasso's composition reflects the intimacy he shared with Marie-Thérèse; it is a close-up view that allows her figure to fill the frame. The artist himself may also be cryptically present in the diamond harlequin pattern seen here to almost brand the left side of Marie-Thérèse's body. As Rosenblum explains: 'Picasso is observing and guarding his female possession... as so often in his work, the diamond harlequin pattern can become a coded symbol of the artist's own presence, his alter ego, a heraldic field that proclaims his territory' (Ibid., p. 359). Marie-Thérèse was not merely a model, but a muse and Tête de femme belongs to the series of portraits Picasso painted of her during the early 1930s which visually declare his love.

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