Lot 66
  • 66

Breton, André

Estimate
5,000 - 7,000 EUR
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Description

  • Breton, André
  • Interviews par André Parinaud.Deux manuscrits autographes signés.[1951 et 1952].
7 pp. in-4 (270 x 210 mm) à l'encre bleue avec une dizaine de corrections, et noire avec une correction. Au verso du dernier feuillet, esquisse d'un visage de femme. Marges légèrement effrangées et salies.



pièces jointes :
- 2 lettres autographes signées à André Parinaud. Paris le 19 février 1955 et Paris le 6 février 1956. 2 pp. in-4 à l'encre sur papier à en-tête de la revue Medium (280 x 210 mm), et une page in-4 à l'encre sur papier pelure (268 x 210 mm). Breton reproche à la revue Arts de trop s'intéresser aux gestes de Cocteau et Montherlant et de n'avoir pas assez rendu compte des parutions et des expositions surréalistes.
- Dactylographie avec 3 corrections manuscrites des questions d'André Parinaud à Breton sur l'art et la science (2 pp. in-4 sur papier ocre).

Literature

André Breton. Oeuvres complètes, t.III (éd. de la Pleiade).

Condition

Marges légèrement effrangées et salies.
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Catalogue Note

- Interrogé par André Parinaud sur l'avenir du surréalisme, André Breton se montre plutôt pesssimiste, expliquant pourquoi il n'y  a plus de revue surréaliste, jugeant que la liberté d''expression est malheureusement limitée, notamment du fait de la conjecture internationale et des mensonges idéologiques qu'ils viennent de l'Est ou de l'Ouest... « je pense que le temps de la "résistance" qui devait accroître démesurément l'audience poétique, est loin d'avoir réalisé le fameux "passage" hégélien "de la quantité à la qualité". [...] l'essentiel, pour le surréalisme, serait de pouvoir s'exprimer régulièremnt, d'une manière globale. Ses incursions dans les différents domaines seraient ainsi rendues plus sensibles. Nous en sommes arbitrairement réduits à morceler notre point de vue et, au fur et à mesure des occasions, à le détailler facette par facette. ».

-- Répondant à 6 autres questions de Parinaud sur les rapports entre la science et l'art, Breton n'imagine pas un rapprochement possible, malgré certains ponts créés par des penseurs comme Bachelard ou l'apport indéniable de la psychanalyse.
« Je ne vois pas pourquoi, de sitôt, la science et l'art cesseraient de se regarder en chiens de faïence. Du train où la civilisation est allée, dans une direction qu'après Rousseau et Fourier je tiens pour non nécessaire et  même totalement aberrante, je ne vois pas comment pourraient converger les deux routes labyrinthiques de la science et de l'art. »
Citant la plupart des artistes surréalistes, de Chirico à Brauner et de Duchamp à Dorothéa Tanning, Breton liste leurs différentes sources d'inspiration et leurs références, très éloignées des précoccupations ou des découvertes scientifiques, et nie que ces dernières aient pu les influencer.
« Ce qu'en particulier ont voulu les surréalistes, c'est bien moins créer la beauté que s'exprimer librement, et ainsi chacun exprimer soi-même. [...] Les seules ciences dont les révélations peuvent etre d'un grand prix pour les artistes sont les ciences psychologiques. [...] Le tour de l'intérêt que les poétes et l'artiste ont lieu de porter aux sciences psychologiques me paraît pouvoir se boucler  sur ce qui, dans la métapsychique, concerne spécialement la cryptesthésie et l'activité médianimique. C'est seulement dans ces diverses directions que l'art peut attendre de la science des nouvelles révélations susceptibles d'influer sur lui dans l'avenir. ».

-- Paris, le 19 février 1955. Breton décline avec une certaine acrimonie une proposition d'article faite par André Parinaud, expliquant que s'il apprécie, lui, il sent peu d'affinités entre ses idées et la ligne de l'hedbomadaire Arts : « se tenir à l'affût des moindres gestes de MM. Cocteau et Montherlant et faire alterner d'un numéro à l'autre leurs boniments de charlatan, s'attaquer nommément à qui, dans le domaine des écrits sur l'art, tient de nos jours la position la plus désintéressée et la plus ardente, vous conviendrez qu'il n'y a pas de quoi m'exalter ». Il relève qu'Arts n'a jamais parlé de Médium[qui à cette date d'ailleurs avait cessé de paraître après seulement 4 numéros] , que les comptes rendus d'expositions à l'Etoile Scellée sont confiés à une incompétente, et que le journal occupe le grand poète Alain Jouffroy à recueilliir les boutades surannées mais malfaisantes du même Cocteau.
-- Paris le 6 février 1956. Il souhaite annuler un rendez-vous convenu avec une collaboratrice d'Arts, soulignant qu'il n'a aucune intention de parler de son anniversaire [le 19 février suivant, Breton avait 60 ans] et demandant à Parinaud son ouvrage sur Minou Drouet [L'Affaire Minou Drouet paru chez Juillard].