Lot 98
  • 98

Exceptionnelle paire de vases pots-pourris en céladon craquelé d'époque Kangxi (1622-1722) à monture de bronze doré d'époque Louis XV, vers 1740-1750

Estimate
800,000 - 1,200,000 EUR
Log in to view results
bidding is closed

Description

  • Haut. 42 cm, larg. 41 cm
  • Height 16 1/2 in; width 16 1/4 in
chaque pot-pourri constitué de deux bols en céladon craquelé l'un formant couvercle et l'autre la panse; à riche monture de bronze doré ajourée à décor de bouquets de fleurs et feuilles d'acanthe, les anses en formes de feuillages stylisés ; la prise ornée de corail, coquillages et perles ; reposant sur une base ajourée à motifs rocailles ; (un couvercle et un bol restaurés)

Provenance

-        Collection du colonel et de madame Jacques Balsan, vente Christie's Londres, le 30 mai 1968, lot 27, vendu pour 14.000Gns

-        Galerie Aveline, Paris en 1984

-        Collection privée européenne

-        Vente Sotheby's Londres le 16 décembre 1998, lot 156

-        Galerie Partridge, Londres

-        Collection privée

Literature

Références bibliographiques :

K. Smenteek,  cat. expo. Rococo Exotic : French mounted porcelains and the allure of the East, the Frick Collection, New York, 2007

L. Scheurleer, Chinesishes und Japonishes Porzellan in Europaischen Fassungern, Wurtzburg, 1980

G. de Bellaigue, The James A. de Rothschild Collection at Waddesdon Manor, Fribourg, 1974

G. Wilson, Mounted Oriental Porcelain in the J. Paul Getty Museum, Los Angeles, 1999

Condition

The illustration is quite accurate despite being slightly too yellow and greenish in color. This is an amazing pair of crackled glaze celadon vases: As described in the catalogue, one pot-pourri has been restored (the one on page 114). The top has been reglued. The restoration has been very well done by using the natural cracks in the stone to camouflage the reparations. They become apparent only by a very close examination. The lower part has also undergone a restoration, but it is minor in comparison with that of the upper part. The restoration of the restored pot-pourri gives off a faintly yellow reflection (more visible inside than out). Nevertheless, the condition of the porcelein is fine. The guilt bronze mount: Very good quality of the chasing. It is typical of the period Louis XV with its very natural aspect, particularly in the flowers of the handle and shells. Of the three recorded pairs of this model, this is the only one with this stunning shell and coral motif. The guilding is original with minor stains and wear to the handles and rim. The overall condition is fine for this highly important pair of pot-pourri which represent the height of refinement in mid-18th century decorative arts.
"In response to your inquiry, we are pleased to provide you with a general report of the condition of the property described above. Since we are not professional conservators or restorers, we urge you to consult with a restorer or conservator of your choice who will be better able to provide a detailed, professional report. Prospective buyers should inspect each lot to satisfy themselves as to condition and must understand that any statement made by Sotheby's is merely a subjective, qualified opinion. Prospective buyers should also refer to any Important Notices regarding this sale, which are printed in the Sale Catalogue.
NOTWITHSTANDING THIS REPORT OR ANY DISCUSSIONS CONCERNING A LOT, ALL LOTS ARE OFFERED AND SOLD AS IS" IN ACCORDANCE WITH THE CONDITIONS OF BUSINESS PRINTED IN THE SALE CATALOGUE."

Catalogue Note

 

Paires de pots-pourris en rapport.

Cette exceptionnelle paire de pots-pourris peut être rapprochée de deux autres paires, de dimensions, forme et monture comparables.

- Ancienne collection George Byng, Wrotham Park, Hertfordshire, vente Christie's à Londres le 10 décembre 1992, lot 213 ; collection privée américaine. La monture en bronze doré est poinçonnée au C couronné et possède une prise en bouquet de fleurs.

- Vente maître Couturier-Nicolaÿ, Paris le 10 décembre  1980, lot 74 puis vente Christie's à Monaco le le 5 décembre 1992, lot 1992, lot 93 ; collection privée européenne. La monture est poinçonnée au c couronné et la prise du couvercle est en forme de graine.

- Notre paire provenant de l'ancienne collection Jacques Balsan (voir provenance). On peut noter que la monture n'est pas poinçonnée au C couronné bien qu'elle soit identique à celle des deux paires précitées (à l'exception de la prise, sur laquelle nous reviendrons) ce qui pourrait être un élément  permettant de dater ces objets vers 1749-1750, période à laquelle la taxe sur la fabrication et la commercialisation du bronze devient caduque.

