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[Apollinaire, Guillaume]
Description
- [Apollinaire, Guillaume]
- liber amicorum de Marguerite Constant de Stavelot, contenant 2 poèmes autographes d'Apollinaire .[1899].
Les deux acrostiches d'Apollinaire, ayant pour thème les promesses du mariage sont non datés : le premier titré « antoinemarguerite » à l'encre noire ; le second « marguerite » à l'encre violette avec le paraphe «GA» accompagné d'une petite figure circulaire. Les deux poèmes ne se suivent pas et ont donc été écrits à deux moments différents.
Ce carnet contient également 6 autres poèmes copiés par les amies de Marguerite Constant et sont datés «22/07/1897», «30/07/98», «02/02/1898» et «18 août 1898».
Provenance
Literature
Catherine Righi et Patrice Lefebvre. "Sur deux textes retrouvés", in « Mémoires des Hautes Ardennes », n° 94. Décembre 2006. -- Christian Fettweis, Apollinaire en Ardenne, 1934. -- Maurice Piron. Guillaume Apollinaire et l'Ardenne, 1975, p. 47.
Catalogue Note
A l'été 1899, Albert et Wilhelm de Kostrowitzky, âgés de 17 et 19 ans, séjournent à Stavelot (Ardennes belges) dans la pension tenue par M. et Mme Joseph Constant, où les a laissés leur mère alors à Spa tentant de faire fortune au casino. Les deux frères désargentés sont forcés de s'enfuir dans la nuit du 4 au 5 octobre en laissant derrière eux papiers et brouillons.
Apollinaire y a également laissé, mais en guise de cadeau de mariage, les deux poèmes de ce liber amicorum dédiés aux jeunes fiancés Marguerite Constant, fille des propriétaires, née à Stavelot le 20 juillet 1876, et son fiancé Antoine Choque, instituteur, né à Nassogne le 8 novembre 1876. Le manque à gagner dû au non paiement de l'hébergement des frères Kostrowitzky força les jeunes fiancés à repousser leur mariage de quelques mois. Il aura lieu le 29 août 1900.
Si l'existence de ce carnet était connue des spécialistes d'Apollinaire, peu nombreux étaient ceux à l'avoir eu en main, comme Christian Fettweis. Ce dernier relate sa rencontre en 1934 à Stavelot avec un instituteur (certainement le "jeune marié") qui lui montra « d'une main jalouse, un album contenant des pièces autographes où Apollinaire avait tracé à côté de sa signature un signe bizarre en manière de svastika » (cf. Apollinaire en Ardennes). Après la deuxième guerre mondiale, Robert Goffin apprend que la famille Constant détient encore « un autographe d'Apollinaire dans un petit carnet noir », mais le frère de Marguerite refuse de le lui montrer.
L'on sait qu'Apollinaire possèdait un autre carnet, appelé Cahier de Stavelot, dont il se servit de 1898 à 1900, entièrement consacré à Stavelot, contenant des poèmes et des textes en wallon. Jacqueline Apollinaire le céda à la Bibliothèque nationale de France en 1993. On y retrouve les deux poèmes du liber amicorum, avec une variante : le premier mot du poème intitulé "Antoine Marguerite" débute par "Au », compte tenu de la contrainte de l'acrostiche débutant par le prénom « Antoine », alors qu'il débute par "Un" dans le Cahier Stavelot.