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PROVENANT DE LA COLLECTION GEORGIA ET GEORGE BLAINE

Man Ray
JULIET PORTANT UNE COIFFE NAVAJO (JULIET WITH NAVAJO HEADDRESS)
JUMP TO LOT
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PROVENANT DE LA COLLECTION GEORGIA ET GEORGE BLAINE

Man Ray
JULIET PORTANT UNE COIFFE NAVAJO (JULIET WITH NAVAJO HEADDRESS)
JUMP TO LOT

Details & Cataloguing

Impressionist & Modern Art

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Paris

Man Ray
1890 - 1976
JULIET PORTANT UNE COIFFE NAVAJO (JULIET WITH NAVAJO HEADDRESS)
signé Man Ray (en bas à droite)
photographie : tirage gélatino-argentique
24,8 x 19,6 cm
9 3/4 x 7 5/8 in.
Exécuté au début des années 1940, Juliet est ici photographiée portant une coiffe d'Amérindien Navajo.
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Provenance

Georgia et George Blaine, Hollywood (offert par l'artiste)

Literature

Neil Baldwin, Man Ray, American Artist, New York, 1988, une épreuve dans la Collection du Getty Center à Los Angeles reproduite p. 251
Giorgio Marconi, i 50 volti di Juliet, Milan, 1981, une épreuve légèrement moins coupée reproduite; une épreuve unique coloriée à la main reproduite

Catalogue Note

signed 'Man Ray' (lower right), photograph: gelatin silver print. Executed in the early 1940s, Juliet is photographed wearing a Native American Indian Navajo headdress.

La Collection Georgia et George Blaine - Tableaux et photographies de Man Ray

Les Années Hollywood

Man Ray a demeuré près de dix ans à Hollywood, de 1940 à 1951. Elevé à Brooklyn par des parents d'origine russe, l'artiste Dada,  réinventeur de son propre nom,  se retrouve à Paris en 1921. Profondément  impliqué dans la  mouvance surréaliste,  l'artiste se réfugie durant la Seconde Guerre mondiale aux Etats-Unis et choisit de vivre à Hollywood  qui offre alors un cadre de vie idyllique et paisible. Il y fait la connaissance de nombreux nouveaux amis et tombe sous le charme de Juliet Browner, une jeune et jolie danseuse new yorkaise, élève de Martha Graham, qu'il finit par épouser. L'artiste traverse alors une période des plus fécondes et retourne avec ardeur à la peinture et la fabrication d'objets après plus d'une décennie consacrée à la photographie de mode.

Au début des années 40, peu après son arrivée à Los Angeles, après un trajet en voiture aux côtés d'Harry Kantor, une connaissance familiale, les deux hommes décident de passer une agréable soirée en ville en compagnie de deux jeunes femmes, fraîchement arrivées de New York, Georgia et sa meilleure amie, Juliet Browner. Dans son autobiographie, Man Ray décrit son premier jour à Hollywood 

"Le matin, Harry a téléphoné à une fille qu'il avait connue à New York, qui séjournait chez une amie et qui lui avait dit que nous dînerions tous ensemble le soir même... j'ai  exploré la ville dans ses moindres recoins. Cet endroit m'était familier, à l'image de ceux que j'avais connus dans le Sud de la France avec ses rues bordées de palmiers et ses habitations en stuc. Un peu plus coquet, moins labyrinthique, mais avec le même soleil radieux. Georgia Kapatos, d'extraction grecque, était styliste, originaire de New York et familière avec le monde de l'art. Son invitée, Juliet, aux traits de faunesse et aux yeux de biche, faisait également partie de certains cercles d'art, elle connaissait ma peinture. J'en étais fort flatté. Après le dîner, nous sommes allés dans une boîte de nuit où se jouaient les meilleurs morceaux de jazz du moment. Nous avons dansé. Svelte et élancée, Juliet était comme une plume dans mes bras, elle étudiait la danse moderne avec Martha Graham."  (Autoportrait, 1988, p. 262)

