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Lettre autographe inédite, signée Jacques à sa tante "Le repos, le 8 sept. 15 64e. de L., S.P. 82, 1ère Cie, 1 Sect."
Estimate
5,000 - 7,000 EUR
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Description
- Vaché, Jacques
- Lettre autographe inédite, signée Jacques à sa tante"Le repos, le 8 sept. 15 64e. de L., S.P. 82, 1ère Cie, 1 Sect."
8 pp. in-12., 171 x 102 mm, à la mine de plomb sur 2 ff. doubles.
"J'ai reçu hier ton envoi de biscuits, cigarettes, couteau, etc. Il tombait juste pour mes 20 ans — anniversaire marqué par un bombardement de grosses pièces dénommées pompeusement « les gros Marabouts », et par un spectacle très «exciting» de deux avions se combattant à quelques 300 mètres du sol — Voici le récit du combat —
[...]
— Nous étions en corvée dans des boyaux plus ou moins lointains, quand surgirent les deux adversaires : un petit morane, et un aviatik blanc éblouissant avec deux croix noires aux ailes — Les appareils étaient assez bas, très nets, et le vrombissement des moteurs caractéristiques : bas et grave pour le boche, trépidant et élevé pour le Français — Quelques passes d'arme — La vitesse du boche semble nettement supérieure — Les deux oiseaux prennent de la hauteur — On ne voit bientôt plus que deux points noirs dansant dans un soleil doré de crépuscule — tableau de genre — Malgré soi on est captivé — Ces deux atomes dansent dans les profondeurs du ciel —
[...]
Un cri de nous tous : le Français s'abat en flambant comme une torche — Les ailes se replient brusquement, et c'est la chute vertigineuse ; un petit insecte noir agite désespérément ses pattes dans le bleu du ciel — Le tout disparaît derrière un repli de terrain, et un bruit sec de choses broyées nous parvient — C'est fait — Le tout a duré quatre minutes.
[...] l'on va essayer de frapper le coup définitif, et que, lorsqu'on songe à la puissance inouïe des armées de part et d'autre on ne peut qu'être triste pour tant de victimes — J'ai la certitude du succès, car je considère impossible de résister à l'amoncellement de pièces de tous calibres sur un front comme celui-ci — Mais cela coûtera cher, très cher — Le 64e chargera sans doute en première vague de première ligne — Enfin il faut espérer s'en tirer... ". [Le 25 septembre, à 9h15, le 64ème Régiment se lance à l'assaut de la cote 196, près de Mesnil-lès-Hurlus, en Champagne-Ardennes. Vaché, dans la troisième vague, sera blessé par des éclats de grenade.]
"J'ai reçu hier ton envoi de biscuits, cigarettes, couteau, etc. Il tombait juste pour mes 20 ans — anniversaire marqué par un bombardement de grosses pièces dénommées pompeusement « les gros Marabouts », et par un spectacle très «exciting» de deux avions se combattant à quelques 300 mètres du sol — Voici le récit du combat —
[...]
— Nous étions en corvée dans des boyaux plus ou moins lointains, quand surgirent les deux adversaires : un petit morane, et un aviatik blanc éblouissant avec deux croix noires aux ailes — Les appareils étaient assez bas, très nets, et le vrombissement des moteurs caractéristiques : bas et grave pour le boche, trépidant et élevé pour le Français — Quelques passes d'arme — La vitesse du boche semble nettement supérieure — Les deux oiseaux prennent de la hauteur — On ne voit bientôt plus que deux points noirs dansant dans un soleil doré de crépuscule — tableau de genre — Malgré soi on est captivé — Ces deux atomes dansent dans les profondeurs du ciel —
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Un cri de nous tous : le Français s'abat en flambant comme une torche — Les ailes se replient brusquement, et c'est la chute vertigineuse ; un petit insecte noir agite désespérément ses pattes dans le bleu du ciel — Le tout disparaît derrière un repli de terrain, et un bruit sec de choses broyées nous parvient — C'est fait — Le tout a duré quatre minutes.
[...] l'on va essayer de frapper le coup définitif, et que, lorsqu'on songe à la puissance inouïe des armées de part et d'autre on ne peut qu'être triste pour tant de victimes — J'ai la certitude du succès, car je considère impossible de résister à l'amoncellement de pièces de tous calibres sur un front comme celui-ci — Mais cela coûtera cher, très cher — Le 64e chargera sans doute en première vague de première ligne — Enfin il faut espérer s'en tirer... ". [Le 25 septembre, à 9h15, le 64ème Régiment se lance à l'assaut de la cote 196, près de Mesnil-lès-Hurlus, en Champagne-Ardennes. Vaché, dans la troisième vague, sera blessé par des éclats de grenade.]
Provenance
Madame Guibal, née Vaché (tante de J. V.).
Literature
Bertrand Lacarelle. Jacques Vaché, Paris, Grasset, 2005.
Catalogue Note
Adressée à sa tante Guibal depuis « Le repos » (comme dans la lettre du 23 septembre 1915 à sa mère) - c'est-à-dire en arrière des tranchées – et datée le 8 septembre 1915, soit le lendemain de ses 20 ans (Jacques Vaché est né le 7 septembre 1895).
Dans la lettre du 23 à sa mère, il dit avoir écrit deux fois à sa tante depuis réception du colis. Donc, une lettre est manquante à cette période (parmi bien d'autres). Vaché se trouve près de Tahure et Mesnil-lès-Hurlus en Champagne-Ardennes.