Lot 7
  • 7

Extraordinaire statue, Dogon Niongom, Mali

Estimate
30,000 - 50,000 EUR
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Description

  • Extraordinaire statue, Dogon Niongom
  • haut. 24,5 cm
  • 9 2/3 in
Puisant sa force dans le mouvement tourmenté de la branche dont il épouse la forme, le personnage n'échappe à l'extraordinaire concentration de la pose que par le visage renversé, tourné vers le ciel. Du bois très dur dans lequel il a été sculpté émergent les formes stylisées de la tête étirée, des bras collés au corps, et des seins prolongeant l'encolure dessinée par les épaules ; un motif quadrillé soulignant la courbure du dos. L'archaïsme de la sculpture est accentué par le dessin orbiculaire de la veinure serrée, révélée par la profonde érosion.

Provenance

Collection Gilbert et Roda Graham, New York
Pierre Dartevelle, Bruxelles
Bernard de Grunne, Bruxelles

Literature

Reproduit et exposé dans :
Graham, 1997 : Dogon Sculpture : symbols of a mythical universe, 1997 : 39, n° 49, catalogue de l'exposition, Hillwood Art Museum, Long Island University, 15 janvier - 24 mars 1997

Catalogue Note

Selon Hélène Leloup (1994 : 143), « le style niongom présente une particularité notable : l'emploi de la forme naturelle de la branche de l'arbre, de sa courbure, ce qui est rare dans la sculpture africaine ».

En mai 1935, Denise Paulme et Deborah Lifchitz, lors de la mission qu'elles menèrent depuis Sanga, collectèrent à Yayé où elle était abandonnée, la célèbre statue serpentine aujourd'hui exposée au Pavillon des Sessions (Musée du Louvre, cf. RMN, 2000 : 78). A partir de cette œuvre majeure, Hélène Leloup établit un corpus très restreint de statues, toutes très anciennes et stylistiquement apparentées, qu'elle identifia d'après les informations obtenues lors de ses enquêtes sur le terrain, comme le « style niongom ». A l'instar des Tellem qui habitaient le Sud de la Falaise avant la première migration Mandé, les informateurs désignèrent les Niongom comme les premiers habitants du pays (Leloup, 1994 : 141-143). Ils cohabitèrent pendant un certain temps avec les arrivants Dogon-Mandé, ce qui explique la datation de cette sculpture au tout début du XVIIIe siècle (Carbone 14 ; ETH Zurich 30473/02080405, 23.05.2005).

« En [langue] donno, ces sculptures [laissées à l'abandon et dont seul un petit nombre a survécu notamment grâce à leur bois très dur] « sont appelées yébéné, ce qui montre bien qu'il s'agit de pièces très anciennes puisque les Yébéné désignent les premiers hommes immortels, détenteurs du terroir » (Leloup, idem).

C'est précisément ce sentiment d'immortalité qui émane du prodigieux archaïsme de la sculpture, et de ce style niongom qui contribuera à la formation du style classique Dogon de la falaise de Bandiagara.