Lot 96
  • 96

Lettre autographe signée à Joseph Bonaparte sur Napoléon à Sainte-Hélène. Bruxelles, 24 octobre 1819.

Estimate
4,000 - 6,000 EUR
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Description

  • Montholon, Albine de
  • Lettre autographe signée à Joseph Bonaparte sur Napoléon à Sainte-Hélène.Bruxelles, 24 octobre 1819.
3 pages in-8 (248 x 210 mm). Encre sur papier, signée Vassal de Montholon, datée Bruxelles, ce 24 octobre 1819.

Literature

René Maury, Albine, le dernier amour de Napoléon, 1998--J. Jourquin et Jacques Macé, "L'Affaire Montholon", Revue du souvenir napoléonien, juill-sept 1998--Jacques Macé, "Albine de Montholon ou Le Chant de Moïna", Revue de l'Institut Napoléon, 1999.

Catalogue Note

A Sainte-Hélène, Albine tient le rôle de première dame de la cour en exil, excitant les jalousies et les rumeurs mauvaises sur sa liaison "intéressée" avec l'Empereur. Ecrite de Bruxelles quelques jours après son retour, la lettre d'Albine dégage une saisissante émotion alors qu'elle décrit l'isolement de l'Empereur : "Je l'ai laissé souffrant de la maladie chronique du foie, affection endémique à ce pays. La santé de l'Empereur est d'autant plus mauvaise qu'il ne peut prendre aucun exercice. Les vexations arbitraires exercées par le Gouvernement Anglais et ses agens lui ayant dès longtemps imposé la nécessité de se conformer comme seul moyen de se soustraire aux manques d'égards (...) Votre Majesté sait que ce rocher n'offre aucune ressource. Le sol de Longwood est stérile, l'absence d'ombre, l'insalubrité du climat, tout est d'accord pour rendre ce séjour insupportable. La haine enfin ne pouvait mieux choisir. La seule distraction de l'Empereur est de dicter des mémoires sur différentes époques (...) Il les supporte cependant ces jours si longs si monotones avec une tranquillité d'esprit, une égalité d'âme, une bonté pour tout ce qui l'entoure qui ne peuvent appartenir qu'à lui. (...) L'isolement de l'Empereur est tel que le départ de mon mari eut été une perte sensible ; situation affligeante qui a exigé notre séparation (...)".
Albine termine sa lettre en demandant à Joseph de lui rembourser la somme de 144 000 francs prêtés autrefois par elle et son mari à Napoléon.
"Votre Majesté voudra bien avoir égard à ma position, privée de la protection de mon mari qui, se consacrant à remplir les devoirs que lui imposent son dévouement & son attachement à l'Empereur, ne peut s'occuper des soins de sa famille et dont l'absence de France a été pour moi cause de grandes pertes de fortune".
D'après le Journal de Bertrand (février-avril 1819), ce serait en réalité Napoléon lui-même qui aurait exigé le départ d'Albine, dont il venait d'apprendre les amours avec un officier anglais, Basil Jackson. C'est en compagnie de Jackson qu'elle rentra en Belgique. Au retour de son mari en 1821 à la suite de la mort de l'Empereur, elle divorce, perd la petite Joséphine, dont le père était Napoléon et meurt en 1848.
La polémique sur la question de savoir si, dans Le Chant de Moïna, poème anonyme récemment attribué à Albine de Montholon, cette dernière célèbre ses amours sur l'île de Sainte-Hélène avec Napoléon ou avec Basil Jackson, reste brûlante parmi les accusateurs de Montholon dans la thèse de l'empoisonnement de l'Empereur.