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L'Invitée. [2 premiers chapitres refusés]. Tapuscrit corrigé. [Vers 1937-1941].
Estimate
8,000 - 12,000 EUR
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Description
- beauvoir, simone de
- L'Invitée. [2 premiers chapitres refusés]. Tapuscrit corrigé.[Vers 1937-1941].
63 pages in-4 sur papier machine. Numérotées à la main, à l'encre rouge, de 2 à 64. Corrections typographiques à l'encre rouge, entre 5 et 10 par page.
Légèrement jauni, traces de trous d'épingles à la charnière. Quelques rares déchirures sans manques. Chapitre I, de 2 à 26 ; chapitre II de 27 à 64.
on joint :
Une lettre à en-tête des Editions Gallimard adressée à Fernande Gontier, concernant cette publication.
Légèrement jauni, traces de trous d'épingles à la charnière. Quelques rares déchirures sans manques. Chapitre I, de 2 à 26 ; chapitre II de 27 à 64.
on joint :
Une lettre à en-tête des Editions Gallimard adressée à Fernande Gontier, concernant cette publication.
Provenance
Fernande Gontier.
Literature
La Force de l'âge, Paris, Gallimard « Folio », édition 1972.
Catalogue Note
Commencé à l'automne 1937, L'Invitée porte alors le nom de Légitime défense. Beauvoir le termine à l'été 1941. « Je bâtis un plan sommaire : la naissance du trio, le dévoilement de la conscience de Xavière, la jalousie de Françoise, sa faute ; elle intervenait de manière perfide dans les rapports de Pierre et de Xavière ; celle-ci l'écrasait de son mépris et, pour s'en défendre, elle la tuait...C'était trop linéaire. Sartre me donna un conseil. Pour marquer combien Françoise tenait au bonheur, il serait bon qu'au premier chapitre du roman elle lui sacrifiât quelque chose. J'introduisis Gerbert... » (La Force de l'âge, p. 386).
Le premier des romans « autobiographiques » de Beauvoir, L'Invitée traite du goût qu'eurent toute leur vie Sartre et Beauvoir pour les couples élargis, les petits groupes très intimes qu'ils forment avec leurs amis, menant à des relations sexuelles croisées souvent difficiles à supporter pour Beauvoir. Il est dédié à Olga Kosakievicz, d'origine russe, à 17 ans, élève et maîtresse de Beauvoir, puis celle de Sartre, qui l'estime et l'admire, et pour qui elle représente le symbole de la jeunesse et de la révolte Olga restera l'un des membres les plus proches de la "famille" Sartre/Beauvoir, jusqu'à la publication des "Lettres au Castor" (1983) dans lesquelles elle découvre les aspects moins purs de son rôle au sein du couple. Elle rompt alors avec Beauvoir.
Sur le fond, L'Invitée permet à Beauvoir de se mettre en scène, de transcrire littérairement les sentiments de jalousie que lui inspire la relation de Sartre avec Olga, et sa difficulté à mettre en oeuvre le principe d'amours "nécessaires" et "contingentes" auquel elle avait consenti avec Sartre. « [L'Invitée] a eu pour moi une valeur cathartique. D'abord en tuant Olga sur le papier, je liquidai les irritations, les rancunes que j'avais pu éprouver à son égard ; je purifiai notre amitié ».
Sur la forme, Beauvoir affirme que « Des influences que j'ai subies, la plus manifeste est celle d'Hemingway ». Sur le fond, elle applique à son roman la règle fondamentale qu'elle et Sartre s'imposent : « à chaque chapitre, je coïncidais avec un de mes héros, je m'interdisais d'en savoir ou d'en penser plus long que lui » (La Force de l'âge, p. 386).
C'est Sartre qui remettra le tapuscrit de L'Invitée à Gallimard. Jean Paulhan le lit, et en trouve le style trop neutre. Beauvoir raconte dans ses mémoires la suggestion pleine de bonté qu'il lui fit alors : « Est-ce que cela vous ennuierait beaucoup de récrire le livre ? – Oh, dis-je, ça me serait impossible : j'ai déjà passé quatre ans dessus ! – Eh bien, enchaîna Paulhan, dans ces conditions, on le publiera tel quel. C'est un excellent roman » (La Force de l'âge., p. 594). Pourtant, sur les conseils de Brice Parrain et de Sartre, les deux premiers chapitres sont supprimés. Hormis pour leur première apparition dans Les Ecrits (voir lot n° 95 du catalogue) ces deux chapitres de L'Invitée n'ont jamais connu une publication à la mesure de leur importance.
Le roman paraît en septembre 1943. Il connaît un succès exceptionnel : 22 000 exemplaires sont vendus en six mois, malgré le contingentement du papier en temps de guerre. Le prix Goncourt est pressenti. L'Invitée est traduit en anglais en 1949 (She came to stay), en allemand en 1953, en espagnol et en italien quelques années après.