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Porteuse de coupe, Luba Shankadi, République Démocratique du Congo
Description
- Luba Shankadi
- Porteuse de coupe
- haut. 55 cm
- 21 2/3 in
Provenance
Condition
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Catalogue Note
Les "porteuses de coupe" font partie des œuvres les plus célèbres des sculpteurs Luba. Elles se situent à l'articulation de deux institutions : la divination et le prophétisme. "Chez les Luba, les groupes de prophètes exercent leur don de voyance en veillant sur l'intégrité physique du royaume, la culture, la pêche, les ressources économiques et la santé des habitants" (Neyt, 1993 : 17). La coupe portée par le personnage féminin fait allusion au mboko - calebasse contenant les petits objets servant à la divination - un des biens les plus précieux des devins bilumbu. Selon Nooter Roberts et Roberts (2007 : 48-50), la statue porteuse de coupe était placée lors de la transe à côté du devin, et représentait l'épouse de l'esprit qui le possède. L'intérieur de la coupe conserve souvent - comme ici - des traces d'argile blanche (mpemba), sacrée, utilisée pour "attirer l'attention des esprits, attester de l'innocence et valider les verdicts d'acquittement dans les cas de divination suscités pour litige" (idem).
Selon l'étude stylistique de la statuaire Luba par François Neyt (1993 : 29), cette statue se rattache aux ateliers de Muenza (à proximité du lac Kabemba). L'auteur a identifié un peu plus d'une vingtaine de porteuses de coupes offrant les mêmes canons morphologiques et stylistiques : visage ovoïde, scarifications sur les tempes - deux seulement présentent, comme ici, des scarifications verticales sur le front -, chignons en éventail, le corps couvert de scarifications en saillie, les jambes raccourcies s'achevant par des pieds à peine ébauchés.
Nombreuses d'entre elles ont été collectées en 1914 par Macar, en 1922 par Rusmont et en 1929 par Devil et Labrique. Selon François Neyt, "les plus anciennes sont plus ramassées, variant entre 38 et 56 cm" (idem : 235), comme le très bel exemple de ce style de Muenza, présenté ici.