La prise en forme de corail et de coquillage est très singulière et suffisamment caractéristique pour qu'un décor identique soit mentionné dans la description d'une paire de vases couverts en porcelaine "ancien bleu turc" dans la vente Gaillard de Gagny le 29 mars 1762, lot 41.....le dessus des couvercles est enrichi d'une platteforme en ornament avec du corail et une espèce de conque de Triton : le tout doré d'ormoulu..... La description complète de ce lot 41 évoque précisément la paire aujourd'hui conservée à la Frick Collection à New York, le rapprochement reposant principalement sur les dimensions et sur la couleur de la porcelaine.

Le trophée de corail et coquillage se retrouve sur quelques autres vases montés en laque ou en porcelaine de la même époque (voir la liste non exhaustive dans K. Smentek, op cit. appendix, p.43) et en particulier sur une paire de pots-pourris en laque du Japon (musée du Louvre,  inv. OA 5148), sur une paire de pots-pourris en porcelaine Famille Rose conservée à la Wallace collection à Londres (cat. F115 et F116). Cette prise en bronze doré en forme de corail, conque et perles au delà de son aspect purement décoratif illustre la fascination pour la beauté du monde naturel et la conchologie en particulier si prisée à cette époque. Associée à l'attrait et au mystère de la pureté de la porcelaine, cette combinaison de matériaux et d'ornements constituait la quintescence du raffinement. Ce type d'objets précieux était au milieu du XVIIIe siècle l'expression du luxe absolu. Un dessin aquarellé conservé au Metropolitan Museum de New York montre un projet de pot-pourri similaire probalement utilisé par un marchand-mercier pour vanter la qualité des pièces qu'il pouvait proposer à sa clientèle. 

Les marchands-merciers pouvaient ainsi exprimer toute leur créativité en montant des pièces d'exception destinées aux collectionneurs les plus exigeants. Ils recherchaient les porcelaines les plus spectaculaires privilégiant les monochromes, les faisaient couper, dessinaient ou concevaient les modèles de bronze, guidaient le travail du fondeur, du ciseleur et du doreur pour donner naissance à une pièce destinée à apporter le plus bel éclat à une collection.

Le Livre-Journal de Lazare Duvaux qui retrace avec précision l'activité commerciale de l'un des plus importants marchands-merciers entre 1748 et 1758 à Paris et spécialiste de ce genre de porcelaine montée, mentionne plusieurs paires de pots-pourris mais l'abondance des termes employés à l'époque pour décrire les variétes de porcelaines (couleurs, aspects de la matière...) rend le plus souvent impossible toute identification en l'absence d'autres éléments. La table alphabétique du Livre-Journal est à cet égard assez instructive, plusieurs adjectifs pouvant correspondre : (porcelaine) truittée  / vert céladon / céladon . A travers ces appellations, on peut néanmoins retenir :

"Le 17 décembre 1750, n° 679 : Mme la Marq. de Pompadour : deux vases de porcelaine truittée en forme de pot pourri, garnis en bronze doré d'or moulu, 1.200 livres. - Le port à Bellevue, 3 livres"

"Le 15 décembre 1756, n° 2650 : Mme la ctesse de Bentheim : Deux pots pourris céladon, montés en bronze doré d'or moulu, 288 livres" .

"Le 22 avril 1757, n°2769 : S.A.S. Mgr le Duc d'Orléans : un grand vase en urne à dragons de relief, en porcelaine truitée, monté en bronze doré d'or moulu ; deux autres grands vases de même porcelaine , montés en pots pourris; et deux bouteilles à dragons, même porcelaine, aussi montées en bronze doré d'or moulu, 2.960 livres" 

 

La collection Balsan

D'une beauté prodigieuse, Consuelo Vanderbilt 1877-1964, fille de William K. Vanderbilt et petite fille du Commodore Cornelius Vanderbilt épousa en 1895 le désargenté duc de Marlborough. La considérable fortune de l'héritière américaine permit la restauration  et le remeublement de Blenheim Palace après les nombreuses ventes qui vidèrent le plus important château d'Angleterre au XIXe siècle. Après sa séparation puis son remariage avec Jacques Balsan en 1921, elle habita dans l'hôtel Steinbach, construit par Sergent  qu'elle avait acheté en 1920 puis redécoré de boiseries du XVIIIe siècle. De nombreux meubles et objets ayant appartenu aux Vanderbilt meublaient cette résidence devenue de nos jours la demeure de l'ambassadeur de la République de l'Inde. Deux consoles en bronze doré sur des dessins de Victor Louis furent offertes au musée de château de Versailles en 1968 (inv. 4566) .