Lot 106
  • 106

16 lettres autographes signées à divers correspondants, dont Huÿsmans, Lacroix, Fasquelle... 1861-1899.

Estimate
25,000 - 30,000 EUR
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Description

  • Zola, Émile
  • 16 lettres autographes signées à divers correspondants, dont Huÿsmans, Lacroix, Fasquelle...1861-1899.
34 p. in-8 (environ 210 x 135 mm).

Catalogue Note

Dans sa première lettre, envoyée à une connaissance haut placée pour obtenir une aide financière, il exprime son envie d'écrire : "Toujours mon penchant m'a entrainé vers la littérature. Alors que je rêvais une position plus heureuse, je me voyais écrivain. Aujourd'hui, il m'a fallu dire adieu pour un temps à ces belles rêveries. Seulement, s'il m'était possible par ma plume de gagner mon pain et de soutenir ma mère, c'est encore le travail que j'accepterais avec le plus de joie".
En 1865, il envoie trois exemplaires, sans doute de son deuxième roman La Confession de Claude, à Léo Joubert, de la Revue Contemporaine pour demander un article. Ses "belles rêveries" prennent forme. Dans la suite de la correspondance, sa situation s'améliore, il refuse un poste pour "le salon dans la Revue Contemporaine", et propose Henriet pour le remplacer.
Pourtant il n'est pas encore fixé et recherche encore un éditeur. Le 13 septembre 1867, il adresse à Lacroix une lettre pour lui vendre son dernier ouvrage Thérèse Raquin, publié en Belgique dans la revue l'Artiste, sous le titre Un mariage d'Amour. Il explique le changement de titre par la lassitude du public pour "les titres abracadabrants". Il lui propose un résumé bref mais clair de l'ouvrage. Le livre sera publié par Lacroix cette même année.
Il n'oublie pas ses amis d'Aix où il passa sa scolarité. Ainsi une lettre à deux mains écrite avec Paul Alexis, avec lequel il fonda L'Art Libre, au peintre Numa Coste, datée du 30 juin 1883. Coste est retourné à Aix et Zola lui donne des nouvelles de son dernier roman Pot-Bouille, lui parle de Cézanne...
En 1885, il écrit à Alphonse Bernhard : "j'ai fini mon terrible bouquin (...) et je suis dans l'écoeurement des épreuves, à l'heure où l'on brulerait tout". Quelques semaines plus tard parait Germinal.
En 1891, il brigue pour la deuxième fois le fauteuil d'Immortel mais échoue. Un écrivain (Paul Bourget ?) affirme dans un article qu'il s'agit d'une manoeuvre. Zola en doute mais le remercie de son soutien.
Les deux dernières lettres sont écrites depuis le douloureux exil londonien. Malgré des visites, comme celle de Clémenceau, mentionnée dans la lettre du 3 janvier 1899, il ne peut cacher sa souffrance "d'être arraché à tout ce [qu'il] aime". Il sait pourtant qu'à son retour "[il] rentrera dans la fournaise. [Il] n'en souhaite pas moins cette rentrée ardemment" : "Il est des jours où je suis au tombeau". La maladie de sa femme, qui "n'ose plus sortir, (...) achève de [les] emprisonner". Il rentre en France le 4 juin 1899.

Très bel ensemble de lettres relatant les grandes phases de la vie de Zola, son enfance misérable où son instinct le pousse déjà vers l'écriture, ses recherches d'éditeur, son amitié avec Huÿsmans ou avec ses amis d'Aix en Provence, la parution de Germinal, ses candidature à l'Académie et enfin son exil suite à sa défense de Dreyfus.