58
58

Exceptionnel bouchon de flûte, aire Biwat, cours moyen de la rivière Yuat, Bas-Sépik, Papouasie Nouvelle-Guinée

Estimate
400,000500,000
LOT SOLD. 408,750 EUR
JUMP TO LOT
58

Exceptionnel bouchon de flûte, aire Biwat, cours moyen de la rivière Yuat, Bas-Sépik, Papouasie Nouvelle-Guinée

Estimate
400,000500,000
LOT SOLD. 408,750 EUR
JUMP TO LOT

Details & Cataloguing

Important African and Oceanic Art: Collection of Governor Guyon, Adolf Hoffmeister, Christina and Rolf Miehler and Various Owners

|
Paris

Exceptionnel bouchon de flûte, aire Biwat, cours moyen de la rivière Yuat, Bas-Sépik, Papouasie Nouvelle-Guinée

wusear, dont la pose, l'expression et la parure expriment toute la puissance de la représentation. Fermement campé sur des jambes arquées, les bras écartés, la tension est exprimée par le dos et la nuque incurvés projetant en avant la tête surdimensionnée. L'ample front domine une face aux traits resserrés, concentrant l'expression volontairement farouche : yeux incrustés de nacre disposés à l'oblique, nez busqué percé, bouche aux lèvres saillantes, les dents rehaussées de chaux blanche. Le dos aux omoplates marquées reproduit l'image stylisée - très rare - d'une tortue, dont la tête se détache sur la nuque du personnage. Très grande richesse de la parure : coiffe en plumes de casoar, bandeau frontal en coquillages nassa, ornements d'oreilles en coquillage conus et en écaille de tortue. Patine nuancée, profonde, la surface conservant les marques de l'outil de pierre ayant servi à le sculpter.


haut. 57 cm
22 1/2 in
Read Condition Report Read Condition Report

Provenance

Ancienne collection Eddy Hof, La Hague, Pays-Bas

Literature

Exposé et reproduit dans :
Sculpture from Africa and Oceania, 1990 : 246-247, n° 94, catalogue de l'exposition, Rijksmuseum Kröller-Müller, Otterlo, novembre 1990 - janvier 1991

Catalogue Note

Le collectionneur Eddy A. Hof (1914 - 2001) acquit son importante collection d'art océanien à partir des années 1950, essentiellement auprès des missionnaires néerlandais qui avaient séjourné en Nouvelle-Guinée.

Les sculptures wusear, aux traits volontairement agressifs, obturaient chez les Biwat l'extrémité des grandes flûtes sacrées de bambou haiyang. Ces flûtes – en réalité des caisses de résonance, le joueur modulant le son avec sa voix et en modifiant l'ouverture de l'embout avec ses doigts - revêtaient une signification très importante, à la fois sociale, cérémonielle et religieuse. Les figures sculptées sont considérées comme l'enfant de la mère crocodile spirituelle Asin, être puissant qui faisait renaître symboliquement les initiés en les avalant puis en les régurgitant sous forme d'adultes achevés (Meyer, 1995 : 211). Selon Terri Sowell (in Friede, 2005, vol. II : 104), l'une des particularités des rites d'initiation Biwat est qu'à contrario des autres populations du Sépik, les jeunes filles étaient, comme les garçons, initiées et obtenaient le droit d'accéder aux croyances et aux objets sacrés.

Meyer (idem) considère l'esthétique Biwat, en ce qui concerne la figure humaine, comme « la plus puissante et la plus agressive parmi les formes d'art de la Nouvelle-Guinée. Traditionnellement, les Biwat étaient redoutés pour leur habileté guerrière et leur pratique cannibale ». A la puissance de la représentation répond la plus grande élaboration dans la conception et la parure de ces sculptures. Celle présentée ici en offre l'un des exemples les plus exceptionnels, par le contraste entre la force de la sculpture et la finesse des traits, par la représentation de la tortue sculptée au dos, et par la très grande richesse de la parure. 

cf.  Friede (2005 : 164-165, n° 137) pour un bouchon de flûte provenant  de la collection Jolika de John et Marcia Friede, de  Young Museum, San Francisco, offrant la même particularité – très rare – d'un animal sculpté en bas relief sur le dos.

An exceptional Biwat flute stopper, Yuat River, Lower Sepik, Papua New Guinea

Eddy A. Hof (1914 - 2001) acquired items for his significant collection of Oceanic art from the beginning of the 1950s onwards, primarily from Dutch missionaries who had stayed in New Guinea.

Wusear figures, with their deliberately aggressive features, were used by the Biwat to seal the ends of their large sacred bamboo flutes, which are known as haiyang. These flutes (which are actually resonance chambers, with the player modulating the sound by using his voice and covering the mouthpiece with his fingers) are of great social, ceremonial and religious significance. The carved figures are believed to be the children of the spiritual mother crocodile, Asin, who enabled initiates to be symbolically reborn by swallowing them and then spitting them back out as fully fledged adults (Meyer, 1995: 211). According to Terri Sowell, a distinctive feature of the Biwat's initiation rites was that in contrast with other Sepik groups 'both girls and boys were initiated and gained the right of access to sacred objects and beliefs' (in Friede, 2005, vol. II: 104).

Meyer (ibid.) considers the Biwat's depiction of the human figure to be 'the most powerful and most aggressive of all the art styles of New Guinea'. The Biwat were traditionally feared both for their skill as warriors and for their cannibalism (ibid.). As well as their powerful appearance, these figures present the highest level of elaboration in terms of their conception and decoration. The offered figure is one of the most exceptional examples of its kind, distinguished by the contrast between its powerful appearance and the finesse of its features, the representation of the tortoise carved on the back, and by the richness of its ornamentation.

See Friede (2005: 164-165, no. 137) for a flute stopper from the Jolika Collection in the de Young Museum, San Francisco, which shares the rare and distinctive feature of an animal carved in low relief upon the back.

Important African and Oceanic Art: Collection of Governor Guyon, Adolf Hoffmeister, Christina and Rolf Miehler and Various Owners

|
Paris