Lot 99
  • 99

Importante commode en marqueterie de losanges d'époque Louis XVI, estampillée JH RIESENER

Estimate
400,000 - 600,000 EUR
bidding is closed

Description

  • Haut. 91 cm, larg. 132,5 cm, prof. 61,5 cm
  • Height 35 3/4 in; width 52 1/4 in; depth 24 1/4 in
la façade à ressaut ouvrant à cinq tiroirs sur trois rangs dans un entourage d'amarante, le devant et les côtés à panneaux de marqueterie de losanges en bois de rose à double filet dans un encadrement de feuilles d'eau en bronze doré, les tiroirs supérieurs à frise de canaux et fleurons ; les montants à pans concaves reposant sur des pieds en gaine terminés par des sabots feuillagés, recouvert de tablier à mufle de lion et entrées de serrure aux enfants adossés ; dessus de marbre blanc veiné

Provenance

Collection aristocratique française.

Condition

Good unrestored condition. Small dents and liftin places. Two cracks on each side. Giltbronze are dirty with "vert de gris" (green/white traces) in places. One crack to the wood under the marble top. Very fine piece of furniture. To recommend.
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Catalogue Note

Cette commode qui a longtemps orné un des plus importants châteaux français est entrée dans la collection des ducs de X. au XIXe siècle.

Ce type de commode en placage de losanges de sycomore, appelé bois gris au XVIIIe siècle, et à la décoration tripartite si chère à Riesener, a été inventé aux environs de 1783 et la commode que nous présentons doit être le prototype de ces meubles.

La plus proche des commodes de ce type estampillée par l'ébéniste Jean-Henri Riesener fut certainement celle livrée le 28 juin 1783 sous le numéro 3232 et facturée 1975 livres au Garde-Meuble de la Couronne :
"Riesener du 28 juin 1783 : livré par le S. Riezener pour servir à Madame fille du Roy au château de Trianon :
n° 3232 - Une commode de marqueterie à dessus de marbre blanc veiné ayant cinq tiroirs fermant à clef, les panneaux à mosaïques formant des losanges en bois de rose et frise d'amarante, les ornemens en bronze ciselé et doré d'or moulu composés d'entrées de serrures portant chapiteaux, consoles, rameaux, fleurons, cannelures, cadres, godrons et sabots, la commode de 4 pieds 2 pouces de long et 34 pouces de haut et 22 pouces de profondeur."
Marie-Antoinette faisait alors aménager à l'étage d'attique du Petit Trianon l'appartement de sa fille Madame Royale. Bien que la commode ne porte pas le numéro 3232 du Journal du Garde-Meuble, elle est cependant marquée du fer du Garde-Meuble de la reine, des lettres CT pour Trianon et du numéro 35 de l'inventaire du mobilier de la reine.
Exposée aujourd'hui dans le billard de la reine au château de Trianon, cette commode a été reproduite dans Pierre Arizzoli-Clémentel, Le Mobilier de Versailles, 2002, tome II, n°53, inv. V4945, p. 152-153. Seuls le cul-de-lampe, refait, et les entrées de serrures sont différents.


En juillet de cette même année 1783, deux autres commodes furent livrées sous le numéro 3251 pour Fontainebleau. Elles présentent une marqueterie et une frise de canaux et tigettes identiques. Cette commode est probablement celle maintenant conservée au Detroit Institute of Arts (donation Mrs Horace E. Dodge, 71.194) qui a été longuement étudiée par Theodore Dell dans "The Dodge Collection", The Detroit Museum of Arts, p. 78-82. Estampillée du maître, elle fut complétée par une autre paire dont une commode est actuellement conservée dans une grande collection privée.


L'année suivante, Marie-Antoinette par ordre du 28 mai 1784 commandait pour son appartement des Tuileries une commode de ce modèle "la marqueterie composée de plusieurs compartiments et panneaux découpés en mosaïque de bois satiné gris avec filets blanc et noir." Cette commode, maintenant au musée du Louvre, est reproduite dans Daniel Alcouffe, Anne Dion-Tennenbaum et Amaury Lefébure, Le Mobilier du Louvre, 1993, n°93, p. 280-281.


Une quatrième commode est préservée au Philadelphia Museum of Art (donation Eleanore Elkins Rice, 39-41-4). Avant d'appartenir à Mrs Rice, elle avait été achetée en 1906 par J. Pierpont Morgan. Des différences sensibles apparaissent dans l'ornementation de bronze doré (le cul-de-lampe) mais également la forme des pieds ainsi que les ornements d'angle.


Une cinquième commode se trouve dans la collection du comte de Rosebery à Dalmeny. Provenant des collections du baron Mayer de Rothshild à Mentmore, cette commode est illustrée dans H. Montgomery, Great Houses of Scotland, 1997, p. 99. Là encore, on constate quelques différences dans l'ornementation de bronze doré, avec une frise centrale en guirlandes de feuillage.


Enfin, une sixième et dernière commode estampillée J.H. Riesener, accompagnée d'une paire d'encoignures, fit longtemps l'ornement du grand salon d'un hôtel particulier du quai de New York à Paris (A. Serebriakoff, portraitiste d'intérieurs, cat. expo. 1994, planche 32).


De toutes ces commodes, nous pouvons en déduire que bon nombre d'entre elles ont été commandées par le Garde-Meuble de la Couronne ou par Marie-Antoinette. Bien que ne portant aucune marque d'inventaire, on ne saurait donc négliger la posibilité d'une provenance royale pour cette commode.