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Puissante statue, Jukun, Nigeria
Estimate
50,00070,000
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Puissante statue, Jukun, Nigeria
Estimate
50,00070,000
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Details & Cataloguing

African & Oceanic Art

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Paris

Puissante statue, Jukun, Nigeria

Provenance

Alain Dufour, Saint-Maur 
Simone de Monbrison, Paris
Ancienne collection Philippe et Marie de Thézy, Meudon

Catalogue Note

Le style Jukun partage avec celui des peuples voisins - Wurkum et Mumuye - l'exceptionnelle invention formelle de sa statuaire et le traitement de certains détails, comme les oreilles.

Elle se distingue non seulement par un corpus comparativement restreint - en particulier pour la grande statuaire, comme ici - mais également par une dynamique davantage vouée à l'exaltation de la puissance qu'à celle du mouvement.

Ici, en particulier, la rigueur de la stylisation géométrique - plans parallèles des hanches et des épaules, tête dont les contours déployés autour du cou évoquent une pointe de flèche - ajoutée à la tension des courbes (les mains disparaissant dans l'épaisseur des hanches, les flancs profondément creusés) imposent une remarquable dynamique des forces. A la rigueur des traits et des scarifications ornant le visage répond l'intensité de l'expression offerte par les yeux projetés en avant.  

cf. Durand-Dessert (2008 : 125-126) et Kerchache, Paudrat, Stephan (1988 : 410, n° 515) pour deux statues Jukun très comparables, la première dans la collection Durand-Dessert, provenant de Jacques Kerchache.

La statuaire Jukun est longtemps demeurée méconnue. Lorsqu'au début du XXe siècle la première sculpture du style entra au British Museum, elle fut attribuée "Ashanti". En 1931, Mack publiait la première étude consacrée à l'ethnographie des peuples Jukun, dans laquelle il associait la grande statuaire à la représentation des ancêtres, leurs épouses et serviteurs. Il fallut attendre les études sur le terrain menées par Rubin dans les années 1960 (Rubin, 1969) pour relier ces statues - souvent sculptées par paires - au culte de fécondité mam, largement répandu dans l'est du Nigeria.

Les accidents (manques dans la coiffe et éclats de surface) - de même que la patine, brûlée sur le buste - témoignent de son histoire. A la fin des années 1960, l'anarchie causée par la guerre de Sécession des Ibo dans le sud du Nigeria, de même que les bouleversements politiques et religieux, conduiront à l'abandon des cultes et de ses supports matériels.

La partie antérieure de la coiffe restaurée.

A powerful Jukun figure, Nigeria

Jukun art shares its exceptional formal innovation and its treatment of certain details (such as the ears), with the neighbouring Wurkum and Mumuye people.

Jukun art is characterised not only by a comparatively small body of works, particularly by large figures such as the offered work, but also by a style which is devoted more to emphasising power than movement.

Here in particular the rigour of the figure's geometric style (with hips and shoulders arranged in parallel planes, and the contours of the head around the neck suggesting an arrowhead), together with the tension of the curves (hands disappearing into the thick hips, deeply dug-out sides) create an impression remarkable formal dynamism. The rigour of the features and the scarification marks on the face are complimented by the intense gaze of the forward projecting eyes.

cf. Durand-Dessert (2008: 125-126) and Kerchache, Paudrat, Stephan (1988: 410, no. 515) for two very similar Jukun figures, the first acquired from Jacques Kerchache and now in the Durand-Dessert collection.

For a long time Jukun statuary was largely ignored. When the first Jukun sculpture entered the British Museum at the beginning of the twentieth century it was described as 'Ashanti'. In 1931, Mack published the first study devoted to the ethnography of the Jukun people, a work in which he suggested that the Jukun's large statuary represented ancestors and their wives and servants. In the 1960s Rubin's fieldwork (Rubin, 1969) allowed these figures, which were often carved in pairs, to be attributed to the mam fertility cult, widespread in eastern Nigeria.

The losses to the head-dress and damage to the surface of this figure, together with the burnt patina upon the chest indicate the history of the piece. At the end of the 1960s the anarchy caused by the Igbo war of Secession in southern Nigeria and other political and religious upheavals led to the abandonment of traditional worship.

The front part of the head-dress is restored.

African & Oceanic Art

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Paris