Lot 113
  • 113

Belle paire de candélabres aux vestales en bronze patiné et doré d'époque Louis XVI, vers 1785, les figures d'après Louis-Simon Boizot, les bronzes par François Rémond

Estimate
80,000 - 120,000 EUR
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Description

  • les figures d'après Louis-Simon Boizot, les bronzes par François Rémond
  • Haut. 100,5 cm, larg. 20,5 cm, prof. 42 cm
  • Height 39 1/2 in; width 8 in; depth 16 1/2 in
à quatre lumières, constitué d'une femme drapée à l'antique en bronze patiné dansant autour d'un candélabre à fût cannelé orné d'une guirlande de fleurs d'où s'échappent dans la partie supérieure trois bras en enroulement à tête de griffons et une lumière centrale supportée d'un vase décoré de têtes de satyre et reposant dans la partie basse sur un trépied formé de sphinges ailées ; l'ensemble  posé sur un socle ovale à facettes et décrochements en marbre rouge griotte orné sur le devant de médaillons représentant des scènes antiques et sur les côtés des guirlandes de fleurs ; (petits manques et accidents)

Provenance

Vente à Paris, les 10-11 avril 1891, lot 165

Collection privée

Literature

REFERENCES BIBLIOGRAPHIQUES

C. Baulez, Versailles, deux siècles d'histoire de l'art,  Paris, 2007, p. 403, Les bronziers Gouthière, Thomire et Rémond

C. Baulez, "Le luminaire de la princesse Kinsky", L'Objet d'art, mai 1991

P. Hughes, The Wallace Collection, Catalogue of  Furniture, vol. III, Cambridge, 1996, n°254 (F156-7), p.1283

Condition

Illustration légèrement trop rouge et foncée. Candélabre de gauche: le fût bouge légèrement et a besoin d'être refixé. Il manque un épis sur le bras de gauche. Quelques petits manques sur la base en griotte: éléments tombant de guirlande des deux côtés. Les candélabres ont des petits manques dans les ornements de bronze doré. Candélabre de droite: manque une tête de satyre sur le vase du haut; le bras gauche a été refixé (dorure maquillée car chauffée à la place de la restauration) Le fût est cassé au niveau du haut du trépied. Manque également des éléments de guirlande sur la base. Malgré ces manques dont l'énumération est assez longue, ces candélabres sont remarquables. La qualité de la ciselure, des bras, ornements et le modelé des figures est particulièrement remarquable. Les candélabres sont dans "leur jus" : avec des usures, manques et légers accidents. Un nettoyage de la dorure et une intervention d'un bronzier restaurateur est à recommander pour que ces pièces retrouvent leur éclat initial. Autre point intéressant: il semblerait qu'il s'agisse des premiers modèles réalisés par Rémond vers 1785. Très beaux objets, estimation raisonnable, à recommander. NOTE: n'ont été mentionnés précisément dans le prédédent condition report les manques de matière dans la partie supérieure du socle de marbre du candélabre de gauche, et un manque semlable dans la partie supérieure du socle de marbre du candélabre de droite, entre les frises de feuilles d'eau et d'oves.
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Catalogue Note

L'activité de François Rémond est révelée par son activité commerciale, son livre-journal pour les années 1777-1787 et ses registres de paiements aux fournisseurs, partiellement conservés pour les années 1785 à 1806 ont été mis en lumière par C. Baulez (op. cit.). S'il a travaillé ponctuellement avec des sculpteurs comme Foucou , Budelot ou Roguier, le nom qui revient très régulièrement est celui de Boizot. La collaboration entre Boizot et Rémond est largement illustrée par la reprise de modèles réalisés à Sèvres puis exécutés par Rémond souvent pour le compte de Daguerre. De nombreux bronzes d'ameublement, pendules, luminaires ont ainsi été exécutés par Rémond d'après des modèles attribués à Boizot. Les figures de femmes dansantes drâpées à l'antique qui composent notre paire de candélabres en sont une illustration.

François Rémond accède à la maîtrise de doreur en 1774, et devient rapidement fournisseur de Dominique Daguerre puis de Martin-Eloi Ligneureux les célèbres marchands-merciers de la fin du règne de Louis XVI.

En 1785, F. Rémond créé un nouveau modèle de "grand candélabres à figures ou girandoles" ou "girandoles à figure tenant un candélabre". Comme le souligne C. Baulez, si les premiers exemplaires de ce modèle sont datables des années 1785 et plus rares, la production s'échelonna sur vingt ans. Ce modèle est également connu par un dessin provenant des archives de Rémond et conservé aujourd'hui dans une collection privée qui permet de reconnaître les premières versions. Le changement principal réside dans le dessin et l'ornement des bobêches, décorées d'une guirlande de perles initialement, comme sur notre paire, alors qu'elles sont en forme de feuilles évasées et ornées de palmettes sur les modèles datables des années 1800 comme la paire conservée à la collection Wallace à Londres (inv. 156-7). 

Le modèle existe avec une base en marbre rouge griotte comme c'est le cas ici ou en marbre veiné vert comme sur la paire de la Wallace ainsi qu'avec un nombre de bras de lumière différent.

Candélabres à quatre lumières : notre paire en possède ce nombre, comme celle livrée le 28 avril 1798 par le marchand Xavier Labenski au tsar Paul Ier : "une paire de girandoles dites à candélabres, représentant une figure de femme en bronze couleur antique posée à côté d'un candélabre portant 4 lumières".

Candélabres à six lumières : la paire de la Wallace collection (socle en marbre veiné vert  et bobêches vers 1800 comme nous l'avons vu), une paire dans la collection S. Niarchos reproduite dans Connaissance des arts, novembre 1960 (base en marbre veiné vert et bôbèches vers 1785), une paire, ancienne collection E.W. Beckett vendue chez Christie's à Londres le 8 mai 1912, lot 102 (marbre rosso-antico et bôbèches vers 1800).