Lot 20
  • 20

5 lettres autographes de la famille intime du duc du Maine. Avant la mort de Louis XIV, 1715.

Estimate
4,000 - 6,000 EUR
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Description

  • Louis Auguste de Bourbon, duc du Maine
  • 5 lettres autographes de la famille intime du duc du Maine.Avant la mort de Louis XIV, 1715.
Louis Auguste de Bourbon est né en 1670, l'aîné des enfants illégitimes de Louis XIV et de la marquise de Montespan. Il est élevé par madame Scarron, future duchesse de Maintenon, d'abord dans le secret, puis à Versailles à la vue de tous lorsque Louis XIV le légitime en 1673. Dès lors il se trouve au centre de la querelle des princes légitimés, en butte aux princes de sang, ducs et pairs de France, auxquels Louis XIV inflige une ultime blessure en hissant peu de temps avant sa mort ses légitimés au rang des prétendants au trône. Madame de Maintenon dont le duc du Maine reste pour toujours le préféré, joua un rôle important dans cette promotion jamais vue auparavant dans l'histoire de France. Elle veillera toute sa vie à ses intérêts. Ce souhait testamentaire de Louis XIV ne fut par ailleurs pas respecté.
Le duc du Maine a épousé en 1692 mademoiselle de Charolais (1676-1753), la petite-fille du Grand Condé, "souffrant tout d'elle, dans la frayeur qu'il en avait" disait de lui méchamment
Saint-Simon. Exilés de Versailles pour avoir mené la cabale contre le Régent, ils se retirent tous deux et vivent à Sceaux, où la duchesse du Maine entretient une cour à la fois somptueuse et légère qui l'a rendue célèbre. Le duc du Maine meurt en 1736.

Catalogue Note

- 2 lettres autographes du duc du Maine à sa femme. 4 ff. in-8 et in-4 (7 pages de 233 x 176 mm). Datées 19 mai 1698 et 15 septembre 1714, la première signée L. A. de Bourbon, la seconde de son paraphe seul.
La première est une douloureuse lettre d'amour cryptée en latin :
"Mon épouse, (...) Dis-moi donc pourquoi tu te prives de l'écoute du coeur (...) Toi seule gouvernes ma vie : je vais bien si tu vas bien (...) Epargne, je t'en prie, celui qui t'aime (...) j'ai peur que tu ne me refuses ton visage, à moi qui ai déjà été chassé de ta couche (...) Si j'ai commis des fautes, je les ai commises par désir d'être aimé et parce que je discerne en toi une haine infamante (...) Adieu et conserve cette lettre." (Nous tenons à remercier Pierre et Edmée Lequoy pour la traduction intégrale de la lettre, celle-ci disponible sur demande).
La deuxième est une touchante prière du duc à propos du grave mal de dents de sa femme : "ie suis persuadé, pour moy, que de la faire emplir de plomb, ou que l'en emplir vous mesme nous procureroit du repos ; - ie connais cette opération, et ie vous assure qu'elle ne doit point nous faire peur, estant un remède infaillible pour empescher la douleur..."

- une lettre autographe de la duchesse du Maine à sa mère. 2 ff. in-4 (3 pages de 220 x 165 mm). Datée ce mercredy a cinq heures [1712], signée Louis Bénédicte de Bourbon. Cachet à la cire portant ses armes.
Lettre inquiète de la duchesse du Maine à sa mère concernant Louis XIV et "lestat des affaires de Mme de Vendome (...) Ces sortes de décisions luy sont toujours a charge et le mettent de mauvaise humeur. Mr du Maine a consulté Mme de Maintenon qui a esté de cet avis et luy a dit qu'il fallait laisser passer un peu de tems, pour que le roy se remit de la mauvaise disposition ou l'avaient my la première tantative de Mr du Maine." Ecrite l'année de la mort du duc de Vendôme, la lettre concerne Madame de Vendôme, petite-fille, tout comme la duchesse du Maine, du Grand Condé.

- une lettre autographe de la princesse de Condé à sa fille la duchesse du Maine. 2 ff. in-8 (225 x 168 mm). Datée a paris ce mardy.
Affectueuse lettre de la princesse de Condé, Anne de Bavière (1648-1723), l'épouse du prince de Condé, à sa fille la duchesse du Maine, dans laquelle elle lui donne des nouvelles de sa soeur mademoiselle d'Enghien.

- une lettre autographe de la princesse de Conti à sa soeur la duchesse du Maine. 2 ff. in-8 (2 pages de 222 x 165 mm). Non datée, signée Marie Terese de Bourbon.
"J'ay la plus grande joye du monde ma chère soeur de la continuation des graces que vous recevez du roy..."