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Procès Verbal des grâces accordées par sa Majesté à l'occasion de Son Sacre. 25 mai 1775. Manuscrit.
Description
- LOUIS XVI
- Procès Verbal des grâces accordées par sa Majesté à l'occasion de Son Sacre.25 mai 1775.Manuscrit.
reliure de l'époque. Maroquin rouge, triple filet et fleurons d'angles, dos orné aux petits fers, deux pièces de titre de maroquin olive, tranches dorées.
Boîte de maroquin rouge doublée de maroquin vert.
Provenance
Catalogue Note
Le Roi est en chemin pour son sacre à Reims, qui se tiendra le 11 juin 1775. Il prend des mesures de clémence, tant par bienveillance naturelle que pour désengorger les prisons se trouvant sur le chemin qu'il prend, de Versailles à la cathédrale.
Les Commissaires du Roy partiront quelques Jours avant Sa Majesté, suivront la Route que Sa Majesté doit prendre et s'il se trouve dans les prisons des lieux de la route des prisonniers qui s'y sont constitués volontairement pour profitter des graces du Roy à l'occasion de Son Sacre, ils lèveront leurs Ecrous.
Ces prisonniers emmenés à Rheims seront interrogés par les commissaires sur leur identité et les causes de leur détention en prison. Sont interdits de grâce royale les prisonniers qui se trouveront chargés de crimes de Leze Majesté divine et humaine, fausse Monnoye, Duel, Rapt, viol, désertion, assassinat de Guet à pan, Vol de grand chemin, faussetés commises par officiers publics dans les fonctions de leurs charges, incendie prémédité, faussonages ou contrebande à port d'armes et attroupement.
Les crimes notés sur le monumental procès-verbal résultant de cette décision royale sont variés : Jean Taquenet, aggressé par un groupe de sept individus, met la main à son pistolet, tire, puis utilise son couteau. Il apprend le lendemain qu'un de ses aggresseurs est mort.
Une libraire de Strasbourg, accusée de vendre des livres censurés : le Système de la Nature (d'Holbach), Le Compère Mathieu (de l'abbé Du Laurens), est embastillée par Sartine, puis relâchée. Récidiviste en 1773, elle est condamnée à cesser son activité de libraire. Mère de plusieurs enfants qu'ele ne peut plus nourrir, elle "fait sa soumission".
Louis Boussy a achevé avec son fusil l'amant de sa femme. Tous deux sont condamnés à mort.
Joseph Masson est condamné à mort pour avoir violé une servante avec un ami. Mais il apparait que celle-ci menait une vie déréglée, sortait sans la permission de son maitre, et ouvrait la porte aux galants.
Charles Besson a fait fondre les tombeaux de plomb qui renfermaient les siens pour les convertir en plombs de chasse. Il prend cinq années de galères.
un extraordinaire tableau vivant des moeurs criminelles au xviiie siècle, des paroles des condamnés, et du regard que leur portent la justice et la police. La fin du volume donne la liste des prisonniers "auxquels messieurs les commissaires ont jugé que la grace doit être accordée". Ils se déplaceront à Versailles pour obtenir l'abolition de leur peine. Cette liste est close au 15 septembre 1775, et sera signée par Turgot.
En reliure de grande qualité, l'exemplaire fut sans aucun doute exécuté pour un haut fonctionnaire chargé de l'application de ces grâces. Un exemplaire est conservé aux Archives, probablement celui qui fut établi pour le Garde des Sceaux, Hue de Mirosmesnil.