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Buste en terre cuite d'Eugène de Savoie (1663-1736), général des armées impériales Vienne ou Gênes, vers 1690
Description
- Buste en terre cuite d'Eugène de Savoie (1663-1736), général des armées impériales
- terre cuite patinée, piédouche en bois peint à l'imitation du marbre, et doré.
- Haut. 60 cm
- Height. 23 1/2 in
Literature
Référence bibliographique :
L.Mallé, Le Sculture del Museo d'art antica, catalogo Museo Civico di Torino, Turin, 1965, p.226, fig.257.
Condition
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Catalogue Note
Grand militaire et stratège, Eugène de Savoie-Carignan dit le Prince Eugène (Paris, 1663-Vienne, 1736) entre comme volontaire au service de l'Empire d'Autriche en 1683 et jure de ne revenir en France que les armes à la main suite à un désaccord avec Louis XIV. Commandant de cavalerie puis maréchal-Général, il est chargé en 1697 du commandement de l'armée impériale, et gagne la même année la bataille décisive de Zenta contre les Turcs. Au cours de la guerre de Succession d'Espagne, de 1701 à 1714, il n'hésite pas à combattre contre la France et gagne plusieurs batailles en Italie, notamment contre Villeroy (1701). En 1704, il bat, avec l'aide du duc de Marlborough l'armée française alliée au prince-électeur de Bavière à la bataille de Blenheim. A partir de 1706, pour le compte du duc de Savoie Victor-Amédée II, il conquiert le Milanais, et vainquit encore les Français en 1709 à la bataille de Malplaquet. De 1716 à 1725, il est gouverneur en titre des Pays-Bas autrichiens, remplacé par son ministre plénipotentiaire le marquis de Prié. Parallèlement, il négocie avec habileté plusieurs traités : le Traité de Rastatt (1714) et le Traité de Passarowitz après le siège de Belgrade (1718). En 1733, après la paix rompue avec la France au sujet de la succession au trône de Pologne, il se retire à Vienne où il meurt trois ans plus tard suite à des problèmes respiratoires. Il est enterré dans la Cathédrale Saint-Étienne de Vienne.
Le Prince Eugène fut aussi un grand mécène et collectionneur. Entre 1697 et 1716, il fait édifier son palais d'hiver à Vienne, le Stadtpalais (actuel ministère des Finances autrichien), puis en 1714, il décide de faire construire le Belvédère par l'architecte Lukas von Hildebrandt où il rassemble ses collections d'art et de livres. Vers 1718, il commande une œuvre en marbre au sculpteur Balthazar Permoser (1651-1732) intitulée l'Apothéose du Prince Eugène de Savoie (Belvédère, Vienne). Le style baroque de la sculpture déplut cependant au prince.
Dans ce buste en terre cuite, l'artiste livre ici une image officielle du prince-général qu'il tente de transcender par un souci de réalisme dans les traits du visage. Il montre un homme au sommet de sa gloire, le regard fier, les plis de la bouche marqués, le menton ferme et l'ovale du visage encore bien dessinée, portrait en tout point comparable à celui peint, vers 1708, par Jacques van Schuppen (1670-1751) le montrant à mi-corps, vêtu de sa cuirasse et portant comme ici le collier de l'ordre de la Toison d'or (Fig.1). Nommé chevalier dans l'ordre de la Toison d'or vers 1687-1688, on peut donc dater le buste en terre cuite vers 1690. Collectionneur et mécène - il fit appel à plusieurs artistes pour l'embellissement de ses résidences - , il a pu demandé à un artiste gênois tel Domenico Parodi (1668-1740) ou bien à un sculpteur germanique de renom d'exécuter son portrait en buste, tel Balthazar Permoser (1651-1732) qui travailla pour lui ou encore l'autrichien Paul Strudel (1648-1708). Un petit portrait en cire le représentant cuirassé avec la même perruque bouclée est conservé au Museo Civico de Turin; il fut attribué à un artiste viennois de la fin du XVIIe siècle (cf.Mallé, op.cit.,p.226, pl.257)