Lot 24
  • 24

[Vauban, Sébastien Le Prestre de]

Estimate
60,000 - 90,000 EUR
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Description

  • [Vauban, Sébastien Le Prestre de]
  • Projet d'une dixme royale[Rouen], 1707.
  • paper
édition originale. In-4 (251 x 190 mm) de (4) ff., 204 pp., (19) pp. pour l'index, (1) p. d'errata, un tableau dépliant.



reliure de l'époque. Veau fauve, dos à nerfs orné de fleurs de lys, pièce de titre maroquin rouge, triple filet à froid encadrant les plats, roulette dorée sur les coupes, tranches marbrées.

Provenance

Henri de Lassize (cat. II, 1867, n° 1288).

Literature

En français dans le texte, BN, 1990, n° 134. -- Schumpeter, Histoire de l'analyse économique I, 1983, pp. 287-288 : « Un des travaux remarquables dans le domaine des finances publiques, inégalé avant ou après dans la clarté et la force de l'argument (...). Jamais personne ne comprit mieux la véritable relation entre les faits et l'argumentation. C'est ce qui fait de lui un classique de l'économie. » -- Quentin, Fleurons de la Bodmeriana, 2005, n° 44.

Condition

reliure restaurée, charnières fragiles.
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Catalogue Note

Imprimée furtivement à quelque trois cents exemplaires hors commerce, sans nom d'auteur, la Dîme royale fut condamnée à la destruction par le Conseil privé du roi Louis XIV le 14 février 1707.
Les finances étant du domaine réservé de la monarchie, l'ouvrage ne manqua pas de faire grand bruit à Paris et à la Cour. Le maréchal de Vauban avait pris le risque de faire circuler son projet de réforme en usant de tout son crédit de grand serviteur de l'Etat. Sa disgrâce et sa mort, le 30 mars, dénouèrent la crise.

Au déclin du grand règne, le maréchal formule un programme trop en avance sur son temps et préconise une dîme proportionnelle aux revenus qui viendrait se substituer aux autres impôts, frappant toutes les classes confondues. Le Projet ruinait le pouvoir des privilégiés et des financiers. « La robe entière en rugit pour son intérêt », écrit Saint-Simon. L'ouvrage révèle le démographe, l'ingénieur, le statisticien, l'agronome. Il évalue la population du royaume à dix-neuf millions de sujets (la sous-estimant de dix pour cent seulement), quand on pourrait en nourrir aisément vingt-et-un millions, juge-t-il.

Exceptionnel exemplaire de Vauban lui-même comportant quatre pages de notes autographes jugées alors bien trop hardies pour être publiées.
Les armes gravées de l'auteur sont collées sur le titre, et en guise de bandeaux et culs-de-lampe pour chaque chapitre. Les quatre pages de notes et corrections sont intercalées entre les pages 170 et 171 ; les pages 171 à 174 étant elles-mêmes raturées par endroits.
On citera ce passage qui donne le ton : « Il faut distinguer deux sortes de nobles : les uns qui le sont par le mérite et les services que leurs ancêtres ont rendus à l'État, ou qu'ils ont rendu et rendent encore eux-mêmes ; les autres pour avoir acheté la noblesse par argent. Les uns sont utiles à l'État, parce qu'ils le soutiennent et lui font honneur, au lieu que les autres lui sont à charge, comme il a été montré au commencement de ce traité. Ainsi, ce qui va être dit regarde la véritable noblesse, dont il serait bon de faire un catalogue dans chaque province, et même dans chaque généralité, pour ne pas s'y méprendre. »

Ce précieux exemplaire est cité par Brunet (Supplément II, 848). On avait perdu sa trace depuis la vente Henri de Lassize (Cat. II, 1867, n° 1288). La collection de ce bibliophile éminent offrait une réunion incomparable de livres précieux consacrés à l'histoire des idées et à l'économie politique. Rousseurs, reliure restaurée, charnières fragiles.