Lot 60
  • 60

Reichenbachia. Londres et Saint-Albans, 1888-1894.

Estimate
10,000 - 15,000 EUR
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Description

  • Sander, Frederick
  • Reichenbachia. Londres et Saint-Albans, 1888-1894.
première édition. 4 tomes en 8 volumes imperial folio (657 x 460 mm, onglets non-compris).



tirage : l'édition de format impérial fut limitée à 100 exemplaires, sur papier vélin fort.



illustration : 192 planches, la plupart d'après les peintures de Henry Moon (mais aussi de A.H. Loorch et W.H. Fitch), imprimées en couleurs, réhaussées à la main par le peintre, auxquelles s'ajoutent 5 planches supplémentaires, non-numérotées, telles que sorties de la presse, non-rognées, portant encore leurs gammes de tons dans la marge de la feuille ainsi que leurs traits de coupe. Ces planches ont été reliées ensemble à la fin du dernier volume. De petites languettes de papier portant le nom des fleurs ont été collées par le possesseur de l'exemplaire au bas des planches.
4 feuillets de texte et une planche proviennent de l'édition folio (série II, vol. 2).



jointe : une lettre autographe signée de l'auteur Fred K. Sander, datée 12 février 1936, de sa propriété de Camp House à St-Albans (dédicataire inconnu) concernant l'appellation de l'hybride Paphiopedilum, issu de P. Colombus x P. L'Yser, qu'il souhaite appeler P. Sully. L'orchidée fut par la suite enregistrée officiellement sous ce nom.



reliure du xxe siècle. Demi-veau blond, tous feuillets, texte et planches, montés sur onglets.
Eraflures à deux volumes.

Provenance

Marcel Lecoufle (ex-libris).

Literature

Nissen, 1722--Great flower books, p 75--A. Swinson, Frederick Sander, the orchid king, 1970--A.A. et A.E. Chadwick, The Classic Cattleyas, 2006.

Catalogue Note

Frederick Sander fut le principal fournisseur d'orchidées à la haute aristocratie d'Europe qu'il fréquentait lui-même jusque dans les cours royales et dont il reçut les faveurs à plusieurs reprises. Suivant l'exemple de Linden (voir lot 59 de ce catalogue), il présenta en 1888 le premier volume du plus extraordinaire des livres d'orchidées jamais paru, la Reichenbachia, qu'il avait ainsi nommé en honneur du plus éminent des botanistes de son époque, Heinrich Gustav Reichenbach.
Rien ne fut laissé au hasard dans la mise en oeuvre de ce monument à l'orchidée. La gravure fut faite sur bois, et plus de 20 encres de couleurs différentes furent utilisées. Le texte fut imprimé à la fois en français, en anglais et en allemand.
L'édition courante était de dimensions gigantesques : 55 cm par 41. L'édition dite "impériale" fut encore augmentée d'un tiers : mesurant 75 cm par 60, chacun des volumes pesait 20 kilos. Un effort particulier fut dispensé pour améliorer encore le tirage des planches, dont les couleurs sont plus vivaces et plus contrastées que dans l'édition in-folio courante. Les planches furent toutes réhaussées à la main par le peintre des peintures originales lui-même, Henry G. Moon, lequel épousa plus tard par ailleurs la propre fille de Sander.
Sander dédia le premier volume à la reine Victoria, le deuxième volume en 1890 à l'impératrice Augusta Victoria d'Allemagne, en 1892 il adresse son troisième volume à l'impératrice Maria Feodorovna de Russie, et en 1894 son dernier volume est dédicacé à Marie Henriette, reine des Belges, toutes quatre ses plus éminentes clientes. "It was clear that if horse racing was the sport of kings, orchid growing was the hobby of queens and Sander was their orchid supplier." (Chadwick).
La Reichenbachia porta la mode des orchidées au pinacle de son succès et, comme souvent dans ces coûteuses entreprises éditoriales, provoqua la quasi-banqueroute de son affaire. L'immense prestige atteint par la Reichenbachia le confirma cependant dans sa position incontestée de premier producteur et pourvoyeur d'orchidées.