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Post-scriptum au Deuxième sexe. Epreuves inédites. Achevé d'imprimer sur les presses de l'Imprimerie Floch à Mayenne le [blanc] novembre 1978.
Description
- beauvoir, simone de
- Post-scriptum au Deuxième sexe. Epreuves inédites.Achevé d'imprimer sur les presses de l'Imprimerie Floch à Mayenne le [blanc] novembre 1978.
on joint :
5 lettres signées de Robert Gallimard, de sa directrice de fabrication, et d'Ellen Wright (l'agent littéraire de Beauvoir pour les pays anglo-saxons), se rapportant aux épreuves finales de Post-scriptum, à la décision de Simone de Beauvoir d'abandonner sa publication, et au projet plusieurs fois ressuscité.
Provenance
Literature
Catalogue Note
Publié en 1949, Le Deuxième sexe eut une influence formidable sur le visage de la femme dans un monde moderne, et fixa la trame théorique des transformations que les femmes se devaient d'apporter à une société fabriquée et dirigée par les hommes. Le mouvement américain du Women's lib prend le relais de ces idées d'une manière plus pragmatique. Les femmes américaines sont prêtes à adapter leur vie à de nouveaux préceptes, et donnent une accélération déterminante au mouvement féministe. Beauvoir, dans les années 70, constate l'échec de ses idéaux en avouant que féminisme et politique ne vont pas forcément de pair, et qu'il faut dorénavant dépolitiser la question de l'égalité des sexes : «Avant j'étais convaincue [qu'elle] ne serait possible qu'après la destruction du capitalisme, et par conséquent –et c'est là qu'est l'erreur—nous devons d'abord nous engager dans la lutte des classes... Et c'est cela –cette prise de conscience des femmes que la lutte des classes n'englobe pas la lutte des sexes-- qui est nouveau. C'est le résultat le plus important du mouvement féministe. C'est ce qui modifiera l'histoire des années à venir» (Interview par John Gerassi, Le Deuxième sexe vingt-cinq ans plus tard, 1976).
Dans un entretien donné à Claude Francis le 22 juin 1976, Simone de Beauvoir ajoute : « Mes positions ont pas mal changé depuis Le Deuxième sexe parce que, à l'époque, j'avais certaines illusions sur les régimes dits socialistes, et je pensais que l'émancipation de la femme serait amenée par l'avènement du socialisme. Je me suis rendue compte depuis que [...] l'émancipation de la femme n'y est pas plus réalisée que dans les pays, disons, capitalistes, dans les démocraties bourgeoises ». S'exprimant sur le développement du féminisme et le féminisme contemporain, elle ajoute : « le féminisme contemporain est beaucoup plus radical que celui qui existait au moment où j'ai écrit Le Deuxième sexe...Il faut naturellement poursuivre, continuer, parce qu'il y a encore bien des choses à voir sur la question. » Et conclut : si le féminisme a besoin d'intellectuels pour le représenter, il faut maintenant qu'il se déplace dans la politique, dans la rue si nécessaire. A la question du journaliste John Gerassi : « Vous m'avez dit l'an dernier que vous songiez à écrire [...] une suite au Deuxième sexe. Allez-vous le faire ? » Beauvoir répond « Non. [...] un ouvrage comme celui-là [...] devrait être basé sur la pratique plutôt que sur la théorie. Le Deuxième sexe procédait en sens inverse. Ce n'est plus valable maintenant. [...] Nous devons tirer notre théorie de la pratique et pas inversement. »
Beauvoir oscilla longtemps entre son désir d'adapter et mettre à jour Le Deuxième sexe au temps présent, trente ans plus tard, ou de le laisser représenter une étape seulement dans le développement du mouvement féministe moderne. Satisfaite du travail entrepris depuis 1976 par Fernande Gontier et Claude Francis, qui deviendra les Ecrits de Simone de Beauvoir, Beauvoir donne son accord en 1978, pour cette mise à jour. Avec elles, elle signe avec Gallimard un contrat pour une édition très augmentée du Deuxième sexe, regroupant écrits, articles, et interviews . Elle baptise cette nouvelle oeuvre du titre de Post-scriptum au Deuxième sexe, supervise le choix et la traduction des textes et entretiens donnés hors de France, et apporte ses corrections aux toutes dernières épreuves d'imprimeur. Alors que l'ouvrage est prêt à passer sous presse, en novembre 1978, Beauvoir se rétracte et annule sa décision. Ses raisons sont restées inconnues de Gallimard tout comme de ses co-auteurs et éditrices...
Seuls 18 exemplaires des épreuves avaient été fabriqués. Ce furent les seules épreuves de ce projet. Cet exemplaire témoigne de l'importance de cette édition complète et mise à jour du monument qu'était déjà devenu l'oeuvre-clé de Simone de Beauvoir. L'exemplaire de Fernande Gontier et Claude Francis porte sur le faux-titre ces annotations attribuables à l'imprimeur : 12 jeux Herman/ 5 – Chevallier/1 jeu Colette Laigle.
Aucun de ces exemplaires n'a jamais reparu sur le marché. Aucun d'entre eux n'apparaît dans les collections des bibliothèques publiques et musées.
Simone de Beauvoir reviendra plusieurs fois sur le projet d'une édition remaniée ou augmentée du Deuxième sexe. En 1980, elle donne son accord aux deux auteurs ainsi qu'à Gallimard pour ce «projet, beaucoup plus modeste que celui d'un Post-scriptum». Puis en 1985, elle signe un nouvel accord pour le « projet de présenter par thèmes mes écrits sur la condition féminine [...] Ce projet serait un Post-Scriptum au Deuxieme sexe et montrerait l'évolution de mes positions sur le féminisme ». Cette fois encore le plan échoua. Il se transforma cette année-là en un projet d'entretiens menant à une biographie particulièrement vivante et neuve sur Beauvoir, dont Claude Francis et Fernande Gontier conservèrent toutes les bandes et les épreuves corrigées par Beauvoir (voir lot 99).