Ebloui par Juliet et sa beauté moderne saisissante, Man Ray en fait rapidement sa muse et peu après sa femme. Il la photographie et représente à maintes reprises, laissant à la postérité une foule d'images mémorables de Juliet. Georgia, elle aussi fut immortalisée par l'appareil de Man Ray, ses photographies les plus fameuses étant la série la représentant ornée d'une coiffe sertie de pierres précieuses. Au cours des années 40, les Blaine et Man Ray deviennent inséparables. le couple fait l'acquisition d'une collection significative d'œuvres de Man Ray, toutes de la période de Hollywood, comprenant un certain nombre de peintures, aquarelles, photographies de Juliet et Georgia, ainsi que des jeux d'échecs et des publications d'édition de luxe; Leur œuvre maîtresse était la peinture Les Beaux Temps (lot 7) de 1941.

La collection des Blaine a été conservée à la même adresse, à Hollywood, à quelques pas du studio de Man Ray sur Vine Street, jusqu'à la mort de George en début d'année (2010). Aucune de ces œuvres n'a été présentée au public (à l'exception des Beaux Temps exposé en 1944), ni même répertoriée. La charmante maison sur les collines de Hollywood où vécu le couple avec son contenu artistique est comme un "écrin au sein duquel le temps s'est arrêté".

Andrew Strauss (Octobre 2010)

 

The Georgia and George Blaine Collection of works by Man Ray

The Hollywood Years

It may come as no surprise to learn that Man Ray spent over ten years of his life in Hollywood, from 1940 to 1951. Raised in Brooklyn by Russian parents, the Dada artist, who re-invented his own name, had ended up in Paris by 1921, deeply involved in Surrealism, but finding himself a refugee in the US during the Second World War. He chose to live in Hollywood and there that he found an idyllic and peaceful lifestyle, made many new friends and fell in love and married Juliet Browner, a dancer from New York who had studied with Martha Graham. It was a productive period for Man Ray with an intense return to painting and object-making after more than a decade of fashion and society photography.

A day after Man Ray's arrival in Los Angeles in late 1940 by car, sharing the driving with a family acquaintance, Harry Kantor, the two men arranged to meet two young ladies recently arrived from New York for an enjoyable evening out on the town. One was called Georgia Blaine and the other was her childhood friend Juliet Browner. In Man Ray's autobiography, he describes his first day in Hollywood:

"In the morning Harry phoned a girl whom he had known in New York, now staying with a friend, and told me we'd all have dinner together that evening... I explored the town. It was like some place in the South of France with its palm-bordered streets and low stucco dwellings. Somewhat more prim, less rambling, but the same radiant sunshine. Georgia (Kapatos), of Greek extraction, was a dress designer, originally from New York and familiar with the art world. Her guest, Juliet, with faun-like features and slanted eyes also had something exotic about her; she had moved in art circles, she knew about me and my painting. I was highly flattered. After dinner we went to a night club where some of the best jazz of the period was being played. We danced. Juliet was like a feather in my arms, she studied modern dancing with Martha Graham." (Self Portrait, 1988, p. 262)

Man Ray was smitten by Juliet and her strikingly modern beauty, she soon became his muse companion and wife. He photographed and painted her countless times, leaving behind a legacy of memorable images of her. Georgia, too, was photographed by Man Ray and the most memorable sitting was the series he made of her wearing a jewelled headdress (fig. 1). Throughout the 1940s, the Blaine's and Man Ray's became inseparable friends. The Blaine's acquired a collection of works by Man Ray, all from the Hollywood period and their prize possession was the highly important painting of 1941 Les Beaux Temps (lot 7), predicting and depicting the Second World War.

The collection had been housed at the same address in Hollywood, only a short distance from Man Ray's Vine Street apartment, until George's passing earlier this year. No work had ever been seen in public (with the exception of Les Beaux Temps in an exhibition in 1944) or barely documented previously; the charming house where George and Georgia lived in the hills of Hollywood, together with its artistic content became a time capsule.

Andrew Strauss (October 2010)

Impressionist & Modern Art

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Paris