Lot 181
  • 181

[Musée Napoléon]

Estimate
600 - 700 EUR
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Description

  • [Musée Napoléon]
  • Ensemble 2 catalogues du Musée Napoléon [avec :]Le Traité de Tolentino.[1802-1807].
Cet ensemble comprend :
Notice des statues, bustes et bas-reliefs de la Galerie des Antiques du Musée Napoléon... Paris, An XI [1802-1803]. In-16 (160 x 101 mm), broché, dos usé et premier de la couverture avec manque.
Statues, bustes, bas-reliefs, bronzes, et autres antiquités ... conquis par la Grande Armée dans les années 1806 et 1807, dont l'exposition a eu lieu le 14 octobre 1807, premier anniversaire de la Bataille d'Iena.. Paris, Dubray, 1807. In-16 (162 x 100 mm), broché, dos usé et premier de la couverture avec manque.
avec
Traité de Tolentino : « Traité de paix entre le Pape et la République Française...Fait et signé au Quartier Général de Tolentino...le premier ventôse an cinquième de la République une & indivisible, 19 février 1797 (v.s.) », 4 pages in-4 imprimées.
Ce traité se réfère plusieurs fois au « Traité d'armistice signé à Bologne...le 5 messidor an 4 ».[23 juin 1796.] Le pape renonce à la possession d'Avignon et du Comtat Venaissin, et paiera à la France des sommes importantes. L'article 13 est ainsi rédigé : « L'article 8 du Traité d'Armistice, signé à Bologne, concernant les Manuscripts, & objets d'Art, aura son exécution entière à la plus prompte possible. ».
Le traité est signé, pour la République, par « le général en chef Bonaparte commandant l'armée d'Italie, le C. Cacault Agent de la République Française en Italie » et, pour le pape, par le Card. Mattei, Mr. Caleppi, le duc Braschi et le marquis Massimi.

Literature

Le Bulletin du Bibliophile, n° 2 de 1989 a publié deux articles sur ce sujet : Anthony Hobson  "Appropriations from foreign libraries during the French Revolution and Empire" -- Marie-Pierre Laffitte "La Bibliothèque Nationale et les « conquêtes artistiques » de la Révolution et de l'Empire : les manuscrits d'Italie (1796-1815)".

Condition

- Notice des statues, bustes et bas-reliefs : broché, dos usé et premier plat de la couverture avec manque. - Statues, bustes, bas-reliefs, bronzes : broché, dos usé et premier plat de la couverture avec manque.
"In response to your inquiry, we are pleased to provide you with a general report of the condition of the property described above. Since we are not professional conservators or restorers, we urge you to consult with a restorer or conservator of your choice who will be better able to provide a detailed, professional report. Prospective buyers should inspect each lot to satisfy themselves as to condition and must understand that any statement made by Sotheby's is merely a subjective, qualified opinion. Prospective buyers should also refer to any Important Notices regarding this sale, which are printed in the Sale Catalogue.
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Catalogue Note

Catalogues publiés pour marquer les anniversaires du coup d'état du 18 brumaire an VIII (9 novembre 1799) et de la bataille d'Iena (14 octobre 1806). 
L'avis placé en tête du premier catalogue nous informe que « la majeure partie des statues exposées dans la Galerie des Antiques est le fruit des conquêtes de l'armée d'Italie. Conformément au traité de Tolentino (19 février 1797) elles ont été choisies au Capitole et au Vatican par les citoyens Berthélemy, Bertholet, Moitte, Monge, Thouin et Tinet... »  Figurent ici 223 n° provenant non seulement du Capitole et du Vatican, mais aussi de la villa Albani, de l'Académie de Mantoue et de quelques collections françaises (Versailles, chateaux d'Ecouen et de Richelieu, Garde-Meubles de la Couronne). Parmi tous les antiques exposés on remarque le Torse du Belvédère (n° 107), Laocoon (n° 111), la Venus de Medicis (n° 123), le Tireur d'épine (n° 128), l'Apollon du Belvédère (n° 137) etc...

Le catalogue des conquêtes d'Italie n'est composé que de sculptures ; celui de la Grande Armée, 710 numéros (2e catalogue ci-dessus) sont diverses : 1-80 bis sculptures en marbre ; 81-226 bronzes ; 227-282 divers ; 283-650 tableaux ; 651-683 dessins ; 684-710 camées, vases divers. Les provenances ne sont pas indiquées sauf si elles sont italiennes (villa Mattei n° 73 ; Capitole n° 80 ; Jardins de l'Esquilin n° 277). Au n° 274, manuscrit scandinave de l'Edda, est ajoutée une note : « S.M. l'Empereur et Roi a fait cadeau à la Bibliothèque Impériale de 242 manuscrits précieux, écrits en différentes langues anciennes et modernes, et de 80 monuments typographiques du quinzième siècle, extrêmement rares, parmi lesquels un exemplaire des fables de Bonner, qui est unique ; le tout recueilli, comme le ms. de l'Edda, dans les pays conquis pendant la glorieuse campagne qu'il vient de terminer avec la paix du Continent. » Dans le mélange des derniers numéros, il faut remarquer le 708 : « collection de 1200 (sic) mayolica ou vases de faience exécutés en Italie, à Faenza, dans le quinzième siècle... »

Le Bulletin du Bibliophile, n° 2 de 1989 a publié deux articles sur ces rapines : de Anthony Hobson. Appropriations from foreign libraries during the French Revolution and Empire ; et de Marie-Pierre Laffitte.  La Bibliothèque Nationale et les « conquêtes artistiques » de la Révolution et de l'Empire : les manuscrits d'Italie (1796-1815). Il en ressort que le Traité de Tolentino reprend mot pour mot la convention d'armistice de Bologne en ce qui concerne les livres, manuscrits et objets d'art ;que les commissaires français ne purent véritablement remplir leur mission qu'après l'entrée des troupes à Rome le 10 février 1798. La politique révolutionnaire voulait ouvrir les connaissances à tous et se justifiait par le fait que la Bibliothèque Nationale était alors ouverte quatre heures par jour au contraire des monastères ou églises, et de « la Bibliothèque du Vatican qui était pratiquement fermée aux lecteurs sous le règne de l'unspeakable Mgr Reggi. Ces deux auteurs relatent de nombreuses confiscations au cours des siècles précédents montrant que le pillage était, de tous temps, lié aux conquêtes. – Cf. aussi Marino Zorzi. Les saisies napoléoniennes en Italie (in Le Livre voyageur). Constitution et dissémination des collections livresques dans l'Europe moderne (1450 – 1830). Paris, Klincksieck, 2000.-  Nous extrayons de Fumaroli. Chateaubriand (2003, p. 429) : « L'allégorie morale des Martyrs déplace le sens de cette accumulation d'œuvres d'art et celui du Louvre de Vivant-Denon tout entier, substitué au palais des rois de France. L'Europe est invitée à regarder le Musée Napoléon comme le suprême argument en faveur de la Révolution et de l'Empire : les Martyrs montrent la fonction d'écran, de leurres, d'alibis de la Terreur impériale qui a été assignée à ces chefs-d'œuvre délocalisés par un orgueil prédateur qui en ignore le  sens contemplatif... »