4
4

PROVENANT DE LA COLLECTION ANDRÉ LEVEL

Pablo Picasso
LE REPOS DU SCULPTEUR
Estimate
400,000600,000
LOT SOLD. 3,760,750 EUR
JUMP TO LOT
4

PROVENANT DE LA COLLECTION ANDRÉ LEVEL

Pablo Picasso
LE REPOS DU SCULPTEUR
Estimate
400,000600,000
LOT SOLD. 3,760,750 EUR
JUMP TO LOT

Details & Cataloguing

Impressionist and Modern Art

|
Paris

Pablo Picasso
1881-1973
LE REPOS DU SCULPTEUR
signé Picasso (en bas au milieu) et daté Boisgeloup, 7 avril XXXIII (en haut à gauche)

encre et lavis sur papier


22,6 x 28,7 cm
8 7/8 x 11 1/4 in.
Exécuté à Boisgeloup le 7 avril 1933.
Read Condition Report Read Condition Report

L'authenticité de cette œuvre a été confirmée par Claude Picasso.
L'authenticité de cette œuvre a été confirmée par Maya Widmaier Picasso.

Catalogue Note

signed 'Picasso' (lower centre) and dated 'Boisgeloup, 7 avril XXXIII' (upper left), ink and wash on paper. Executed in Boisgeloup on 7th April 1933.

Cet extraordinaire lavis représentant le sculpteur face à sa sculpture, la célèbre Tête de femme (fig. 1) sculptée par Picasso en 1931, est l'une des images les plus marquantes des années Boisgeloup de Pablo Picasso. C'est dans ce château, acquis en 1930 par l'artiste où il conçut d'installer un atelier de sculpture, "que fut créée l'extraordinaire production de 1931-1934 avec les têtes et les bustes de Marie-Thérèse, et le foisonnement des sculptures-assemblages qui en font l'une des périodes créatrices majeures, non seulement de Picasso sculpteur, mais de toute l'œuvre, la plupart des grandes peintures lyriques de Marie-Thérèse ayant également été réalisées à Boisgeloup" (Pierre Daix).

La date précise de l'œuvre, Boisgeloup 7 avril 1933, permet d'en rapprocher l'exécution de la partie centrale de la fameuse  Suite Vollard, composée d'une trentaine de planches datées entre le 15 mars et le 7 avril  et rassemblée sous le titre "Le Repos du sculpteur". Ces gravures montrent également le sculpteur, barbu à l'antique, contemplant dans un intérieur une sculpture immédiatement identifiable à Marie-Thérèse Walter, muse et maîtresse de l'artiste. Le sculpteur et son œuvre s'y perdent dans un état d'admiration mutuelle. "Ce sont les gravures les plus nourries de bonheur et d'invention sensuelle, d'une grâce et d'une élégance des plus accomplies dans la virtuosité sans pareille dont Picasso peut être capable" (Pierre Daix).

La nouvelle passion de Picasso pour la sculpture à partir de 1928 est indissociable de l'arrivée de Marie-Thérèse Walter dans la vie de l'artiste. Ainsi, l'acquisition du château de Boisgeloup en 1930 avait une double finalité. Picasso d'abord avait été séduit par le nombre et la dimensions des communs du château - et notamment les salles d'écurie - et projeta très vite de pouvoir enfin y installer un atelier de sculpture (fig. 2). Mais la situation du château, dans l'Eure, à une distance intéressante de Paris, lui permettait d'y passer le plus de temps possible avec Marie-Thérèse, loin de la jalousie orageuse de sa femme Olga. Les séjours passés avec Marie-Thérèse à Boisgeloup permettront à l'artiste de parvenir au comble du lyrisme dans tous les domaines de sa production artistique. Jamais Picasso n'avait pareillement chanté une femme.

Par son réseau complexe de références internes à d'autres œuvres de Picasso, ce dessin du Repos du sculpteur témoigne du dialogue époustouflant que l'artiste était parvenu à établir entre la peinture, la sculpture et la gravure. Les gravures pour la Suite Vollard auxquelles Picasso travaillait depuis 1930 ainsi que les eaux-fortes pour l'illustration du Chef-d'œuvre inconnu de Balzac en 1931 lui permirent d'atteindre un degré de virtuosité nouveau dans les contrastes de noir et blanc, ici exaltés par la technique particulière du lavis d'encre de Chine. La lumière nocturne de notre dessin suggère une calme pénombre comme sous les lueurs de la lune. La source lumineuse qui éclaire le bras et le visage du sculpteur et vient frapper l'arête nasale de la Tête sculptée, se trouve hors champ, dans le coin inférieur gauche de la composition, comme posée sur le sol, confirmant ainsi la description inoubliable que Brassaï a donnée de sa visite de l'atelier de Boisgeloup : "Drôle de château : la plupart des pièces vides de meubles, ça et là, seulement sur les murs nus quelques grands Picasso [...] "Il y a trop de sculptures à photographier et la nuit tombera tôt" dit-il, nous entraînant dans une enfilade d'étables, d'écuries et de granges en face de la maison [...] Je m'attaquai aux sculptures et travaillai sans désemparer tout l'après-midi. A peine avais-je terminé, la nuit tomba. Picasso alluma une grosse lampe à pétrole. Chose bizarre, il n'y avait pas d'électricité dans les communs. La lampe à pétrole, posée à même la terre battue, projetait des ombres fantastiques autour de ces blanches statues. Pour terminer, je pris une photo de leur groupe sous cet éclairage" (Brassaï, Conversations avec Picasso, Paris, 1964, pp. 28-30).

