- 23
13 lettres signées du comte de Toulouse au ministre Pontchartrain, Versailles, Marly et Toulon, 1698-1705. On joint : Le rapport autographe signé du bailli de Forville sur la bataille de Malaga. Alicante, A bord de la Galere Valleur, 29 août-6 septembre 1704.
Description
- Louis Alexandre de Bourbon, comte de Toulouse
- 13 lettres signées du comte de Toulouse au ministre Pontchartrain,Versailles, Marly et Toulon, 1698-1705. On joint : Le rapport autographe signé du bailli de Forville sur la bataille de Malaga. Alicante, A bord de la Galere Valleur, 29 août-6 septembre 1704.
Le comte de Toulouse est choyé par sa mère. Il a pour aînés le duc du Maine, et mesdemoiselles de Nantes, Tours et Blois, dont madame de Montespan ne s'occupe que peu, et qui seront pris en charge par madame de Maintenon. Les premiers enfants bâtards de Louis XIV sont légitimés en 1673, et madame de Maintenon peut apparaître avec eux à Versailles. Elle fait l'admiration du roi et devient sa maitresse officielle en 1675.
Le comte de Toulouse, à l'encontre du duc du Maine, le protégé de madame de Maintenon, se fait aimer de tous. Il est enjoué sans malice, et sans faire de scandales, attitude exceptionnelle dans une cour où les enfants du roi sont rois, et où leur discrétion est rarissime. Il obtient le duché de Penthièvre (Bretagne) en 1697 et celui de Rambouillet en 1711. Il est fait Grand Veneur en 1714, ce qui en fera le compagnon de plaisir quotidien de Louis XV, chasseur passionné et infatigable.
Il fait en 1723 un mariage d'amour, avec la comtesse de Noailles, qui lui donna un fils aussi plaisant, sérieux et sensé que lui-même, le duc de Penthièvre.
Le comte de Toulouse meurt à Rambouillet le 1er décembre 1737.
Catalogue Note
- 13 lettres in-folio (23 pages, env. 320 x 206 mm) et in-8 (14 pages, 225 x 165 mm). Encre sur papier vergé. Signées L. A. de Bourbon.
Les 2 premières lettres, datées du 1er octobre 1698 et 9 février 1699, sont adressées à Louis Phélypeaux de Pontchartrain, vieux compagnon de Louis XIV, secrétaire d'Etat à la Marine depuis 1690. Les lettres suivantes sont adressées à Jérôme Phélypeaux de Pontchartrain qui vient de succéder à son père dans la charge de secrétaire d'Etat à la Marine en septembre 1699.
Il y est question de plaintes exprimées à Saint-Malo contre des officiers, que relaye ici le comte de Toulouse "...et je ne crois pas que le Roy approuve ce qu'ils ont fait en cette occasion". Une plainte très légèrement déguisée contre le commandant des Galères : "ce qui me parait le plus important c'est l'affectation que les gens des Galères ont eu d'arriver le plus tard qu'il leur a esté possible et de supposer des maladies en arrivant pour hyverner a Saint Malo, où ils se trouvent mieux qu'à Brest."
Le 9 février 1699, à Versailles, l'amiral transmet des nouvelles de la flotte à Québec : "on m'a mandé de Quebec Monsieur qu'il serait necessaire pour l'ordre de la Navigation de faire prendre des congés tant aux canots qui naviguent sur les lacs qu'aux vaisseaux qui ont jusqu'à present fait leurs voyages sans congez pour l'Acadie et pour la France". A Toulon, le 19 octobre 1702, il interroge Pontchartrain sur la position du roi quant aux droits des Français expatriés. Dans les lettres des 5 et 16 janvier 1703, il transmet au roi par Pontchartrain diverses propositions sur le sujet toujours délicat du logement et de la subsistance des prisonniers, anglais et hollandais, en ces années de guerre de Succession d'Espagne.
- [Rapport de la bataille de Malaga]. 6 feuillets in-folio (11 pages, 323 x 210 mm). Encre sur papier vergé. Signé Forville, A bord de la Galere Valleur.
Cette belle relation vécue de la bataille est rédigée le 29 août, 4 jours après les combats, par Forville, le commandant des Galères Royales. Début août 1704, la flotte française apprend que les Anglais se sont emparés de Gibraltar et reçoit l'ordre de reprendre le rocher. Le dimanche 24 août, les deux flottes s'engagent dans la plus dure bataille de la Guerre de Succession d'Espagne, contre les Anglais commandés par l'amiral Rooke. "il estoit environ dix heures du matin quand ce signal fut donné, et ce fut dans ce moment que l'on vit et entendit une gresle de coups de canon qui dura sans dicontinuer jusques a sept heures du soir." 102 886 coups de canons sont tirés des bâtiments français, sous le commandement du tout jeune comte de Toulouse alors âgé de 20 ans. La victoire sera aux Français, mais le Rocher restera anglais et l'est toujours.
Lorsqu'il rédige sa relation, Forville ne sait pas encore que les pertes subies par les Anglais sont si graves que l'amiral Rooke, critiqué sur sa négligence des vents qui lui donnaient l'avantage, demandera sa démission. Rooke appellera la bataille de Malaga "une des plus dures batailles que j'aie jamais vues". Tandis que Forville note dans son rapport : "Certes Monseigneur, il ne s'est jamais vu un combat plus chaud et plus rude."