Lot 65
  • 65

Brasillach, Robert

Estimate
2,000 - 3,000 EUR
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Description

  • Brasillach, Robert
  • 5 lettres autographes signées « Robert », à des amis, Noël et Yvonne B.[Prison de Fresnes], 14 novembre 1944 - 29 janvier 1945.
8 pp. in-12 ou in-8 (de dimensions variables), à l'encre noire sur feuillets simples.

Catalogue Note

S'étant constitué prisonnier après l'arrestation de sa mère en septembre 1944, Brasillach passa quatre mois en prison avant d'être condamné à mort pour intelligence avec l'ennemi.
En novembre, Brasillach attend toujours la date de son procès, tout en déniant à ses accusateurs le droit de le juger. S'il avoue presque de la sympathie pour les jurés : « pauvres bougres communistes honnêtement persuadés que j'ai fait brûler leurs maisons et torturer les leurs », il qualifie la société qui l'entoure d'amas d'immondices.
Il parle de Georges Suarez, premier journaliste condamné à mort (le 9 novembre 1944) et le compare à François Suleau, pamphlétaire massacré par la foule en 1792, mais aussi de Maurice Bardèche (arrêté, lui, sera relâché), comme de Paul Claudel qui a écrit une lettre inutile mais gentille disant du bien des critiques littéraires de Brasillach.
Mais ce sont surtout les signes d'amitié qu'on lui témoigne qui le touchent : « l'amitié vaincra. Vive le drapeau noir ».
Le 29 janvier, jour de son procès, il parle de ce soutien comme du dernier trésor de la vie : « Outre que cela a embelli mes semaines de prison, il reste l'avenir inconnaissable, auquel je crois [...] je vais très bien, je dors, je n'ai pas froid. j'écris même un peu. Naturellement, il est inutile de diffuser pour l'instant le poème sur les juges ».
Huit jours plus tard, malgré la demande de grâce demandée au général de Gaulle par certains intellectuels, Brasillach était exécuté.