Picasso passera l'été 1933 à Cannes, en compagnie de sa femme Olga et de leur fils Paulo. Marie-Thérèse restera à Biarritz mais sa présence continuera d'irradier d'admirables aquarelles, toujours sur le thème du "Repos du sculpteur" (fig. 5), toujours sous la  lumière fantastique de Boisgeloup mais remplaçant les murs sombres du château par des ogives ouvertes sur la Méditerranée.    

 

This remarkable ink and wash drawing depicting the artist examining his famous 1931 sculpture, the 'Tête de femme' (fig 1) is one of the most striking images from Picasso's Boisgeloup years.  It was in this mansion, purchased by the artist in 1930 with a view to building a sculpture workshop, 'that the extraordinary output from 1931 to 1934 was produced, with the heads and busts of Marie-Thérèse, and the abundance of assemblage-sculptures that made this one of Picasso's most productive periods not only as a sculptor but in every medium, as most of the great lyrical paintings of Marie-Thérèse were also executed at Boisgeloup' (Pierre Daix).

The precise date and place of execution of Le Repos du sculpteur, 7th April 1933 in Boisgeloup, situates it at the time of the main section of the famous Vollard Suite, composed of around 30 illustrated plates dated between 15th March and 7th April and grouped under the title 'Le Repos du sculpteur'.  These prints also show the sculptor, sporting an old fashioned beard, contemplating a sculpture immediately identifiable as the artist's muse and mistress, Marie-Thérèse Walter.  The sculptor and his creation are both lost in a state of mutual admiration.  "These are the most resplendently joyful and sensually innovative prints, with an accomplished and refined grace, and a virtuosity which is unparalleled in Picasso's work" (Pierre Daix).

Picasso's new found passion for sculpture which was ignited in 1928 is inextricably linked to Marie-Thérèse Walter's arrival in the artist's life.  In this respect, his acquisition of the Boisgeloup property in 1930 had a dual function.  Picasso had been seduced by the property's numerous and spacious servants quarters, in particular the stables, and very quickly drew up plans to convert them into a sculpture workshop.  The mansion's location far from Paris in the Eure region of France allowed him to spend as much time as possible with Marie-Thérèse, hidden from the jealous gaze of his wife Olga.  The time he spent at Boisgeloup with his mistress allowed the artist to attain an unprecedented degree of lyricism in all areas of his artistic production. Never before had Picasso elegised a woman in such a manner.

Through its complex network of internal references to other works by Picasso, this drawing of the Repos du sculpteur serves as a testimony to the incredible dialogue the artist had established between painting, sculpting and print-making.  The Vollard Suite prints, on which the artist worked tirelessly from 1930 onwards, as well as his prints illustrating Balzac's Chef-d'œuvre inconnu in 1931, allowed Picasso to achieve new levels of brilliance in black and white contrasts, here heightened by the particularities of the medium of Indian ink and wash.  The nocturnal light which dominates our drawing suggests a tranquil twilight under a glimmering moon.  The radiant source of light which illuminates the sculptor's arms and face and hits the Tête sculptée on the ridge of her nose, is situated just outside the frame, in the left hand corner of the composition, seemingly coming from the ground, confirming Brassaï's unforgettable description of his visit to the Boisgeloup studio: "It's a funny old castle: the majority of the rooms are unfurnished, the walls are bare save for a few large works by Picasso ... "There are too many sculptures to photograph and the night falls too early" he said, leading us to a row of cowsheds, stables and outhouses opposite the house [...] I got stuck into the sculptures and worked without a break all afternoon.  I had barely finished when night fell.  Picasso lit a large oil lamp.  Oddly enough, there was no electricity in the outhouses. The oil lamp, placed directly on the rough earth, projected fantastic shadows around the white statues.  To finish off, I took a photo of the group in this light" (Brassaï, Conversations avec Picasso, Paris, 1964, pp. 28-30).

Picasso spent the summer of 1933 in Cannes with his wife Olga and their son Paulo.  Marie-Thérèse stayed in Biarritz but her presence continued to illuminate the magnificent watercolours the artist carried on painting on the theme of the "Repos du sculpteur" (fig. 5). These works are still bathed in the fantastic light of Boisgeloup, but the sombre walls of the castle are replaced with the open archways of the Mediterranean.

Impressionist and Modern Art

|
Paris